L'angelus (structure, histoire, le texte)

Publié le par Abbé C. Laffargue

L’Angelus


Trois fois par jour, les cloches de l'église sonnent. A 7 heures, à midi, à 19 heures (avec un léger décalage pour laisser sonner les heures). C'est "l'angelus". Quelle est cette prière, d'où vient cette tradition ? Nous allons le découvrir ensemble.
La structure de l'angelus:
L’Angelus se compose de trois versets accompagnés de leurs répons tirés de l’Evangile.
- Premier verset : L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie (qu’elle serait la mère du Sauveur)
La cloche sonne trois coups et se tait pour qu'on puisse répondre et dire un Je vous salue Marie.
Et ceci, à chaque fois.
Répons: Et elle conçut du Saint-Esprit (cf. Luc 1, 28-35)
- Deuxième verset : Voici la servante du Seigneur ;
Répons : Qu’il me soit fait selon votre parole (cf. Lc, 1,38)
- Troisième verset : Et le Verbe S’est fait chair ;
Répons : Et Il a habité parmi nous (cf Jean 1,14)
Après chaque répons, on prie le Je vous salue Marie (l’Ave Maria).

Puis (la cloche se tait)
- Priez pour nous sainte Mère de Dieu, auquel on répond :
- Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ .

La prière se termine par une oraison pendant laquelle la cloche sonne à la volée:
Répandez, Seigneur, votre grâce en nos âmes, afin qu’ayant connu par le message de l’Ange l’Incarnation de votre Fils bien-aimé, nous soyons conduits par sa Passion et par sa Croix jusqu’à la gloire de la Résurrection,
par le Christ notre Seigneu
r.
A Tossiat, des quatre cloches, c'est "Marie-Immaculée" qui sonne les trois coups et "l'Emmanuel", la volée.
L’Angelus (et toute sonnerie de cloche) s’interrompt le soir du Jeudi-saint jusqu’à l’aube de Pâques en signe de deuil (la Passion du Christ). Au Temps pascal qui suit, il est remplacé par le Regina coeli.

L’histoire de l’Angelus.

L’Angelus est fixé sous sa forme actuelle depuis le XVIème siècle, mais on en trouve les premiers éléments dès
les XIIème et XIIIème siècles. Cette prière mariale, parmi les plus chères de la tradition occidentale, a vu le jour grâce à l’un des disciples de saint François d’Assise, le Bienheureux Benoît Sinigardi (1192-1282), d’Arezzo.
Au chapitre général de l’Ordre, à Assise, en 1269, les Franciscains demandent « qu’en l’honneur de la glorieuse Vierge, les Frères enseignent au peuple à saluer quelques fois la Bienheureuse Vierge lorsque retentit la cloche
des Complies ».
Le chapitre provincial de Padoue, en 1305, décrète pour la Province franciscaine de Venise « qu’on sonne dans tous les couvents, le soir, la cloche trois fois, lentement, en l’honneur de la Vierge glorieuse et qu’alors, tous les Frères s’agenouillent et disent trois fois Je vous salue Marie pleine de grâce ». En 1314, la prière se répand à Milan et ses environs. Le Pape Jean XXII l’approuve pour l’Eglise de Saintes en 1318 et introduit la pratique à Rome le 7 mai 1327.
A l’Angelus du soir, s’ajoute bientôt la salutation du matin. L’usage est déjà observé à Pavie dès 1330 et se répand dans toute la chrétienté au XIVème siècle.
L’ Angelus de midi est postérieur. Le synode de Prague, en 1386, le recommande le vendredi pour honorer la Passion du Christ. En France, il est d’usage sous le roi Louis XI pour implorer la paix du royaume. A Rome elle est prescrite par le Pape Calixte III (1456) pour demander la victoire de la Chrétienté sur les Turcs. Sous Sixte IV (+1484), l’unification des trois angelus est achevée et les trois sonneries de cloche qu’accompagne la récitation de l’Ave ont seulement pour but d’honorer la Vierge Marie dans le mystère de l’Annonciation.


Le texte du Je vous salue Marie (l’Ave Maria) :
Déjà, au Vème siècle, les liturgies grecques comment à saluer la Sainte Vierge dans les termes de l’archange Gabriel et de Sainte Elisabeth, tels que le rapporte l’Evangile de saint Luc.
Introduit dans la liturgie latine par Saint Grégoire le Grand, et, au VIIème siècle, dans la liturgie mozarabe, l’Ave Maria primitif devient, au cours du XIIIème siècle, d’un usage général. Saint Thomas d’Aquin en donne un commentaire théologique.

Les versets et les répons :
C’est au XVIème siècle qu’on introduit l’usage de séparer les trois Ave par trois versets et leurs répons, sensiblement les mêmes que ceux en usage actuellement. L’oraison, dans sa forme définitive, est fixée en 1612. Les Papes Benoît XIII (1734), Benoît XIV (1742) et surtout Léon XIII (1884) ont déterminé la pratique actuelle de l’Eglise.

Cette prière, qu'on a vu se forger lentement au cours des siècles, égrène toujours dans le ciel l'annonce joyeuse de la venue d'un sauveur. Même si on n'y prend pas toujours garde, elle est un décor sonore et doux qui rythme par trois fois la journée en nous reliant aux mystères célestes…

abbé Christian LAFFARGUE,
curé de Tossiat. oct. 2007

Publié dans Liturgie

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