La guérison de l'aveugle-né. 4ème dimanche de carême ("Laetare)

Publié le par Abbé Laffargue

Bulletin dominical du 22 mars 2020 - 15ème année                                      Mois de Saint Joseph 4ème dimanche de Carême(A) 

La guérison de l'aveugle-né

DimancheLaetare violet ou rose

 

 

 

                  J'étais aveugle, et maintenant je vois.

            (Jean 9, 25 – Evangile)

 

 

            Après l'évangile de la Samaritaine au puits de Jacob que nous avons médité dimanche dernier (Jn 4, 5-42) et le don de l'eau vive (v. 10), Jésus va guérir ici un aveugle de naissance qui va révéler l'aveuglement retors des pharisiens. Et nous faire poser la question: "Suis-je moi-même aveugle ?  Est-ce que je désire la lumière ?". La dualité, l'opposition ténèbres-lumière, s'intensifiera, en ce Carême, jusqu'à l'aube de Pâques.

Souvent, dans l'histoire, la maladie, le handicap, surtout de naissance, étaient considérés comme une punition de Dieu contre le péché (cf. in Luc 13, 4, le sort des dix huit morts lors de la chute de la tour de Siloé). Ni lui, ni les parents de cet aveugle n'étaient responsables, par leurs péchés, de son infirmité (Jn 9, 3).

Le Seigneur, pour ce miracle, va prendre des éléments matériels: la terre, la salive appliquées en boue sur les yeux de l'aveugle (v. 6). Il lui demandera, après, de se laver à la piscine de Siloé. A la grotte de Lourdes, la Vierge Marie demandera à Bernadette de creuser le sol, de trouver l'eau et de se barbouiller le visage avec la boue; d'aller boire à la fontaine… Epreuves de sanctification, de confiance, d'humilité (et d'humiliation). Nous commenterons, lors de l'homélie, les dialogues, pleins d'enseignements, entre l'aveugle guéri, ses parents, et les pharisiens incrédules et furieux. Propos d'ailleurs pleins d'humour de la part des premiers ! 

Pour nier un miracle éclatant et indubitable, publiquement constatable, ceux qui ne veulent pas voir l'évidence, nient que la personne guérie ait été réellement malade ou handicapée (v. 18). Parce qu'ils ne veulent pas reconnaître Celui qui l'a réalisé. Ce sont eux les aveugles. Ils croient voir mais ils sont dans l'obscurité, et leur obstination les aveugle plus encore et les rendent méchants. Je suis venu pour que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles (v. 39). C'est l'aveuglement causé par le péché (v. 41)Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière (Jn 3, 19). Même si ces ténèbres les font souffrir, ne les rendent pas heureux, abîment ou ruinent leur existence. Parce qu'ils ne veulent pas y renoncer, en s'ouvrant à la lumière et à la vie de Celui qui révèlera à l'aveugle-né: Je suis la lumière du monde(v. 5). Et qui dira aussi: Qui me suit aura la lumière de la vie (Jn 8, 12) et ne restera pas dans les ténèbres (12, 46).

L'aveugle a eu confiance, il a fait ce que le Seigneur a demandé. Le Christ n'a pas attendu qu'il fasse tout le chemin qui mène à la Vérité pour le guérir, Il l'a fait en route. Ce n'est qu'à l'issue de son cheminement et de son courage pour témoigner de la lumière devant les opposants menaçants, qu'Il recueillera sa profession de foi: Crois-tu au Fils de l'homme ? Et qui est-il Seigneur…?Tu le vois, c'est lui qui te parle. Je crois, Seigneur !

Et il se prosterna devant lui. (vv. 35-38).

 

            Frères, autrefois, vous étiez ténèbres; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière; vivez comme des fils de la lumière, avec ses fruits: bonté, justice et vérité. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, mais condamnez-les (Saint Paul aux Ephésiens 5, 8-11 – IIème lecture).

 

            Laetare, Jerusalem… Réjouis-toi Jérusalem… Tressaillez de joie avec elle… Ainsi vous serez nourris et rassasiés de l'abondance de ses consolations (Isaïe 66, 10-11 – Introït).

 

 

                                                                                                       Abbé Christian LAFFARGUE.

(Bulletin du 4èmedimanche de carême 2013)

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