"Donne-moi de cette eau..." (Jean 4, 15) - 3ème dimanche de carême (A)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 15mars 2020 - 15ème année                                       Mois de Saint Joseph 3ème dimanche de Carême (A) violet

 

LES TEXTES DE LA MESSE 

 

            Donne-moi de cette eau...

            (Jean 4, 15 - Evangile)

 

            ...que je n'aie plus soif répond la Samaritaine dans cette si belle rencontre avec Jésus au puits de Jacob. Il venait de lui proposer de l'eau vive, glissant délicatement de l'eau naturelle à l'eau surnaturelle: l'eau de la grâce, de la vie divine. La pécheresse qui a eu cinq maris et en est à son sixième (Cf vv. 16-18) pense toujours à cette corvée de l'eau et à ne plus être obligée de venir ici pour puiser. Mais quand elle dit donne-moi de cette eau elle dit aussi: que je n'aie plus soif (v. 15)

On pense au discours de Jésus sur le pain de vieà Capharnaüm où il parle du pain venu du ciel donné par le Père et qui donne la vie au monde. Ses auditeurs dirent alors: "Seigneur, donne-nous ce pain-là pour toujours" (Jn 6, 32-34). Comme avec la Samaritaine, Il leur avait donné peu à peu le goût et le désir de ce pain-là qui sera la sainte Eucharistie.

Pour recevoir et profiter de l'eau vive- et ce sera de même pour le pain de vie- Jésus réclame une conversion: la Foi et les mœurs (la Morale). Voilà pourquoi Il réclame de voir son mari (v. 16)et lui annonce qu'Il connaît sa vie "déréglée". Elle tente, sur le coup, de placer la conversation sur le plan historique et théologique qui oppose juifs et samaritains depuis la mort de Salomon, ce qui permet à Jésus de déclarer que l'opposition entre les deux temples pour adorer Dieu, sur le mont Garizim et à Jérusalem, est caduque car les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité (vv. 23-24). C'est alors que la Samaritaine parle du Messie: Je sais qu'il vient, le Messie, celui qu'on appelle Christ. Quand il viendra, c'est lui qui nous fera connaître toutes choses. A ce degré de la démarche spirituelle de cette femme, Jésus lui dit: "Je le suis, moi qui te parle"(vv. 24-26). Il se révèle comme Jésus, le Christ, le Messie annoncé et fils de Dieu.

Aussitôt les disciples arrivés, la femme, laissant-là sa cruche, revint à la ville et témoigna de sa foi, de cette rencontre extraordinaire et beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de la parole de la femme... (v. 39)

Auparavant, Jésus dédaignant la nourriture amenée par les disciples pour le déjeuner, les oriente vers une autre nourriture qu'ils ne connaissent pas. Car la nourriture de l'âme, l'essentielle, c'est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre (v. 34).

De quelle nourriture voulons-nous, finalement, nous nourrir ? De quelle nourriture avons-nous faim ? De quelle boisson avons-nous soif ? A quelle source, à quel puits, allons-nous boire ? A quelle volonté obéissons-nous ? Celle de Celui qui a été envoyé par Dieu le Père, ou celle du monde dont le démon est le prince ? (Cf l'Evangile du premier dimanche de carême)

 

            L'Espérance dont parle saint Paul aux chrétiens de Rome (IIème lecture) est bien la vertu qui a Dieu pour objet (vertu théologale), le désir du Ciel. L'Espérance ne déçoit pas. Appuyée sur la Foi (première vertu théologale) qui nous donne l'accès à la grâce, celle de l'amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint (Rm 5; 2, 5).

Nous mettons même notre fierté dans les tribulations (les épreuves de la vie, la détresse traduit le texte liturgique), puisque la tribulation produit la persévérance, la vertu éprouvée et enfin l'espérance (versets 3 à 5 coupés dans l'extrait).

Le but final (la fin) est toujours et avant tout l'amour de Dieu qui nous bouleverse car la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs (v. 8)

 

            Aujourd'hui, ne fermez pas votre coeur, mais écoutez la voix du Seigneur !

            (Refrain du psaume 94)

 

                                                                                                Abbé Christian LAFFARGUE.

 

N.B.: On lira avec intérêt (et émotion) les pages sur l'eaudans le Jésus de Nazareth(Ed. Flammarion, Paris, 2007, tome II) du Pape Benoît XVI (pp. 265-275) avec le commentaire sur la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob (p. 267). 

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