"Un pauvre a crié : Dieu l’écoute et le sauve." 30ème dimanche du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 27 octobre 2019 - 15èmeannée                                           Mois du Rosaire

30èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Un pauvre a crié : Dieu l’écoute et le sauve.

            (Refrain du psaume)

 

Dimanche dernier nous avons médité sur la prière: Moïse qui intercédait auprès de Dieu pour la victoire de Josué contre les Amalécites (Ex. 17)et Jésus qui disait à ses disciples: Il faut prier sans jamais se lasser (Lc 18). Nous pouvons continuer à entendre cet appel du Seigneur à prier, car c'est vraiment le moyen essentiel de nous amener à Dieu et de nous y maintenir.

C'est une question de bonne volonté, de simplicité du cœur: Celui qui sert Dieu de tout son cœur est bien accueilli et sa prière parvient jusqu'au ciel. L'auteur sacré poursuit: La prière du pauvre traverse les nuées…Le refrain du Psaume (23)dit aussi: Un pauvre a crié, Dieu l'écoute et le sauve.

            Un pauvre ? Bienheureux les pauvres en esprit… Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu! (Mt 5; 3, 8).  C'est celui qui est humble, qui se fait tout petit, même si la nature, son travail ou les circonstances l'ont richement doté. Voir Dieu ! Désirons-nous voir Dieu ? Le voir, le regarder, l'aimer. Il faut rester petit. Derrière son pilier, en se frappant la poitrine, en demandant pardon (Evangile, Luc 18).

Je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle… Il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plusécrivait "la petite Thérèse", Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la sainte Face.

 

            Finalement,l’opprimé, l’orphelin, la veuve éplorée sont des pauvresdont le Seigneur neméprise pas la supplication, la prière (Siracide 35, 16-17 – Ière lecture). On n’est pas seulement pauvre de biens matériels, mais aussi de biens spirituels (les gens qui ont peu de foi, par exemple ; pauvres en espérance et en amour), de biens affectifs (la veuve, l’orphelin)ou qui sont privés de justice.

 La prière du pauvre (de l’humbletraduisent les bibles des peuples et de Jérusalemparviendra jusqu'au ciel (Vv. 20-21)le Seigneur ne tardera pas ; il ne fera pas durer l’attente (v. 22b et la suite avec le châtiment des nations, des violents et des injustes).

 

            Nous avons vu que le pauvre, c’était l’humble, celui qui se reconnaît pécheur et qui n’a que l’offrande de ses misères à présenter à Dieu avec foi. La parabole du pharisien et du publicain propre à Saint Luc (18, 9-14), qui fait suite à celle de la veuve et du juge que nous avons méditée dimanche dernier, illustre bien notre propos. Voilà deux types d’hommes : l’un, sûr et empli de lui-même condescendant (le pharisien) ; l’autre, discret, humble et contrit (le publicain). Pourtant, le premier était fidèle à la Loi, mais son orgueil gâtait sa prière que Dieu n’agréait pas, rendait stérile sa vie morale. Le pharisien, content de lui, était debout (v. 11); le publicain, de son côté, n’osait pas lever les yeux vers le ciel et se frappait la poitrine en battant sa coulpe (v. 13). Une vie vertueuse et fidèle à la Loi mais pleine de suffisance et d’orgueil n’est pas agréée par Dieu ; par contre un pauvre pécheur (Cf. le Je vous salue Marie)qui le reconnaît et demande pardon humblement à Dieu revient chez lui justifié (rendu juste, purifié)car Quiconque s’élève sera abaissé ; quiconque s’abaisse sera élevé (v. 14).

 

            Le combat auquel continue de nous inviter Saint Paul pour la foi (J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai gardé la foi2 Timothée 4, 7 - IIème lecture) vaut pour le combat pour la grâce, c’est-à-dire pour vivre de la charité théologale qui est l’union à Dieu. C’est un don surnaturel que le Seigneur n’accorde qu’à ceux qui se vident d’eux-mêmes pour le recevoir, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais donne sa grâce aux humbles (Prov. 3, 34 in Jc 4, 6 et 1 P 5, 5)Il nous sauvera – alors - et nous fera entrer au ciel, dans son Royaume (2 Tm 4, 18).

            Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! (Mt 5, 3)

                                                                                                    Abbé Christian LAFFARGUE.

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