La porte étroite. (Lc 13, 24) - 21ème dimanche du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 25 août 2019 – 14ème année                                        

21èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)   

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            La porte étroite.

            (Luc 13, 24 - Evangile)

 

            C'est à la question de savoir si peu de gens seraient sauvésque Jésus répondit: Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n'y parviendront pas.

Et il donne l'exemple du maître de maison qui, une fois sa porte fermée, n'ouvre plus à ceux qui demandent à entrer, et réagit même sévèrement: nescio vosje ne vous connais pas (v. 25)

On pense à la parabole des vierges sages et des vierges folles: quand l'époux arrive, celles qui étaient prêtes, leurs lampes allumées (la lampe de la foi et de la grâce dans leurs âmes), entrent dans la salle des noces (le paradis, le royaume des cieux) et la porte se referme. Quand celles qui n'étaient pas prêtes (au moment de la mort), leurs lampes éteintes (la foi réduite à peu de chose ou pervertie, la grâce perdue par le péché mortel), frappent à la porte: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! (Il est bien temps d'appeler quand on s'est moqué de Dieu toute sa vie et qu'on s'est livré au péché !). L'Epoux - Dieu - répond fermement et solennellement: En vérité, je vous le dis: je ne vous connais pas. En ajoutant: Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure (Mt 25, 10-12)

Mais dans l'évangile de ce dimanche, ceux qui sont derrière la porte fermée essayent d'argumenter: nous avons mangé et bu en ta présence (Lc 13, 26), c'est-à-dire: nous vous avons fréquenté, nous avons été à la messe, de temps en temps, pas très souvent, pas en vacances ou en déplacement; le 15 août: qu'est-ce que c'est ? Les prières du matin et du soir, le chapelet: rien. Les sacrements: plus de sacrements, plus de vie divine, et il y a longtemps ! 

Concubinage, contraception, peu d'enfants après le mariage et re-pilule ! Mais quand çà ira mal, très mal, quand ce sera la fin, à tout moment et à tout âge, si encore nous avons le temps, ce qui n'est pas sûr, il sera peut-être trop tard de frapper à la porte et de crier: Seigneur, sauve-moi; Seigneur, sauve-nous ! Car la porte a été ouverte et même grande ouverte toute votre vie, les cloches des églises sonnaient pour vous appeler à la messe, à la prière et au sermon du prêtre pour vous instruire des vérités éternelles ! Que faisiez-vous le dimanche, le jour du Seigneur ?

 

La porte est étroite et beaucoup ne parviendront pas à entrer. Non pas que le salut soit réservé à quelques-uns comme dans les sectes ou les sociétés secrètes, les fausses religions. Jésus est mort pour sauver tout le monde, mais certains acceptent de Le reconnaître et de Le suivre, de demander pardon, même au dernier moment (Cf le bon larron sur la croix: Lc 23, 40-43), d'autres non (l'autre larron, Judas). "L'enfer est pavé de bonnes intentions" dit l'adage. Il existe: là sont les pleurs et les grincements de dents, vous verrez tous ceux qui sont dans le royaume de Dieu et vous-mêmes, vous serez jetés dehors (v. 28)

Dans les églises du monde entier on lira cet évangile dans l'Eglise latine (l'Eglise d'Orient a d'autres textes aujourd'hui), on brandira même l'évangéliaire (geste théâtral qui n'est pas requis par les règles liturgiques en vigueur) en lançant: "Parole de Dieu". Et le peuple acquiescera. 

Ah, bon ! Et pourtant tout le monde communiera (dans la main, hélas)sans jamais se confesser pour la plupart, ou de manière tellement vague que ces confessions sont souvent "inopérantes" et même invalides quand on ne confesse pas précisément les péchés mortels. 

D'où l'utilité des Exercices spirituels de saint Ignace où pendant deux jours (la "1èresemaine" dans les cinq jours) on médite sur les fins dernières, on revoit, ou on découvre les bases de la Foi catholique, on est éclairé sur le péché, leur gravité (péchés véniels/péchés mortels)car beaucoup de l'ont jamais appris ou l'ont oublié, et on prépare une confession générale pour être complètement délivré et purifié.

Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches (Proverbes 3, 11-12)Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons; il corrige tous ceux qu'il accueille comme ses fils (Apoc. 3, 19) lit-on dans l'épître aux Hébreux (12, 5-6 - IIème lecture). Les épreuves, ordinaires (de la vie), et extraordinaires(les accidents de santé, des épreuves morales, familiales, professionnelles...) sont à prendre comme des leçons: Ce que vous endurez est une leçon (C'est pour votre éducation que vous êtes éprouvés traduit Crampon)Dieu se comporte envers vous comme envers des fils; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? (v. 7).

 

Des parents laxistes n'aiment pas leurs enfants, ils les livrent au mal dans le monde dont ils seront les otages et les esclaves, par paresse, par égoïsme, par lâcheté. De même pour les prêtres qui sont des pères spirituels et des gardiens du troupeau qui leur a été confié ou des âmes qui viennent librement à eux. Nous avons déjà évoqué (Cf "Les prédications contemporaines" dans le Bulletin du 28 juillet avec l'extrait de sainte Thérèse d'Avila) ceux qui par mondanité taisent tout ce qui pourrait déplaire à leurs auditeurs.

Sur le coup, on n'est pas très content,on n'éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s'est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice (v. 11).

 

            Allons vers le Seigneur qui est notre sauveur, qui est l'unique Chemin, la Vérité et la Vie. Sans lequel personne ne peut aller vers le Père sans passer par Lui (Jn 14, 6; verset de l'Alleluia).

            Et n'oublions pas de Le prier et de Le supplier: Ecoute, Seigneur, réponds-moi. Sauve, ô mon Dieu, ton serviteur qui compte sur toi.

Prends pitié de moi, Seigneur, toi que j'appelle tout le jour.

            (Introït. Ps. 85, 1-3)

                                                                                          Abbé Christian LAFFARGUE.

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