Jésus, signe de contradiction. (Luc 12, 49-53)-20ème dimanche du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 18 août 2019 – 14ème année                                        

20èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)   

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Jésus, signe de contradiction.

            (Luc 12, 49-53 - Evangile)

            

            Quelle contradiction, en effet, d'entendre le Christ affirmer qu'il n'est pas venu apporter la paix sur la terre, mais bien plutôt la division (v. 51) ! Pourtant, en la nuit de la Nativité, les anges qui annoncent aux bergers qu'il leur est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur proclament: paix aux hommes de bonne volonté (Lc 2; 11, 14). Quand Jésus ressuscité apparaît aux apôtres le dimanche de Pâques, ses premières paroles sont pour les rassurer: La paix soit avec vous ! (Jn 20, 19). Le Jeudi-saint, Il leur avait dit: Je vous laisse la paix, c'est ma paix que je vous donne,en ajoutant: non pas comme le monde la donne maiscomme moi je vous la donne (Jn 14, 27). Ce n'est pas la paix des repus ou des égoïstes qui ne veulent être dérangés par aucun souci et par personne, la paix factice qui précède les guerres, la paix consensuelle des contraires qui vont bientôt se réveiller et s'opposer, c'est la paix surnaturelle - comme la joie - qui est le fuit de l'union à Dieu. Cette paix de Dieu qui surpasse toute intelligenceet qui gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus (Philippiens 4, 7).

Dans les âmes, la paix est le fruit, la conséquence, de ceux qui ont combattu et vaincu le péché. C'est la voie de la croix .

La guerre, les persécutions contre les disciples du Christ arrivent à les diviser eux-mêmes (certains les acceptent d'autres non dans une même famille: Cf l'Evangile). Elles sont menées par l'hostilité des pécheurs (v. 3). Ces pécheurs qui ne veulent pas être dérangés ni dénoncés.

Dans la prophétie de Siméon, lors de la Présentation de Jésus au temple, le vieillard dit à Marie, sa mère: Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction: ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d'un grand nombre (Lc 2, 34-35).

 

            C'est le péché qui est le germe de toute division et de toute rupture. Et c'est l'existence et la présence de la Vérité et du Christ, Dieu incarné, qui les met en lumière. Quand tout est dans l'obscurité ou de la même couleur, on ne distingue rien (et ceux qui y vivent ne se distinguent même pas entre eux); mais quand une lumière est introduite, tout change ! Certains sont heureux d'être éclairés, d'autres la détestent car le mal en eux est montré, confondu.

La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Quiconque fait le mal déteste la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées... (Jean 3, 19-20)

Rejetons donc le péché qui nous entrave si bien, courons avec persévérance la course qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus qui est à l'origine et au terme de la foi (Hébreux 12, 1-2 - IIème lecture).

Méditez l'exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement (v. 3). Avec cette affirmation impressionnante (car nous constatons que nous tombons facilement dans le péché, et certains, dans des péchés graves)Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang- jusqu'au sang - dans votre lutte contre le péché (v. 4).

Cette lutte, comme pour la santé physique, requiert de prendre des dispositions sérieuses, et même radicales, car ce n'est pas notre vie terrestre qui est en jeu (et qui doit, de toutes façons se terminer un jour), mais notre vie, notre salut éternel.

Et rappelons-nous cette mise au point de saint Paul: Aucune tentation ne vous a saisis qui n'ait dépassé la mesure humaine. Dieu est fidèle: il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec la tentation (traduite par: l'épreuve dans la traduction liturgique) il donnera le moyen d'en sortir et la force de la supporter (1ère aux Corinthiens 10, 13).

            Il m'a tiré de l'horreur du gouffre, de la vase et de la boue;

            Il m'a fait reprendre pied sur le roc, il a raffermi mes pas (Psaume 39, 3)

                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

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