Exhortation à l'humilité. (Si 3, 17-29) - 22ème dimanche du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 1erseptembre 2019 – 15ème année                                        

22èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)   

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

Exhortation à l'humilité.

(Siracide 3, 17-29 - Ière lecture)

 

 

            Comme toujours ce "maître de la sagesse" que fut Jésus Ben Sira nous enchante par son livre qui allie sagesse savoureuse et pratique, philosophie et morale. L'Evangile s'en fait l'écho avec les remarques que fit Jésus dans la maison d'un chef des pharisiens, lors d'un repas (Lc 14, 7-14). La première lecture de la messe d'aujourd'hui, hélas saucissonnée, mérite d'être lue en entier. 

Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité... Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser... (Si 3, 17-18)

Quand quelqu'un t'invite à des noces..., va te mettre à la dernière place (Lc 14; 8, 10).

Pas uniquement pour être vertueux (avec le danger d'une fausse humilité, d'un orgueil secret), mais pour l'amour de Dieu et du prochain: tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur..., tu trouveras grâce devant le Seigneur (Si 3, 17-18).

Dans les relations avec Dieu, Ben Sira fait justement remarquer que c'est aux humbles que le Seigneur révèle ses secrets (v. 19). C'est une citation bien connue reprise des Proverbes (3, 34 grec) et citée par les apôtres Pierre (1 P 5, 5) et Jacques (4, 6).

Car pour entendre Dieu "nous révéler ses secrets", il faut - rappelons-le - se taire, L'écouter et L'entendre. A la fin de l'exhortation, Ben Sira conclut: l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute (v. 29).

Pour y arriver, il recommande: Ne cherche pas ce qui est trop difficile pour toi, ne scrute pas ce qui est au-dessus de tes forces (v. 21). On se souvient de l'adage: "Qui trop embrasse, peu étreint". 

Leur présomption a égaré bien des gens, leur manque de jugement a fait dévier leurs pensées (v. 24).  Celui qui aime le danger s'y perdra (v. 26b).

 

La présomptionest un grand danger. C'est l'un des deux péchés majeurs contre la vertu théologale d'Espérance (avec le désespoir). "Il y a deux sortes de présomption" écrit le Catéchisme: "Ou bien, l'homme présume de ses capacités (espérant pouvoir se sauver sans l'aide d'en haut), ou bien il présume de la toute-puissance ou de la miséricorde divines (espérant obtenir son pardon sans conversion et la gloire sans mérite)." (C.E.C., n° 2091)

Il y a aussi le danger de la curiosité et de l'indiscrétionqui peuvent être des fruits subtils de l'orgueil: Médite ce qu'on t'a prescrit, tu n'as pas à t'occuper des choses cachées. Ne sois pas curieux de ce qui te dépasse (Vv. 22-23).

Après la présomption et la curiosité, Ben Sira met en garde contre le cœur endurci:Un cœur endurci finira dans le malheur..., il sera écrasé de peines, le pécheur entasse péché sur péché (v. 27).

            La conclusion et la cause de tous ces désordre: La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui (v. 28). Sans remède...

 

            Quiconque s'élève sera abaissé, et qui s'abaisse sera élevé (Luc 14, 11 - Evangile). Soit que ce soit une leçon que la Providence permettra pour "nous remettre à notre place", soit que ce soit injuste mais l'humiliation est le meilleur moyen de nous conduire à l'humilité ! (*)

La charité mène aussi à l'humilité quand on se penche sur autrui, non pas seulement ses amis, ses frères, ses parents, de riches voisins qui nous rendraient l'invitation, ce qui serait pour nous un don en retour. Mais les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles... qui n'ont rien à te donner en retour (Vv. 12-14). L'amour gratuit.

 

Allons vers la montagne de Sion, vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste... Allonsvers Jésus, le médiateur d'une alliance nouvelle et (suite coupée) vers le sang de l'aspersion, son sang qui parle plus fort que celui d'Abel (Hébreux 12, 24. Cf Genèse 4, 10). Le sacrifice expiatoire, le pardon, l'humilité...

 

                                                                                                      Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) C'est ce que le Pape François expliquait en donnant l'exemple du roi David, qui, pécheur parvenait à la sainteté par l'acceptation de son abaissement:                                                                  (...) "Il se remet entre les mains du Seigneur : cela est le parcours de David, du moment de la corruption à cette remise entre les mains du Seigneur. Et cela est la sainteté. Cela est l’humilité. L’humilité ne peut arriver à un cœur qu’à travers les humiliations : il n’y a pas d’humilité sans humiliations". Si tu n’es pas capable de supporter une humiliation dans ta vie, tu n’es pas humble." (Méditation matinale en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, Le Vatican, 1er Février 2016)

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