"La croix de N.-S. J.-C. reste ma seule fierté"  (Ga 6, 14) - 14ème dim du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 7 juillet 2019 – 14ème année                          Mois du Précieux Sang                                  

14èmedimanche du temps de l'Année (C)    

LES TEXTES DE LA MESSE

                  La croix de N.-S. J.-C. reste ma seule fierté

                 (Galates 6, 14 - IIème lecture)

 

            Belle et terrible parole ! Car la croix, c'est la croix... La souffrance morale et physique, et beaucoup d'entre nous ou autour de nous n'en sont pas privés ! Mais ce qui change tout, c'est que sur la croix, il y a un crucifié, et que ce crucifié est Jésus, que nous reconnaissons comme notre sauveur, mort et ressuscité. Voilà pourquoi, les chrétiens, partout, édifiaient des croix à la croisée des chemins, sur les places publiques, dans les cimetières, au sommet des églises, dans leurs maisons. Croix qu'on s'ingénie à détruire aujourd'hui car le démon sait qui l'a vaincu.

La croix est notre signe de reconnaissance, notre identité, notre foi et notre espérance.

Mais elle n'est efficace que si on l'accepte, si on accepte d'y être quelquefois cloué. Avec le Christ, comme la sainte Vierge Marie et tous les saints. Mois du précieux Sang... Car si on la tient à distance, si on la refuse, on n'est plus protégé, on n'est plus porté, soulagé, transformé par Celui qui a dit: Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile, et mon fardeau léger (Mt 11, 28-30) (*)

Je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus écrit saint Paul (Ga 6, 17), Je suis crucifié pour le monde (v. 14). Unis à la croix du Christ, nos souffrances, au lieu d'être destructrices, sont rédemptrices. Pour le salut de notre âme, mais aussi - et c'est une grande consolation - pour les âmes de beaucoup: des membres de notre famille, de nos amis, de ceux qui en ont le plus besoin.

Nous ne sommes jamais autant apôtres que lorsque nous vivons, acceptons et offrons nos souffrances, identifiés à la croix du Christ.

 

            Quand Jésus envoie en mission soixante-douze disciples, il les envoie comme des agneaux au milieu des loups (Luc 10; 1, 3 - Evangile). Des agneaux qui ne sont pas idiots ou naïfs... Ils vont et s'arrêtent chez des gens de bonne volonté. Il ne faut pas perdre son temps avec des gens qui ne cherchent ni ne veulent la Vérité, qui ne cherchent pas Dieu... Ne passez pas - systématiquement - de maison en maison (v. 7). Et si l'on n'est pas reçu, on enlève même la poussière de ses pieds pour la leur laisser (Vv. 10-11) ! Et le Seigneur est sévère pour les villes qui refusent Dieu: Je vous le déclare: au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville (v. 12).

Les réformateurs et leurs traducteurs n'aiment pas que le Seigneur les menace. Cette phrase est exclue de la "lecture brève", comme les versets 13 à 16 pour l'ensemble: Malheur à toi, Chorozaïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Etc. et Celui qui vous écoute, m'écoute, et celui qui vous rejette, me rejette (16).

De même, dans la première lecture, le dernier verset a été coupé, alors que la nouvelle traduction liturgique en avait déjà bien atténué le sens: (Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs), il sera indigné par ses ennemis. Trad. de la Bible de Jérusalem: ...et sa colère à ses ennemis (Is 66, 14).

 

            L'union à la croix de Jésus apporte non seulement l'espérance contre le découragement et, pire: le désespoir, la paix contre la révolte, mais aussi la joie du début des lectures: Laetare Jerusalem (Cf l'Introït du 4èmedimanche de Carême)Réjouissez-vous avec Jérusalem... Avec elle soyez pleins d'allégresse, vous tous qui la pleuriez ! Vous serez rassasiés de ses consolations... (Is. 66, 10-11)

Les abaissements du Fils de Dieu donne aux fidèles une joie sainte car Illes a tirés de l'esclavage du péché et ils connaîtront un bonheur impérissable (Collecte).

Il changerala mer en terre ferme et nous pourrons passerle fleuve à pied sec (C'est le passage de la Mer rouge par le peuple hébreu après la fuite d'Egypte, la pâque).De là cette joie qu'Il nous donne. Il règne à jamais par sa puissance (Psaume 65, 3ème strophe).

                                                                                                 Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(*) C'était la citation que j'avais inscrite sur mon image d'ordination le 29 juin 1979 avec une maxime de saint Jean de la Croix: Au soir de cette vie vous serez jugés sur l'amour.

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