"Demandez et l'on vous donnera..." (Lc 11, 9) - 17ème dimanche du T.A.-C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 28 juillet 2019 – 14ème année                     Mois du Précieux Sang                                  

17èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)   

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Demandez et l'on vous donnera...

            (Luc 11, 9 - Evangile)

 

            ...cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira. C'est ce qu'affirme Jésus à ses disciples. Et ce n'est pas tout: Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe l'on ouvrira (v. 10). On n'ose imaginer que ce soit si facile ! Le Seigneur, auparavant, avait donné l'exemple de cet ami qu'on importune en pleine nuit pour demander quelques pains pour un hôte imprévu (vv. 5-9). Pourtant, il semble bien que nos prières les plus légitimes restent vaines et sans échos. Dieu les entend bien, Dieu nous aime, Dieu est touché par nos souffrances et celles de nos proches, mais, d'une part Il veut d'abord notre salut éternel, la conversion, la purification de notre âme; d'autre part, Il nous exaucera d'une autre manière. 

- Que demandons-nous ? Il y a une hiérarchie des valeurs, de bas en haut: biens, réussites matérielles; puis humaines, enfin spirituelles. Toutes légitimes.

- Comment demandons-nous ? Comment prier ?

L'ancien petit catéchisme répondait: Il faut prier avec attention, humilité, confiance et persévérance. En citant St Luc (18,1)Il faut prier sans cesse et ne jamais se lasser.

- A qui nous adressons-nous ? Non seulement en un Dieu en qui nous croyons, mais à un Père. C'est tout-à-fait différent ! Car Jésus, fils de Dieu, Dieu incarné, nous a révélé son Père et notre Père. C'est ainsi que commence la prière enseignée par Jésus Lui-même à ses apôtres qui Lui avaient demandé (le voyant lui-même prier): Seigneur, apprenez-nous à prier (v. 1). Elle ne commence pas par "Dieu...", mais par "Père..." devenu le notre Père. Cela change tout car ce sont donc des fils qui s'adressent respectueusement (le tutoiement égalitaire et familier est très pénible pour ceux qui ont connu le vouvoiement) à leur père pour lui demander le pain dont nous avons besoin pour chaque jourle pardon de nos péchés (si nous ne sommes pas contrits, si nous ne nous reconnaissons pas pécheurs, notre prière a fort peu de chance d'être exaucée)en assurant que nous pardonnons aussi à ceux qui ont des torts envers nous ("à ceux qui nous ont offensés"). Car si nous ne pardonnons pas, la grâce n'est pas en nous et Dieu "en est fort mécontent". Matthieu, plus complet, insiste sur le pardon (6, 14-15).

A la fin de notre Evangile, il faut remarquer qu'en priorité, il n'est question - implicitement - ni de la santé, ni de la réussite matérielle ou sociale, ni de telle demande spirituelle mais de l'Esprit Saint:

Si donc..., combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! (v. 13).

D'abord la Lumière divine, sur notre âme, sur celles dont nous avons la charge (pour les prêtres et les parents), sur les décisions à prendre en bien des domaines essentiels, pour l'exercice droit et prudent de la raison (mémoire, intelligence, volonté). Puis, la flamme, celle de l'amour de Dieu et du prochain (avec le fameux pardon). Voilà l'Esprit Saint que nous devons, en priorité, demander.

 

            Pour réaliser tout cela, il est bon de nous rappeler que "mort et résurrection" sont le cœur de notre vie de fils de Dieu. C'est ce que saint Paul nous rappelle: Dans le baptême, vous avez été mis au tombeau avec le Christet vous êtes ressuscités avec lui par la foi en l'action de Dieu qui l'a ressuscité d'entre les morts. Vous qui étiez morts par vos péchés..., il vous a rendus à la vie avec le Christ, après nous avoir pardonné nos offenses (Colossiens 2, 12-13 - IIème lecture).

 

            De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâces: tu as entendu les paroles de ma bouche...

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble; de loin, il reconnaît l'orgueilleux...

Ta droite me rend vainqueur... (Psaume 137; 1, 6, 7)

                                                                                  Abbé Christian LAFFARGUE.

 

N.B.: Comme pour Sodome, qui fut détruite, le Seigneur trouverait-il dix justes pour nous épargner ? (Cf Genèse 18, 20-32 - Ière lecture)

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