La Communion: la Foi ne suffit pas.

Publié le par Abbé Laffargue

"La Foi ne suffit pas; il convient de persévérer dans la grâce sanctifiante et dans la charité... (Cf Ga 5, 6)" écrit saint Jean-Paul II dans l'encyclique L'Eglise vit de l'Eucharistie (Jeudi-saint, 2003) (n°36). Après avoir cité la 1 Co 11, 28 (Cf supra) le Pape cite saint Jean Chrysostome († 407) qui exhortait ainsi les fidèles:Moi aussi, j'élève la voix, je supplie de ne pas vous approcher de cette table sainte avec une conscience souillée et corrompue. Une telle attitude en effet ne s'appellera jamais communion, même si nous recevions mille fois le corps du Seigneur, mais plutôt condamnation, tourment et accroissement des châtiments."

Saint Cyprien de Carthage († 258) sur le même sujet:

   "Lorsqu'il dit que celui qui mange de son pain vivra éternellement, c'est pour bien montrer que ceux-là sont vivants, qui sont unis à son corps et qui, ayant ainsi le droit de communier, reçoivent l'eucharistie. C'est pourquoi nous devons prier dans la crainte d'être écartés de la communion, séparés du corps du Christ et rejetés loin du salut. Lui-même fait cette menace : Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas de vie en vous. C'est pour cela que nous prions pour que notre pain, c'est-à-dire le Christ, nous soit donné quotidiennement ; pour que nous qui demeurons et qui vivons dans le Christ, nous ne soyons pas écartés de son influence sanctifiante et de son corps. (...)

Comme c'est nécessaire, comme c'est sage et salutaire de nous rappeler que nous sommes pécheurs ! En effet, nous sommes tenus de demander à Dieu son indulgence, ce qui nous oblige à rentrer dans notre conscience. Aucun de nous ne doit se complaire en soi-même, comme s'il était innocent, ni se perdre encore davantage par un tel orgueil ; on lui apprend qu'il pèche chaque jour en lui ordonnant de prier chaque jour pour ses péchés.

C'est l'avertissement que saint Jean donne dans sa lettre : Si nous disons que nous n'avons pas de péché nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Mais si nous reconnaissons nos péchés, le Seigneur, qui est fidèle et juste, nous remettra nos péchés
(1 Jn 2, 4-5. Ndlr) Ce texte réunit deux choses : Que nous devons donc demander pardon pour nos péchés, et que nous pouvons compter sur le pardon lorsque nous le demandons. C'est pourquoi il dit que Dieu est fidèle, puisqu'il tient sa promesse de remettre les péchés. Lui qui nous a enseigné à prier pour être délivrés de nos dettes et de nos péchés, il a promis que le Père ferait miséricorde et que le pardon s'ensuivrait."                                                                                                                                           

(Office des lectures du jeudi de la 11èmesemaine du Temps de l'Année liturgique)

(Bulletin dominical du 23 juin 2019)

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