"Ceci est mon corps..., ceci est mon sang..." (1 Co 11, 24-25)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 23 juin 2019 – 14ème année                              Mois du SACRÉ-COEUR                                    

Fête du SAINT-SACREMENT, solennité (C)    

du corps et du sang du Christ ou Fête-Dieu

LES TEXTES DE LA MESSE

                  Ceci est mon corps..., ceci est mon sang..., faites cela en mémoire de moi.

                 (1 Co 11, 24-25 – IIème lecture)

 

            Jésus l'avait annoncé à ses disciples très clairement dans le discours sur le pain de vieMoi, je suis le pain vivant descendu du ciel... Le pain que je donnerai, c'est ma chair pour le salut du monde (Jn 6, 51). Et ses auditeurs ne s'y sont pas trompés, ils ont bien pris littéralement les paroles du Christ et en ont été choqués (v. 52). Jésus a-t-il essayé "d'arrondir les angles", de chercher un consensus pour arranger toutes "les sensibilités", pour garder un semblant d'unité ? Que non ! Il a réaffirmé la foi qu'il réclamait à ses disciples (Cf vv. 53-56). Si bien que beaucoup de ses disciples se retirèrent et cessèrent de l'accompagner (v. 66)Alors, Jésus dit aux Douze(apôtres): voulez-vous partir, vous aussi ? C'est alors que Pierre confessa sa foi: A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons que tu es le Saint de Dieu (Vv. 67-69). Il n'avait pas davantage compris ce que nous appellerons le "mystère de la sainte Eucharistie", mais il crût aux paroles de Celui qu'il reconnaissait comme le Saint de Dieu, le messie.

L'Eglise le croit aussi: "Dans le très saint sacrement de l'Eucharistie sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier(Catéchisme, n° 1374).

Dans une hostie consacrée, il y a tout (Catéchisme, n° 1377) (*).

L'Eglise parle de culte de l'Eucharistieen rappelant que les fidèles "expriment leur foi en le présence réelle du Christ sous les espèces (ou "apparences") du pain et du vin en fléchissant les genoux, en s'inclinant profondément (ce n'est pas un vague et furtif signe de la tête !) en signe d'adoration du Seigneur." Ce "culte d'adoration est dû au sacrement de l'Eucharistie non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration (...) en présentant aux fidèles les hosties consacrées pour qu'ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession." (1378)

D'où les processions de la Fête-Dieu, où le prêtre, en chape, porte l'ostensoir avec le voile huméral, sous le dais, les encensoirs saluant la présence divine, les pétales de roses faisant un tapis odorant pour le saint Sacrement...

   Ecce panis angelorum... Le voici le pain des anges, le pain de l'homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu'on ne peut jeter aux chiens (hymne Lauda Sion composé par saint Thomas d'Aquin à la demande du Pape Urbain IV au XIIIème s., utilisée comme Séquencede la messe du Corps et du Sang du Christ).

   Non, on ne peut le jeter aux chiens, ni le traiter comme du pain ordinaire qu'on tripote avec les mains... Souviens-toi qu'Il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout. Combien de parcelles tombent et sont souillées par la communion dans la main !

Bons et mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort. 

Mort des pécheurs, vie pour les justes; vois: ils prennent pareillement; quel résultat différent !

C'est ce que rappelle l'apôtre saint Paul aux chrétiens de Corinthe dans deux versets cités par le Catéchisme pour la communion (N° 1385) mais curieusement omis dans la deuxième lecture: Quiconque mange ce pain ou boit cette coupe du Seigneur indignement aura à répondre du Corps et du Sang du Seigneur (terrible avertissement !)Que chacun donc s'examine soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit mange et boit sa propre condamnation s'il ne discerne pas le Corps du Seigneur (1 Co 11, 27-29). Et le Catéchisme ajoute: "Celui qui est conscient d'un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion." Combien de communions sacrilèges aujourd'hui et quelle responsabilité pèse sur la conscience des prêtres qui ne rappellent jamais ces principes !

 

   Hoc facite... Faites ceci (impératif) en mémoire de moi. Le Christ, souverain Prêtre, leur transmets le sacerdoce (sacrement de l'Ordre) pour qu'ils offrent et perpétuent l'unique Sacrifice et en donnent le fruit: le sacrement de l'Eucharistie.

C'est lui, le prêtre éternel et véritable, qui apprit à ses disciples comment perpétuer son sacrifice; il s'est offert à Toi (toutes les prières de la messe s'adressent au Père) en victime pour notre salut... (Préface)

 

La multiplication des pains (Evangile, en Saint Luc 9, 11-17) en était la préfiguration. En levant les yeux au cielJésus manifeste qu'Il agit au nom de son Père (Cf. la fête de la Sainte Trinité dimanche dernier), comme lors de la résurrection de Lazare (Jn 11, 41)ou au début de sa prière sacerdotale (Jn 17, 1), le Jeudi-saint. 

            Que le Sacré-Cœur de Jésus que nous célébrons le vendredi après la fête du Corps et du Sang du Christ donne à tous les hommes, attirés vers son cœur, de puiser la joie aux sources vives du salut (Préface de la messe).

            Aimons, adorons, défendons la présence du Christ dans l'hostie consacrée. Qu'elle soit notre vie et redevienne la vie de l'Eglise !

                                                                                                 Abbé Christian LAFFARGUE.                                                                                                                      

 (*) Quand on "communie sous les deux espèces" (la grande revendication de Luther), on communie deux fois au corps et deux fois au sang du Christ. Quel est le fruit ? Le goût sensible du vin dans la bouche en imaginant que c'est le sang du Christ ?

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