"Je m'en vais, et je reviens vers vous" (Jn 14, 28). 6ème dimanche de Pâques

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 26 mai 2019 – 14ème année                                        Mois de Marie                                     

6èmedimanche de Pâques (C) avant l'Ascension     

LES TEXTES DE LA MESSE (jusqu'à la Visitation)

                  Je m'en vais, et je reviens vers vous.

                  (Jean 14, 28 – Evangile)

 

            Bien que ces paroles aient été prononcées par Jésus, le Jeudi-saint, elles conviennent très bien à ce dimanche qui précède l'Ascension où Jésus ressuscité va quitter la terre, sa mère et ses apôtres pour rejoindre son Père. Il part etil revient. Sous une autre forme, dans la Foi. Souvenez-vous de Marie-Madeleine, des voyageurs d'Emmaüs... Quand ils reconnurent Jésus ressuscité, ils ne le cherchèrent plus bien qu'Il ait soudain disparu et ils étaient tout joyeux ! La Foi au Christ mort et ressuscité L'avait rendu présent dans leur âme, bien plus sûrement qu'ils ne L'avaient vu et connu par les sens, la vue, l'ouïe et le toucher !

Et cette présence est bien réelle et substantielle par la grâce divine qui coule dans les âmes pures des baptisés et, bien-sûr, dans la sainte Eucharistie qui contient le Christ tout entier.

  Dans ce discours après la cène de l'Evangile de saint Jean, et dans notre extrait, Jésus a ces paroles merveilleuses, incroyables: Si quelqu'un m'aime, nous viendrons vers lui et nous ferons chez lui notre demeure (Jn 14, 23)Il faut aimer. S'il n'y a pas d'amour il n'y a pas de présence divine. 

On sait qu'elle existe, qui elle est, par la Foi, mais on la laisse à distance. On admire l'amour, on le désire peut-être quelque peu, on peut même souffrir de son absence, mais pas suffisamment pour se livrer à Lui...

Jésus annonce l'envoi par le Père de l'Esprit Saint (l'Amour trinitaire)qui est d'abord connaissance (on ne peut aimer ce qu'on ne connaît pas)Il vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (v. 25). Il est envoyé par le Père au nom du Fils, devenu, par son incarnation, sa passion et sa résurrection, médiateur de la nouvelle Alliance. 

A cette présence substantielle est associée la paix. C'est le premier mot, le premier souhait du Christ ressuscité apparaissant aux apôtres le soir de Pâques: La paix soit avec vous (Jn 20, 19). A la paix surnaturelle, don de Dieu, est toujours associée la joie (v. 20). Elle n'est pas celle du monde (Jn 14, 27), celle des fausses paix, des accords fragiles d'intérêts ou de satisfactions convergentes. La paix de l'âme unie à Dieu et soumise à Sa volonté, qui résiste à toutes les épreuves...

Que votre cœur ne se trouble pas ni ne s'intimide (v. 27). On connaît ce poème de Sainte Thérèse d'Avila sur la patience: Nada te turbe, nada te espante, todo se pasa, Dios no se muda... Que rien ne te troubleque rien ne t'effraie,tout passe,Dieu ne change pas.Et la finale:La patience obtient tout ;celui qui possède Dieune manque de rien :Dieu seul suffit.

            La fête de l'Ascension, c'est l'Espérance, deuxième vertu théologale infusée par Dieu au baptême (avec la Foi et la Charité)(*) Nous en demandons son renouvellement, son affermissement, dans le deuxième mystère glorieux du Rosaire de la Vierge Marie. Le désir du Ciel, l'élévation de l'âme. Encore sur la terre, nous devons demander à Dieu de mettre en nos cœurs un grand désir de vivre avec le Christ (Cf Prière après la communion).

Et de le demander à la très sainte Vierge Marie, que nous fêterons le lendemain pour la Visitation(deuxième mystère joyeux du Rosaire), où le Saint Esprit révéla à Elisabeth que sa cousine Marie était la mère de son Seigneur reconnue en même temps en son sein par le futur Jean-Baptiste qui reconnut le Christ avantsa naissance (Prière après la communion).

            Sanctus... Sanctus... Sanctus...

                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) Relire le Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 1817-1821, avec, en finale, l'Exclamation de Sainte Thérèse de Jésus, dite d'Avila (15, 3).

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