"Va, désormais, ne pèche plus." (La femme adultère, Jn 8, 11)

Publié le par Abbé Laffargue

Bulletin dominical du 7 avril 2019 – 14ème année                                            

5ème dimanche de Carême (C) 

(St Jean-Baptiste de La Salle, 1651-1719)

 

LES TEXTES DE LA MESSE                                                     

                  Va, désormais, ne pèche plus.

            (Jean 8, 11 – Evangile)

 

            Jésus n'est pas entré dans le piège des moralisateurs hypocrites. La Loi ordonnait de lapider les adultères (Lév 20, 10; Deut 22, 22); et si le Christ ne la suivait pas, Il devenait complice d'un péché grave. Or, c'est une Loi nouvelle qu'Il venait instaurer dans le but non de suivre une simple morale, tout-à-fait légitime certes, mais de connaître et de suivre une Personne, un Amour, un Dieu qui ne veut pas punir, mais sauver : Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui (Jn 3, 17). Et à notre intention : Ne jugez point, et vous ne serez point jugés. Ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés. Pardonnez et vous serez pardonnés (Luc 6, 37).

Il n'a pas répondu, Il n'a pas polémiqué, Il s'est tu. En faisant diversion : se baissant, Il écrivit sur le sol (Jn 8, 6). (*)Mais Il les renvoie à leur propre culpabilité : Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit en premier à lui jeter une pierre (v. 7). Se baissant de nouveau, il continue d'écrire sur le terre. Il les laisse à leur conscience. Il ne les condamne pas non plus, d'ailleurs. C'est d'eux-mêmes, qu'après avoir entendu cela, ils s'en allèrent un par un, en commençant pas les plus âgés (v. 9)

Quelle leçon ! Personne n'est écrasé, tous les acteurs de cette scène sont invités à la conversion de l'esprit (du jugement)et du cœur (entrer dans un amour...).

Carle bien qui dépasse tout c'est la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur (Philippiens 3, 8 – IIème lecture). Pascal, dans ses Pensées, écrivait : "La connaissance de Dieu, sans celle de sa misère, fait l'orgueil. La connaissance de sa misère, sans celle de Dieu, fait le désespoir. La connaissance de Jésus-Christ fait le milieu, parce que nous y trouvons et Dieu et notre misère."

Ce n'est plus la Loi de Moïse qui règle la justice, mais la foi dans le Christ (v. 9).        Et le Christ c'est mort et résurrectionque nous sommes invités à suivre : Il s'agit pour moi de connaître le Christ, Lui et la puissance de sa résurrection, de communier aux souffrances de sa Passion en Lui devenant semblable dans sa mort, pour parvenir, s'il se peut, à la résurrection des morts (vv. 10-11).

C'est à une vie nouvelle que nous sommes appelés. Nous n'avons plus à faire mémoire des évènements passés – que nous ressassons souvent sans pouvoir nous libérer des regrets, des ressentiments, des offenses jamais acceptées et pardonnées– ne songez plus aux choses d'autrefois (Isaïe 43, 18 – Ière lect.)

Dans la Collecte, nous demandons à Dieu d'imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. A nous de nous laisser ramener, comme des captifs que nous sommes de tant d'attachements à soi, de tant de résistance à la grâce pour vraiment nous convertir (Cf Ps 125, 4).

Maintenant, dit le Seigneur, revenez à moi de tout votre cœur, car je suis tendre et miséricordieux(Acclamation)

                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) Voir la note détaillée et très intéressante du Nouveau Testament de Crampon (2004) (13III16)

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