"Heureux ceux qui croient sans avoir vu."  (Jn 20, 29) - 2ème dimanche de Pâques

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 28 avril 2019 – 14ème année                                            

2èmedimanche de Pâques, dimanche de la Miséricorde(C) 

 

 

LES TEXTES DE LA MESSE

            Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

            (Jean 20, 29 – Evangile)

 

Ce dimanche s'appelle aussi le dimanche in albis depositis car c'est la veille que les baptisés de la nuit de Pâques, lors de la cérémonie de la Veillée pascale, les néophytes, avaient déposé, enlevé, le vêtement blanc dont ils avaient été revêtus. C'est aussi le dimanche deQuasimodo, du nom des premiers mots de l'Introït: Quasi modo geniti infantes, Comme des enfants nouveaux-nés (1 P 2, 2)(1) 

Car c'est huit jours plus tard, après l'apparition de Jésus ressuscité le soir de Pâques, le premier jour de la semainele jour du Seigneur (2) relatée par saint Jean au début de l'Evangile d'aujourd'hui, que Jésus apparaît spécialement à l'apôtre Thomas qui n'avait pas voulu croire le témoignage des autres disciples (Nous avons vu le Seigneur ! Jn 20, 25).

S'Il apparut spécialement à Thomas c'est aussi qu'Il n'avait pas oublié que cet apôtre avait été le seul à vouloir l'accompagner lorsqu'apprenant la mort de Lazare, Il avait décidé de rentrer en Judée: Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! (Jean 11,16)C'est aussi pour nous donner une leçon.

L'apôtre Thomas aurait dû croire les témoins de la présence du Christ ressuscité, en particulier Pierre, chef des apôtres. Il a fait preuve de résistance à la grâce et de présomption en réclamant une "apparition privée". De toucher pour croire. Or, la Foi n'est pas d'ordre sensible (même si des effets sensibles: paix, joie, consolations peuvent se manifester). Elle est d'ordre surnaturel. Marie-Madeleine n'a pas reconnu Jésus ressuscité à l'aube de Pâques et elle l'a pris pour le jardinier. Cléophas et son ami n'ont pas reconnu Jésus qui marchait avec eux vers Emmaüs. Pourtant Il était bien là. Et les apôtres non plus, au cénacle, dans un premier temps. Mais, quand ils furent prêts intérieurement, après la purification de la souffrance, Jésus s'est révélé à eux et ils crurent ! Ils ne l'ont plus cherché alors avec les sens, ils n'ont pas retenu sa présence physique de corps glorieux, ils furent au contraire remplis de joie dans la Foi. Le Christ mort et ressuscité était là.

Dans sa miséricorde, Jésus a aidé l'apôtre à passer de la mort à la vie, du Vendredi-saint au dimanche de Pâques. Car la véracité de la Foi révélée, c'est bien la réalité de la Croix: Avance ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-là dans mon côté (Jn 20, 27). C'est bien celui qui a été flagellé, crucifié, couronné d'épines, dont le cœur a été percé qui est ressuscité; c'est le même. Ces plaies concrètes et douloureuses sont devenues glorieuses. Et nous sommes appelés à vivre cette même transformation, cette même résurrection, déjà sur cette terre avant de l'accomplir au Ciel. Le mal absolu, c'est le péché. Voilà pourquoi, Jésus donne immédiatement pouvoir aux apôtres de remettre ou de retenir les péchés (Jn 20, 22-23). Pouvoir du Vivant sur la mort, victoire du crucifié sur Satan.

            Chaque messe, réactualise cette rédemption: le Christ notre Pâque a été immolé, Lui qui ne cesse pas de s'offrir pour nous, et qui reste éternellement notre défenseur auprès de Toi; immolé, il a vaincu la mort; mis à mort il est toujours vivant... (IIIème Préface de Pâques)

                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Cf la présentation de ce dimanche "de la divine miséricorde" dans le Missel quotidien latin-français édité par l'abbaye bénédictine sainte Madeleine du Barroux, 2013, pp. 695-696.

(2) Cf l'Apocalypse de saint Jean 1, 10, 2ème lecture. "Pour cet anniversaire hebdomadaire de la Résurrection du Christ, Paul et Luc ne parlaient que du premier jour de la semaine(1 Co 16, 2; Ac 20, 7). C'est Jean qui officialise l'expression jour du Seigneur (dominica dies ou dimanche), qui sera reprise par toutes les Eglises."  (Note de la Bible Crampon, Nouveau Testament, révisé en 2004)

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