Dimanche de la Résurrection

Publié le par Abbé C. Laffargue

                                                                                                    

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Regina caeli laetare, alleluia...

            Reine du Ciel, réjouissez-vous, alleluia !

 

 

            Le Christ est vraiment ressuscité, alleluia (Introït)Aujourd'hui, Dieu notre Père, tu nous ouvres la vie éternelle par la victoire de ton Fils sur la mort, et nous fêtons sa résurrection (Collecte)Haec dies... Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous un jour de fête et de joie (refrain du psaume).

La résurrection du Christ, mort sur la croix le Vendredi-saint, est attestée par des témoins : Dis-nous, Marie-Madeleine, qu'as-tu vu en chemin ? J'ai vu le sépulcre du Christ vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité. J'ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements... Nous le savons: le Christ est vraiment ressuscité des morts.

(Séquence Victimae paschali laudes, XIème siècle).

 

Saint Luc, dans les Actes des apôtres, le répète : Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu'Il a fait chez les Juifs et à Jérusalem. Ensuite, ils l'ont fait mourir (ils l'ont supprimé traduit le nouveau lectionnaire)en Le pendant au bois. Mais Dieu l'a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester, non à tout le peuple, mais à des témoins qu'Il s'est choisi, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts. Dieu nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner qu'Il l'a Lui-même établi juge des vivants et des morts (Actes 10, 39-41 – Ière lecture).

On pourrait objecter : pourquoi le Christ n'a-t-il pas apparu à tout le peuple en même temps ? Il n'y aurait eu aucun doute, aucune contestation ! Parce que Dieu passe la plupart du temps par des intermédiaires qu'Il a choisis afin que chacun demeure libre de croire ou non, car la Foi demeure un acte libre et personnel.

 

Marie-Madeleine est un témoin par excellence. C'est à elle (après sa mère, selon la tradition)qu'Il apparut en premier (Cf Marc 16, 9). Voyant la pierre roulée (alors qu'elle était scellée et gardée à la demande du sanhédrin, cf Mt 27, 62-66), le tombeau vide, elle ne se lamente pas, elle ne reste pas à se lamenter sur la souffrance que cette vue lui cause, mais elle court trouver Simon-Pierre et (Jean), elle court vers le chef désigné de l'Eglise pour l'avertir (Jean 20, 1-2 – Evangile). Lorsque Jean qui courut plus vite arriva le premier au tombeau (v. 4)il aperçut les linges posés à plat, mais il n'entra pas (v. 5). Par déférence pour "le prince des apôtres" qui arriva à son tour et qui vit les linges et le suaire (6-7).

C'est derrière Pierre qu'il entrera : il vit et il crut (v. 8). Mais il n'en dit rien car Pierre et les autres disciples demeureront dans la nuit du doute jusqu'à l'apparition du Christ ressuscité le soir même.

 

Et nous ? Que devenons-nous après le carême et la Semaine sainte ? Sommes-nous suffisamment morts à nous-mêmes ? Ne nous décourageons pas, continuons la route, fixés sur la rive à atteindre, celle du Ciel. Comme le bon larron, après avoir reconnu dans le Christ, le fils de Dieu et le sauveur, même, et surtout pourrait-on, dire défiguré, flagellé, crucifié dans son Eglise; après avoir reconnu notre responsabilité et nos péchés, demandons d'être reçus dans son Royaume qui commence aujourd'hui :

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ… En effet, vous êtes morts avec le Christ… Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, vous serez avec lui dans la gloire (Colossiens 3; 1, 3, 4). Saint Paul ajoute des conseils toujours actuels: Recherchez les réalités d'en haut…, non celles de la terre. Avec cette très belle phrase et ce programme de vie: Vous êtes morts avec le Christ, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu (Col 3, 2-3).

   Le Christ, notre Pâque, a été immolé. Car il est l'Agneau véritable qui a enlevé le péché du monde:

 en mourant, il a détruit notre mort; en ressuscitant, il nous a rendu la vie… (1èrePréface de Pâques)

 

   Oui, Il nous a rendu la vie...!

                                                                                                         

                                                                                    Abbé Christian LAFFARGUE.

 

                                             

                             Les évangiles des messes de l'octave de Pâques:

                                                  (Les apparitions du Christ ressuscité)

 

Le lundi de Pâquesnous méditerons sur l'apparition du Christ aux saintes femmes qui, tremblantes et joyeuses, couraient apporter la nouvelle du tombeau vide aux apôtres (Mt 28)

Mardi, l'apparition émouvante de Jésus ressuscité à Marie-Madeleinene me touche pas (Jean 20,17).

St Jean de la Croix (La nuit obscure, L. II, chap. 13) voit dans la pécheresse repentie, le modèle de l'épouse qui cherche son bien-aimé et que le Christ établit dans la foi (non-sensible)Il ne laissa pas Marie-Madeleine toucher ses pieds après sa résurrection, afin qu'elle s'établit en la Foi. Il cite la scène de l'apparition à l'apôtre Saint Thomas le dimanche après Pâques avec la leçon du Ressuscité: Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu (Jn 20, 29).

Saint Bernard (sermon 28 sur le Cantique des cantiques, n° 9) commente et développe dans le même sens: La voici renvoyée à la connaissance plus certaine de la Foi, qui saisit ce que les sens ignorent et ce que l'expérience ne saurait découvrir. "Ne me touche pas" dit le Seigneur, c'est-à-dire: Perds l'habitude de te fier à tes sens trompeurs, soumets-toi au Verbe, accoutume-toi à la Foi. La Foi ne peut errer, elle saisit l'invisible et ne souffre pas de l'indigence des sens. La Foi dépasse même les limites de la raison humaine, le champ de la nature et les bornes de l'expérience.

Mercredi, Jésus apparaîtra aux disciples d'Emmaüs (Luc 24). Eux-aussi, quand ils le reconnurent à la fraction du pain, ils n'eurent plus besoin de l'entendre, de le voir, de le toucher; Il disparut et retournèrent à Jérusalem pour témoigner de leur foi nouvelle dans le Christ ressuscité.

Jeudi, alors "que les disciples revenant d'Emmaüs parlaient encore", Jésus apparut – enfin ! – aux Apôtresqui croyaient voir un esprit. Dans un sens, ils avaient raison de se méfier. On peut être souvent dans l'illusion à propos d'apparitions sensibles ou de phénomènes extraordinaires. C'est pourquoi, Jésus leur montra les plaies de ses mains et de ses pieds. Le démon ne peut singer la passion et la croix qui l'ont vaincu. Les apôtres firent soudain le lien entre la Passion et la Résurrection, entre le Vendredi-saint et le Dimanche de Pâques. Et ils crurent. (Lc 24)

Vendredi nous assisterons à la troisième apparition de Jésus aux Apôtres sur le bord du lac de Tibériade (Jn 21). Ils n'avaient rien pris de la nuit… Jetez le filet à droite de la barque… Et la pêche fut abondante. C'est saint Jean qui, le premier, reconnut Jésus : C'est le Seigneur! Et c'est saint Pierre qui partit le rejoindre à la nage. Jésus avait préparé un petit-déjeuner. Quelle bonté ! Quelle délicatesse ! Quelle humanité !

Des évènements exceptionnels, miraculeux, dans la simplicité de la vie ordinaire…

Samedi, l'Evangéliste saint Marc (16) rapportera brièvement l'apparition de Jésus à Marie-Madeleine, aux disciples d'Emmaüs et aux Onze, avec l'envoi: Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création

(Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamnév.16)

 

Abbé Christian Laffargue.

(Bulletin dominical du dimanche de Pâques 27 mars 2016)

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