Laetare Jerusalem... (Introït) - 4ème dimanche de Carême (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 31 mars 2019 – 14ème année                          Mois de Saint Joseph

4ème dimanche de Carême (C) Dimanche Laetare ou Dimanche rose*

(Ornements violets ou roses)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

    

    Laetare Jerusalem... 

 

     Les premiers mots de cette messe du quatrième dimanche de carême sont des paroles de joie: Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle, vous qui l’aimez ! (Isaïe 66, 10 - Introït). Notre Jérusalem est la Jérusalem céleste - vers laquelle nous sommes tournés à la messe: à l’Orient -le Ciel, le paradis, le royaume de Dieu. Ainsi vous serez nourris et rassasiés de l’abondance de sa joie (v. 11).

La prière sur les offrandes a la même tonalité : Seigneur, nous te présentons dans la joie le sacrifice qui sauvé notre vie...

Il est dur d’offrir des sacrifices, de mortifier nos sens (le goût, la vue, notamment), de supporter tellement de contrariétés physiques ou morales, de résister aux tentations; mais si nous les vivons dans la foi, dans l’espérance du ciel, dans le désir de nous unir au Christ Jésus notre sauveur, tout change ! C’est à ce prix que nous obtiendrons la paix de l’âme et la joie intérieure.

Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle écrit saint Paul aux chrétiens de Corinthe (2 Co 5, 17 - IIème lecture)Ensevelis avec Lui dans la mort à nous-mêmes, à nos péchés - ressuscités avec Lui, nous vivons-nous aussi dans une vie nouvelle (aux Romains; 6, 4)C’est bien Dieu, qui, dans le Christ, réconcilie le monde avec Lui (...)Au nom du Christ, laissons-nous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur (Refrain du psaume 33)heureux qui s’abrite en lui (v. 9).

 

   Quelle joie pour le père du fils perdu et retrouvé, « l’enfant prodigue », quand celui-ci revient vers son père qu’il a gravement offensé ! Il se jette même à son cou et, saisi de compassion, il le couvre de baisers (Luc 15, 20 - Evangile). Cette parabole "de la miséricorde" (avec les deux autres qui précèdent : celles de la brebis et de la drachme perdues; Lc 15, 4-10) déroule le cheminement de l’âme qui pèche gravement et se convertit.

Offense grave envers son père : il réclame sa part d’héritage, quitte la maison familiale et dilapide sa fortune en menant une vie de désordre (v. 13). Humiliation: lui, le fils de famille, est obligé de se louer pour garder les porcs; affamé, il les envie de manger à leur faim ! Il se souvient alors de la maison de son père... Le démon nous fait oublier Dieu, les bienfaits reçus, la réalité et la grâce ! 

Et puis, le regret, la contrition, après, sans doute, de durs combats intérieurs (le démon ne lâche pas ses proies aussi facilement). Enfin, la décision de revenir: Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai: Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils... (Vv. 15-19). Puis le retour.

Le père (Dieu) l'aperçut alors qu'il était encore loin et fut saisi de compassion; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers (v. 20). Il n'attend pas que son fils arrive jusqu'à lui pour juger dans quel état d'esprit il se trouvait, s'il était vraiment repenti et digne d'être pardonné. Il revenait, cela suffisait!

 

Dieu vient à notre rencontre, nous avons à faire les premiers pas, mais Il accomplit le reste du chemin. Quelle bonté ! Quelle prévenance ! Il n'impose pas de conditions, il ne le met pas en quarantaine, il ne lui impose pas de pénitence car son fils l'a déjà accomplie dans sa lourde épreuve méritée... Et il organise un festin ! Ce qui rend jaloux le frère aîné, pourtant fidèle et laborieux (Vv. 25-30)Mangeons et festoyons car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé (Vv. 24 et 32). Mort ? Mais le père n'avait pas appris qu'il était mort !

Non, mais il était mort à la grâce par ses graves péchés (péchés mortels), et il était revenu à la vie, à la vie de la grâce, la vie divine recouvrée par sa contrition (J'ai péché contre le ciel et envers toi, vv. 18 et 21).

   A nous de nous laisser réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20). Cherchons ce qui nous sépare de son Amour, quel pardon nous devons accorder et à qui pour revenir à la vie...

                                                                                    Abbé Christian LAFFARGUE.

*Dimanche roseComme au milieu du Temps de l'Avent (le dimanche Gaudete), le Temps du Carême a son dimanche rose: le 4ème ou dimanche Laetareoù le célébrant peut déposer les vêtements liturgiques violets pour revêtir le rose (Présentation Générale du Missel Romain, 2000, n°346, f).

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