"Laissant tout, ils le suivirent."  (Luc 5, 11) - 5ème dimanche du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 10 février 2019 – 14ème année

5èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Laissant tout, ils le suivirent.

            (Luc 5, 11 – Evangile)

          

            Certes, le Seigneur appelle ici les premiers disciples qui deviendront apôtres, et le premier d'entre eux, Simon-Pierre, mais cet appel doit retentir pour chaque baptisé, et même, pour chaque homme de bonne volonté. Plus que jamais.

Non pas que tout le monde doive quitter sa famille, ses amis, son travail, pour "suivre le Christ". Où d'ailleurs ? Il n'appelle pas tout le monde à la vocation religieuse ou sacerdotale. Lundi (de la 4èmesemaine), l'homme délivré des démons par Jésus l'avait supplié de rester avec lui. Mais Jésus ne le lui permit paset le renvoya chez lui pour témoigner de la miséricorde de Dieu à son égard (Marc 5, 18-19). Il est devenu apôtre du Christ. De combien de démons Dieu ne nous a-t-il pas gardé ou délivré dans notre vie ? 

Dans l'Evangile de ce dimanche, Jésus remplit par miracle les filets des barques de Simon qui avait pourtant pêché en vain toute la nuit (Lc 5, 4-7) (1)

Le miracle entraîne la Foi de Simon-Pierre: il tomba aux pieds (2) de Jésus en se reconnaissant humblement pécheur:Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! (v. 8). Il y a des conversions incomplètes (et de personnes célèbres) qui reconnaissent le Christ comme Dieu ou l'envoyé de Dieu, mais qui ne se reconnaissent pas pécheurs et ne se mettent pas à genoux...

De ce fait ils ne changent pas de vie, résistant à la grâce. 

Mais la foi est venue parce que Simon et ses compagnons ont d'abord écouté la Parole de Dieu (Vv. 1-3). Puis, parce qu'ils ont obéilorsque le Christ leur a demandé d'avancer au large et de jeter leurs filets pour la pêche (v. 4). Et qu'ils ont obéi alors que cette obéissance était une épreuve car ils avaient peiné toute la nuit sans rien prendre (v. 5). Nous, nous voulons bien obéir à des ordres ou à des exigences qui conviennent à nos vues et nous sont agréables !

Pour revenir à nos propos du début, nous devons nous arracher à nous-mêmes et au monde (sans le quitter). Notre foi doit être sans cesse approfondie, nourrie, purifiée pour avancer au large.

C'était l'appel du Pape saint Jean-Paul II Au début du nouveau millénaire (3) en citant le même texte.

Il résonne toujours à nos oreilles aujourd'hui. Allons de l'avant dans l'espérance ! lançait ce grand pape missionnaire. Le Christ contemplé et aimé nous invite une nouvelle fois à nous mettre en marche.

Chaque dimanche est un peu comme un rendez-vous au Cénacle que le Christ ressuscité nous redonne (4).

Pour cela il faut vraiment suivre le Christ avec les arrachements et les renoncements nécessaires.

 

  La Foi, c'est la fidélité à ce que nous avons reçu, c'est par cet Evangile que nous tenons bon et c'est par lui que nous serons sauvés si nous le gardons tel que saint Paul nous l'a annoncéle Christ est mort pour nos péchés conformément aux Ecritures, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour..., est apparu à Pierre, puis aux Douze..., aux apôtres, à saint Paul lui-même sur le chemin de Damas (1 Cor 15, 1-7 – 2èmelecture)Voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez. (v. 11)

Mais soyons prudents: Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l'enseignement de la saine doctrine; mais au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d'entendre des nouveautés. Ils refuseront d'entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques (ou des fables(2ème épître du même saint Paul à Timothée: 4, 2-4).

   Suivons-Le toujours en laissant tout ce qui n'est pas nécessaire ou qui est contraire à notre Foi...

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) On retrouve les faits similaires lors de l'apparition du Christ ressuscité au bord du lac de Tibériade: Cf. Jn 21.

(2) La nouvelle traduction liturgique écrit: tomba aux genoux. On tombe plutôt aux pieds de quelqu'un et on tombe à genoux.

(3) Lettre apostolique Novo millennio ineunte du 6 janvier 2001, n°1 et conclusion. 

(4) Op. cit. n°58, en relisant le n°36 sur la communion eucharistique cœur du dimanche et antidote le plus naturel à la dispersion.

  Sur Isaïe 6, 1-8 (Ière lecture): Avant la lecture de l'Evangile, le célébrant, profondément incliné devant l'autel, les mains jointes, dit la prière Munda cor…qui s'inspire de ce passage: Purifiez mon cœur et mes lèvres, Dieu tout-puissant, qui avez purifié les lèvres du prophète Isaïe avec un charbon ardent; daignez, par votre bienveillante miséricorde, me purifier, afin que je puisse annoncer dignement votre saint Evangile. Par le Christ notre Seigneur…

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