"Vous êtes (le)corps du Christ."   (1 Cor 12, 27) - 3ème dimanche du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 27 janvier 2019 – 14èmeannée

3èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Vous êtes (le) corps du Christ.

            (1 Cor 12, 27 – IIème lecture)

 

            Après avoir désigné les dons spirituels(Cf 12, 4-11, au deuxième dimanche), saint Paul prend l'exemple du corps humain pour expliquer ce qu'est le corps du Christ: les baptisés membres d'un seul corps qui est l'Eglise, ce qu'il fera aussi auprès des chrétiens d'Ephèse (Cf Ep 1, 23; 4, 12; 5, 30; etc.). Les baptisés l'ont été dans un unique Esprit pour former un seul corps (1 Co 12, 13). Les membres sont divers et diversifiés sont leurs dons et leur usage (au contraire des idéologies que les totalitarismes veulent nous imposer). Saint Paul met tout de suite en garde contre l'esprit d'indépendance, insensé et ruineux. Que peuvent faire, seuls, le pied, l'oreille, l'œil, la main, les parties les plus faibles du corps ? Au contraire, elles sont nécessaires et ceux que nous tenons pour moins honorables sont ceux que nous traitons avec plus d'honneur (vv. 22-23).

C'est ainsi que Dieu a organisé le corps et Il a accordé plus de respect (d'honneurà ce qui en est dépourvu (v. 24)Il a voulu ainsi qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres (v. 25). Que chacun soit traité sans mépris. 

Et si un seul membre souffre, tous les membres souffrent avec lui. On en est loin ! Chacun, aujourd'hui vit dans un tel égoïsme ! Par contre,si un membre est à l'honneur, tous partagent sa joie (v. 26). C'est plus facile car on profitera facilement de cet honneur qui rejaillit sur soi !

Chacun pour sa part est membre du corps du Christ (v. 27). Quel honneur ! Quelle joie ! Même à la plus petite place, la vie de la grâce divine circule dans nos âmes si nous restons bien unis au cep de la vigne (Cf la parabole de la vigne et des sarments: Jean 15, 1-8).

Il y a ceux qui sont les apôtres de la foi et de la présence de Dieu; les prophètes qui, sous l'action du Saint-Esprit, mettent en lumière la ou les vérités capables de sauver les âmes; les docteursqui ontla charge d'enseignerce qu'ils ont compris et approfondi par l'étude et la prière; ceux qui ont des dons pour guérir, pour assister, pour gouverner, pour parler diverses langues et les interpréter, toujours dans l'obéissance au Saint-Esprit qui n'agit que pour le bien commun et non pour favoriser l'originalité, l'esprit d'indépendance, formes subtiles de l'orgueil.

 

            Voyez l'humilité des apôtres qui n'ont rien inventé... Saint Luc, dans le prologue de son Evangile (Lc 1, 1-4), placé très justement au début de l'extrait de ce dimanche, précise qu'il a reçu ce que les témoins oculaires et serviteurs de la Parole lui ont transmis. Il a lui-même travaillé: il a recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s'est passé depuis le débutdu ministère messianique de Jésus afin de les transmettre, à son tour, à son disciple, l'excellent Théophile.

On voit bien qu'il ne s'approprie rien, qu'il n'invente rien, qu'il ne fonde rien; il est seulement le serviteur fidèleet avisé (Cf Mt 24, 45) obéissant à la mission que lui a confié le Maître.

Jésus, Lui-même, a obéi à son Père et Se révèle comme le messie annoncé par les prophètes: L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction (Isaïe 61, 1 cité par Jésus dans la synagogue de Nazareth en Galilée). Pour une mission claire: Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres... (Lc 4, 18...)

 

            C'est avec beaucoup de respect, de considération, d'amour que l'on devrait écouter le Seigneur (au lieu d'avoir le nez plongé dans son missel-jetable pendant les lectures de l'Ecriture sainte à la Messe. On lit avant, chez soi. A l'église on lève la tête et les yeux, on ouvre ses oreilles, pour écouter et recevoir la lumière dont les textes ne sont que le support)

Quand le prophète et prêtre Esdras fit la lecture de la Loi, sur la tribune de bois (notre ancienne chaire)tous se mirent debout. Reconnaissant être en présence de Dieu en Sa parole, ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre (Néhémie 8, 4-6 – Ière lecture)

Et ils pleuraient d'émotion (aujourd'hui les cœurs sont froids et critiques)Ne pleurez pas, car ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne vous affligez pas: la joie du Seigneur est votre rempart !  (vv. 9-10)

C'est notre dimanche, c'est votre dimanche.

 

            Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière: la splendeur et l'éclat, la puissance et la beauté brillent dans son temple saint !

            (Ps 95; 1, 6 – Introït)

                                                                                                 Abbé Christian LAFFARGUE.

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