Le premier miracle (l'eau changée en vin à Cana) - 2ème dim. du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 20 janvier 2019 – 14èmeannée

2èmedimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Le premier miracle.

            (Cf Jn 2, 11 – Evangile)

 

            L'eau changée en vin aux noces de Cana en Galilée par Jésus est l'une des trois épiphanies, comme nous l'avons rappelé (Cf Bulletin du 13 janvier, le Baptême du Seigneur).

Dieu(le Père) manifeste que Jésus de Nazareth est bien son Fils (Dieu le Fils) dans l'unité du Saint-Esprit (signifié par la colombe au baptême, et, ici, par l'amour des époux à Cana...).

Ce premier miracle, signe de la divinité du Christ, s'est produit sur intervention de la Vierge Marie qui se trouvait là avec les tout nouveaux disciples de Jésus, invités peut-être par Nathanaël de Cana (Cf Jn 1, 45 et 21, 2)

Quand le vin vint à manquer et allait couvrir de honte toute la famille, la femme attentive et discrète qu'était la mère de Jésus, s'en aperçut et intervint: Ils n'ont pas de vin (Jn 2, 3) (1)

Elle n'exige rien – comme nous le faisons trop souvent nous-mêmes – elle expose simplement la situation, sûre que son fils sera touché... Le Christ lui fait remarquer que son heure,celle où Il se manifestera, n'est pas encore venue (v. 3). Elle répond par la confiance: Faites tout ce qu'il vous dira ! dit-elle aux serviteurs (v. 5). L'épouse par excellence (Fille du Père, mère du Fils, épouse du Saint-Espritécrira saint L.-M. Grignion de Montfort) (2)l'épouse inépousée (Saint Nectaire d'Egine, 1846-1920),vient au secours des époux. Et de six jarres de pierre de cent litres remplies d'eau à la demande de Jésus, le Fils de Dieu fit du vin, et un vin excellent ! (vv. 6, 9)C'est aussi le vin de la grâce qui va irriguer le mariage devenu sacrement. Première annonce du repas de noces que le Christ tient prêt chaque jour pour l'Eglise. Ce signe merveilleux (...)laisse entrevoir l'heure mystérieuse où le Christ, dans la pourpre de sa passion, livrera sa vie sur la croix pour l'Eglise, son Epouse. (3)

   Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C'était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui (Jn 2, 11).

 

   Le prophète Isaïe annoncera cette nouvelle Alliance. Jérusalem (l'ancienne Alliance)ne sera plus la délaisséela désolation, mais deviendra la nouvelle Jérusalem où tous les rois verront sa gloire, revêtue d'unecouronne éclatante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu (on pense à la tradition des couronnes dans le mariage des rites orientaux).Tu seras appelée "Ma préférence", "l'Epousée" (Isaïe 62, 2-4 – Ière lecture).

 

   La manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun écrira saint Paul aux chrétiens de Corinthe à propos des dons de la grâce, les dons spirituels ou charismes (1 Cor 12; 1, 7).

Ces dons, dans la diversité des ministères (v. 4)sont donnés non pour la sanctification première du fidèle mais pour l'édification de la communauté. Saint Paul précise: Nous avons des dons spirituels différents selon la grâce qui nous a été donnée, et il les énumère: la prophétie, le service, l'enseignement, l'exhortation, la présidence, les œuvres de miséricorde (Romains 12, 6-8). Il est bien dommage, dans la diversité des richesses accordées par Dieu aux prêtres et aux fidèles, que l'Eglise ou les communautés n'en tiennent pas compte, les étouffe, les gâche, appauvrissant ainsi le corps tout entier et privant les âmes de bonne volonté qui sont dans le monde d'en recevoir les bienfaits !

 

            Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière...

De jour en jour, proclamez son salut; racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles!

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté. Allez dire aux nations: le Seigneur est roi !

            (Psaume 95; 1-3, 9-10)

 

                                                                                                       Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) Ils n'ont pas de vin : "Le texte grec, suivi par le syriaque, ne dit pas plus de vin, mais pas de vin. Dans la symbolique juive, le vin représente l'amour (Cantique des cantiques 7, 10), le bonheur (Qohéleth 10, 19), la Sagesse divine (Siracide 24, 17)." (...)                                                                  Note de la Bible Crampon, N.T., au v. 3 de Jn 2.

(2) Cf "Oraison à Marie" in "Le secret de Marie", n°68.                                                                         (3) Préface de la Messe de La Vierge Marie à Cana dans les Messes en l'honneur de la Vierge Marie (n°9), 1988. (Congrégation pour le Culte divin, approuvée par le Pape Jean-Paul II, 15 août 1986)

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