"Me voici, mon Dieu, pour faire ta volonté" (He 10, 7) - IVème dim de l'Avent

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 23 décembre 2018 – 14èmeannée  

4ème dimanche de l'Avent (Nouvelle année liturgique: C)                            

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Me voici, mon Dieu, pour faire ta volonté

            (Hébreux 10, 7 – Ps 39/40, 8)

 

            Dieu ne supportait plus cesholocaustes et ces victimes de l'Ancienne Loi que les prêtres avaient détourné de leur fin, substituant la lettre à l'Esprit (Cf Amos 5, 22; Isaïe 1, 11...). "Le seul sacrifice parfait est celui que le Christ offrira sur la Croix en totale offrande à l'amour du Père et pour notre salut" (Cf Hébreux 9, 13-14, cité par le C.E.C. au n° 2100). Et cet enfant qui va naître à Bethléem, c'est l'Agneau de Dieu...

Le Fils, au sein de la sainte Trinité, S'offre alors à Dieu le Père, dans l'unité du Saint Esprit d'Amour – le leur et celui qu'ils ont pour l'humanité déchue – pour sauver les âmes: Ecce venio... Me voici, pour faire, ô Dieu ta volonté (He 10, 7). Et par l'oblation que Jésus Christ a faite une fois pour toute de son propre corps, nous sommes sanctifiés (v. 10).

Nous sommes invités à entrer dans cette rédemption. La Collecte de cette messe fait bien le lien entre l'Incarnation et la croix: ...par le message de l'ange, tu nous a fait connaître l'incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous par sa Passion et par sa croix jusqu'à la gloire de la résurrection...

Les mystères joyeux, comme dans nos vies, sont aussi et déjà les mystères douloureux.

 

Le prophète Michée avait annoncé le lieu de la naissance de celui qui doit gouverner Israël, qui sera le berger de ses fils par la puissance du Seigneur (Mi 5; 1, 3 – Ière lecture). Les grands prêtres et les scribes convoqués par Hérode pour savoir où devait naître le Christ ne s'y étaient pas trompés: A Bethléem de Judée selon ce qui a été écrit par le Prophète (Mt 2, 4-6). Bethléem(la maison du painen syriaque et en hébreu), lieu de naissance et de couronnement du roi David, en Palestine, à 10 km au sud de JérusalemLe prophète, contemporain d'Isaïe, l'avait désignée comme le lieu où enfantera celle qui doit enfanter (Mi 5, 1-2).

L'Introït de la Messe de ce quatrième dimanche de l'Avent, parle du Juste qui doit venir comme une roséeunepluie bienfaisante descendant des nuées, et demande que la terre s'entrouvre pour donner naissance au Sauveur (Isaïe 45,8). C'est le refrain de l'hymne liturgique du Temps de l'Avent: Rorate coeli desuper.

 

            L'Evangile(Luc 1, 39-45)relate la scène de la Visitation (2èmemystère joyeux du Rosaire, avec son fruit: la charité, car la Vierge Marie se mit en route avec empressement vers sa cousine Elisabeth).

"Elle partait dans l'allégresse de son désir, pour l'accomplissement d'un service, avec l'empressement de sa joie" écrit Saint Ambroise (*)

Deux personnes visibles: Marie et Elisabeth; deux personnes invisibles: les futurs Jésus et Jean-Baptiste (cf la contemplation de la deuxième Semaine des Exercices de Saint Ignace de Loyola).

Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle et fut remplie de l'Esprit Saint (v. 41). Saint Ambroise poursuit: 

"Remarquez les nuances et l'exactitude de chaque mot. Élisabeth fut la première à entendre la parole, mais Jean fut le premier à ressentir la grâce : la mère a entendu selon l'ordre naturel des choses, l'enfant a tressailli en raison du mystère ; elle a constaté l'arrivée de Marie, lui, celle du Seigneur ; la femme, l'arrivée de la femme, l'enfant, celle de l'enfant ; les deux femmes échangent des paroles de grâce, les deux enfants agissent au-dedans d'elles et commencent à réaliser le mystère de la piété en y faisant progresser leurs mères ; enfin, par un double miracle, les deux mères prophétisent sous l'inspiration de leur enfant. (...) Heureux, vous aussi qui avez entendu et qui avez cru... Que l'âme de Marie, que l'esprit de Marie soit en chacun de vous..."

            Concluons avec la Prière après la communion: ...accordez-nous, Seigneur, une ferveur qui grandisse à l'approche de Noël pour bien fêter la naissance de votre Fils... 
                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) Saint Ambroise (340-397), sermon sur l'Evangile de Saint Luc. Office des lectures du 21 décembre.

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