2ème dimanche de l'Avent (C) - 9 décembre 2018

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 9 décembre 2018 – 14èmeannée  

2ème dimanche de l'Avent (Nouvelle année liturgique: C)                            

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

                  Peuple de Dieu, voici que le Seigneur va venir pour sauver tous les hommes

 

   Ce sont les premières paroles de cette Messe du deuxième dimanche de l'Avent, dans l'Introït. 

C'est un désir et une attente joyeuse : Le Seigneur fera retentir sa parole pour la joiede votre cœur poursuit le texte tiré du prophète Isaïe (30; 19, 30).Joiequi parsème les textes de la Messe, notamment dans la première, la troisième et la quatrième strophe du psaume d'aujourd'hui (125)qui évoque le retour des exilés à Jérusalem: Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie... Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie... Il s'en va en pleurant, il jette la semence; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.

Cette joie qui fleurit, déjà, de la Croix ! 

L'exhortation que saint Paul adresse aux Philippiens (1, 4 et sq – IIème lecture), le Seigneur pourrait nous l'adresser aujourd'hui et c'est le même Esprit : Celui qui a commencé en vous un si beau travail – pour l'annonce, le progrès de l'Evangile – en poursuivra l'achèvement jusqu'au jour où viendra le Christ Jésus.

Cette annonce, ce témoignage, cet apostolat, ce ne sont pas seulement ceux d'une Parole, d'un enseignement, d'un Evangile, mais d'un Verbe qui S'est fait chair en nous pour nous transformer, nous convertir ! La lettre, le livre s'incarnent dans nos âmes et deviennent Vie; non sans résistance et sans combats de notre part...!

Et cette incarnation, cette Vie, devient un amour et un amour brûlant, impatient même !

Il doit brûler et consumer l'égoïsme, la tiédeur, la paresse, les peurs, les petitesses des petits calculs des petits esprits, le contraire de la magnanimité,du zèle pour le salut des âmes et le salut du monde qui est celui des vrais apôtres.

C'est l'amour de charité qui nous fait progresser de plus en plus dans la pleine connaissance de Dieu écrit saint Paul aux chrétiens de Philippe (Ph 1, 9).

Il faut connaître pour aimer, on ne peut aimer ce qu'on ne connaît pas, mais, également, l'amour obtenu nous livre Celui que nous cherchons. C'est "la Charité qui est la clef de notre vocation" selon les termes de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (lettre à Sœur Marie du Sacré-Cœur), et "que l'Amour seul (doit) faire agir les membres de l'Eglise", et "que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Ma vocation, c'est l'Amour !"

Retrouvons notre vocation  et profitons de ce Temps d'efforts et de certains sacrifices signifiés par la couleur violette et la disparition du Gloria, pour retrouver la tendresse du Christ Jésus (v. 8)afin d'être purs et irréprochables jusqu'au jour du Christ (v. 10).

 

Même quand on souffre, même lorsqu'on est dans l'obscurité, l'espérance de la délivrance et de la lumière dilatent notre cœur. 

Quitte ta robe de deuil et de tristesse, Jérusalem, revêts-toi pour toujours de la gloire de Dieu… Lève-toi, tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l'Orient (comme à la Messe)… Dieu conduira Israël dans la joie à la lumière de sa gloire, sa miséricorde et sa justice lui feront escorte.     (Livre de Baruch 5; 1, 5, 9 – Ière lecture).

Et ce Sauveur qui va venir (et qui est venu)abaissera les montagnes et les collines– c'est-à-dire la hauteur de nos difficultés, grandes et petites - le sol sera aplani pour qu'Israël marche d'un pas sûr...Comme Dieu a conduit Son peuple, le peuple juif, Il nous conduit maintenant en Son Eglise avec la même sûreté dans et vers Dieu dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice… (vv. 7, 9 et Lc 3, 5 - Evangile).

 

Pour reconnaître et pour recevoir Celui qui viendra à notre secours, il est nécessaire de se préparer, de se purifier. Voilà pourquoi, Dieu a suscité Jean, fils de Zacharie et d'Elisabeth, cousine de la Vierge Marie, pour préparer les voies à l'Agneau de Dieuqu'il désignera en Jésus de Nazareth lorsqu'Il apparaîtra sur les bords du Jourdain (Cf. Jn 1, 29)Il proclamait un baptême de conversion (de repentir: Osty; de pénitence: Crampon)pourla rémission des péchés (Lc 3, 3).

 

Fortifiez les mains défaillantes, prenez courage et dites : "Voici notre Dieu: Il vient nous sauver, alleluia."  (1ère antienne des laudes de ce dimanche)

Le Seigneur est notre Juge, le Seigneur est notre Roi. C'est Lui qui vient nous sauver. (3ème antienne)

  C'est le moment, l'heure est venue de sortir de notre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu'à l'époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière.  (Romains 13, 11-12 – Lecture brève)

 

Nous devons désirer et aimer la Lumière! Nous devons nous éloigner fortement des ténèbres qui nous plongent dans l'erreur : nous ne faisons pas les bons choix et nous tombons dans le péché qui nous mine, nous détruit, nous remplit d'amertume, d'insatisfaction et de tristesse.

 

Nous devons désirer et aimer la Lumière qui luit dans les ténèbrescomme une aurore bienfaisante : c'est Jésus, le Messie, le Sauveur, qui a vaincu et vaincra encore aujourd'hui la nuit du Mal.

 

Nous devons désirer et aimer la Lumière, oui, et nous devons la revêtir pour la porter au mondequi en a tant besoin et qui l'attend de nous, même s'ils ne le sait pas, même s'il ne le manifeste pas !

 

Nous devons désirer et aimer ce Jésus que nous tend Mariesa mère en cet Avent de nos vies où tout est encore et toujours possible, où rien, jamais, n'est perdu malgré les apparences et les propos menteurs...

 

"Nous croyons que le Fils de Dieu est venu dans ce monde et nous attendons le jour où il viendra de nouveau" – dirons-nous à la fin de cette messe dans la bénédiction solennelle – "A la clarté de cette lumière qui lève, que Dieu son Père nous guide dans toutes nos démarches et multiplie sur nous ses bénédictions..."

 

Dans cette Espérance, demandons à Dieu de ne pas laisser le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de son Fils (Collecte) et de nous apprendre le vrai sens des choses de ce monde et l'amour des biens éternels 

(Prière après la communion).

 

  Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit...

                                                                                               Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(Homélie prononcée en la basilique Notre-Dame de Montligeon le dimanche 6 décembre 2015)

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