"Poussez des cris de joie !" (Jr 31, 7) - 30ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 28 octobre 2018 – 14èmeannée                                           Mois du Rosaire                                                   

30èmedimanche du Temps de l'Année liturgique(B)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

              Poussez des cris de joie...!

             (Jérémie 31, 7 – Ière lecture)

 

            Après les textes exigeants de la messe de dimanche dernier et bien que ceux d'aujourd'hui en sont la suite pour la deuxième lecture et l'Evangile, empruntons ce cri de joie et d'espérance aux premiers mots de Jérémie dans la première lecture. Ils n'ont pas avec eux de rapport direct, mais si la Providence, par l'Eglise, les a placés là, faisons-les nôtres. Et dans toutes les exigences élevées du Christ, il y a une joie profonde d'y adhérer, d'y correspondre et d'essayer de les réaliser de tout notre cœur, car elles ravivent en nous la présence de Dieu. Là est la vraie joie.

Seigneur, sauve ton peuple (v. 7), qui n'est plus le reste d'Israël (le petit reste), mais le peuple des baptisés dans l'eau et dans l'Esprit Saint que le Seigneur a rassemblé des confins de la terre, l'aveugle et le boiteux... (v. 8) Et même s'ils avancent dans les pleurs et les supplications– ce qui est notre cas – Il les conduit vers les cours d'eau – de la grâce – par un droit chemin où ils ne trébucheront pas car Il est un père pour nous (v. 9).

Le psaume 125 (Le cantique des montéesaccompagne de son chant poétique le retour des captifs à Sion. Notre bouche était pleine de rires (on rit peu à notre époque, et on ne chante guère)nous poussions des crisde joie. Et les nations disaient: Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie (aujourd'hui, on veut d'abord "profiter", faire la fête; et puis vient le dégrisement, la réalité, et c'est le drame !). Quand on jette la semence en pleuranton rapporte les gerbes dans la joie.

 

   La lettre aux hébreux est la suite du texte de dimanche dernier. Le prêtre, comme le Christ qui ne s'est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre, mais qui l'a reçue de Dieu qui lui a dit, citant le psaume 109/110, 4: Tu es prêtre de l'ordre de Melchisédech(He 5, 5)(ce roi de Salem, "prêtre du Très-Haut", auquel Abraham offrit le pain et le vin: Gn 14, 18-20, symboles de l'Eucharistie); le prêtre, donc, est pris parmi les hommes et établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu et doit offrir des dons et des sacrifices pour leurs péchés (v. 1). Comme le Christ, il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est lui-même rempli de faiblesse et doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple (v.2)

Plus loin, l'épître met en valeur l'obéissance du Christ qui a appris, tout Fils qu'il était, par ses propres souffrances ce que c'était qu'obéir et qui sauve à jamais tous ceux qui lui obéissent (v. 8).

 

   Nous devons en demander la grâce et nous considérer aveuglescomme le Bartimée de l'Evangile sur le chemin de Jéricho: Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! même si les gens nous rabrouent et se moquent de nous (Marc 10, 46-48). Il faut insister dans la prière, comme lui. Alors Jésus nous demandera ce qu'Il peut faire pour nous (cf v. 51). Il ne faudra pas demander d'abord l'arrangement des affaires matérielles et financières (cf "La vraie richesse" du Bulletin du 28èmedimanche), la santé, la réussite, le bonheur terrestre, mais de voir, de comprendre, et aussi d'entendre...

 

            Soyez dans la joie, vous qui cherchez Dieu. Cherchez le Seigneur et sa force, sans vous lasser, recherchez son visage.

            (Introït – Ps 104, 3-4)

                                                                                                              Abbé Christian LAFFARGUE.

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