La vraie richesse (Sg 7, 7-11) - 28ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 14 octobre 2018 – 14èmeannée                                           Mois du Rosaire                                                   

28èmedimanche du Temps de l'Année liturgique(B)

 

 

           LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            La vraie richesse.

            (Cf Sagesse 7, 7-11 – Ière lecture)

 

            Le sage juif hellénisant d'Alexandrie fait l'éloge de la Sagesse qu'il a préférée aux trônes et aux sceptres et qui à côté d'elle a tenu pour rien la richesse. Il ajoute: tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable, et, face à elle, l'argent sera regardé comme de la boue (Sg 7, 8-9). Il a aimé la sagesse plus que la santé et la beauté. Il l'a choisie de référence à la lumière, parce que sa clarté ne s'éteint pas et que par ses mains me sont venues tous les biens et une richesse incalculable (vv. 10-11).

A l'heure où triomphent l'appât des biens matériels et l'amour des richesses des célébrités du monde qui ne se sont guère préoccupé du salut de leurs âmes, ces paroles sont un rappel bienfaisant et rafraîchissant ! Pour avoir la Sagesse, l'auteur a prié et le discernement lui a été donné. Il a supplié et l'esprit de la Sagesse est venu en lui (v. 7. Cf Sg 8, 17 et Sg 9: prière pour l'obtenir).

   Apprends-nous la vraie mesure de nos jours: que nos cœurs pénètrent la sagesse (Ps 89, 12)

   Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! (v. 17)

  Cette sagesse surnaturelle a un côté redoutable car Dieu S'est révélé par une parole énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants (...) qui met à nu et à découvert aux yeux de Celui à qui nous devons rendre des comptes (Hébreux 4, 12-13 – IIème lecture).

  L'épisode du jeune homme riche dans la vie de Jésus vient à point nommé pour illustrer ce qui précède (Marc 10, 17-27). Ce jeune homme de bonne volonté et très respectueux (il tombe aux genoux dubon maîtredemande ce qu'il doit faire pour avoir la vie éternelle(v. 17). Le Christ le ramène d'abord à ses devoirs, à l'observance des commandements qu'il énumère (v. 19). Son interlocuteur affirme que tout cela, il l'a observé depuis sa jeunesse (v. 20). Saint Marc est le seul des évangélistes synoptiques à préciser que Jésus posa son regard sur lui, et qu'il l'aima (v. 21).

C'est-à-dire, qu'Il lui donna un surcroît d'amour pour qu'il puisse accéder à la sainteté: Une seule chose te manque: va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres; alors tu auras un trésor au ciel. Puis, viens, et suis-moi

Que va-t-il faire ? Quelle voie va-t-il choisir ? Malheureusement, à ces mots, il devint sombre et s'en alla tout triste (la tristesse vient quand on n'est pas fidèle aux exigences de Dieu), car il avait de grands biens (v. 22). Ah ! l'argent, les biens matériels ! Non pas qu'à tout le monde le Seigneur demande de tout vendre et de tout donner aux pauvres (ici, Il adresse un appel à ce jeune homme épris de sainteté ou, peut-être seulement de perfection), mais au moins de donner généreusement, de partager. Comme il sera difficileà ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! 

Les disciples étaient stupéfaits d'une telle exigence. Comme à son habitude, le Christ ne modère pas ses paroles pour attirer les faveurs d'un plus grand nombre (comme le font souvent les pasteurs), mais Il les redit en donnant un exemple saisissant pour être clair: Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu ! (vv. 24-25)

Mais alors, qui peut être sauvé ? se disent-ils entre eux (v. 26)Jésus les regarde (fixant sur eux son regard traduisent Crampon et Osty) – l'instant est solennel – et dit: Pour les hommes, c'est impossible (par leurs propres forces), mais pas pour Dieu, car tout est possible à Dieu (par sa grâce) (v. 27 + Jr 32,17)

 

   Demandons la sagesse, demandons le discernement pour savoir ce qui nous retient trop aux biens terrestres et qui nous empêche d'entrer dans la lumière de la connaissance et de l'amour divin.

   Le riche est dépourvu, affamé, mais à la table du Seigneur celui qui cherche Dieu ne manque de rien.

  (Ps. 33, 11 – Prière avant la communion)

                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

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