"De quoi discutiez-vous en chemin ?" (Mc 9, 33) - 25ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 23 septembre* 2018 – 14ème année                                             

25ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)                         * St Padre Pio de Pietrelcina († 1968)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            De quoi discutiez-vous en chemin ?

            (Marc 9, 33 – Evangile)

 

            C'est ce que demande Jésus aux apôtres, arrivés à Capharnaüm, après qu'il leur eût annoncé sa Passion, sa mort et sa Résurrection pour la deuxième fois. Mais ils n'avaient pas compris ces paroles et avaient eu peur de l'interroger (v. 32). De quoi discutiez-vous en chemin ? Ce sont les mêmes mots, la même interrogation, que Jésus emploiera auprès des "pèlerins d'Emmaüs" au soir de Pâques alors qu'ils n'avaient ni accepté, ni compris le mystère de la Croix (Lc 24, 17). Comme ils en restaient à des considérations humaines, ils avaient discuté – dans le sens d'une querelle – entre eux pour savoir qui était le plus grand (v. 34). La jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d'actions malfaisantes (Jacques 3, 16 – IIème lecture). Cette une fausse sagesse qui ne descend pas d'en haut, qui est terrestre, purement humaine, démoniaque (v. 15, précédant l'extrait de cette lecture). Au contraire, la sagesse qui vient d'en haut est d'abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde...

(v. 17)D'où viennent les guerres, les conflits entre vous ? demande l'apôtre. Des passions de l'âme, des convoitises, envies et jalousies... (Jc 4, 1-2) Toujours les mêmes maux, les mêmes ressorts...

Jésus, toujours très concret, choisit un enfant, le place au milieu d'eux, l'embrasse (le serre dans ses bras traduisent Crampon et Osty, ce qui n'est pas une simple bise et manifeste une grande tendresse) et les ramène, discrètement, patiemment, vers l'esprit d'enfance à accueillir et à recevoir: Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille... et Celui qui m'a envoyé (Mc 9, 36-37). C'est la petite voie de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus: "ne pas chercher à grandir, au contraire, il faut rester petit dans les bras de Jésus" (à Mère Marie de Gonzague). "Jésus vous a donné son Enfance et sa Passion" lui écrivait le P. Pichon (1).

"Le Seigneur n'entend pas que nous nous emparions de la première place, mais plutôt que nous atteignions les hauteurs par l'humilité. Il a placé un petit enfant au milieu d'eux, et il vaut que nous devenions semblables, nous aussi. (...) Tu vois donc quel immense pouvoir a l'humilité, jointe à la simplicité de vie et à la sincérité: elle a le pouvoir de faire habiter en nous le Fils et le Père, et aussi, de toute évidence, le Saint-Esprit" commente saint Théophylacte de Bulgarie (2).

Nous sommes tentés... Par ceux qui méditent le mal – poussés par le démon – et qui veulent attirer le juste dans un piège car – et c'est clair ! – il nous contrarie et s'oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d'infidélités... écrit le juif d'Alexandrie dans le début du beau livre de la Sagesse (2, 12 – Ière lecture). Nous savons, les prêtres surtout, ce qu'il en coûte, dans les sermons/homélies de désigner et de condamner le Mal ! Beaucoup préfèrent se taire ou évoquer le péché en termes vagues et indolores pour ne pas que le mal dans l'âme de certains fidèles qui ne veulent ni le voir ni s'en détacher ne les pousse à se venger (critiques violentes du prédicateur, médisances, lettres à l'évêque qui les prend d'ailleurs toujours pour argent-comptant sans vérification).

 

            L'acceptation de la Croix, l'esprit d'enfance, l'humilité, le courage pour dénoncer et combattre le Mal avec douceur et patience (mais avec clarté et fermeté comme l'a fait le Seigneur), sont des grâces surnaturelles qu'il faut demander dans la prière:

Vous n'obtenez rien parce que vous ne demandez pas; vous demandez, mais vous ne recevez rien; en effet, vos demandes sont mauvaises, car c'est avec l'intention de satisfaire vos passions (Jacques 4, 3).

C'est aussi, l'esprit du monde qui a envahi beaucoup d'esprits que l'apôtre n'a pas peur d'accuser d'adultères ! Adultères que vous êtes ! Ne savez-vous pas que l'amour pour le monde rend ennemi de Dieu ?

Quiconque veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. (v. 4 non retenu dans l'extrait)

  A nous d'aimer notre Seigneur Jésus-Christ plus que tout et de le défendre envers et contre tout !

 

                                                                                                      Abbé Christian LAFFARGUE.         

                                                                                                                                                       

(1) R.P. Pichon, s. j., lettre du 16 février 1891.                                                                                             (2) Saint Théophylacte, évêque d'Ohrid en Bulgarie (v. 1109). Cité par Magnificat de septembre, au dimanche 23 septembre, pp. 322-323.

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