"Seigneur, à qui irions-nous ?" (Jn 6, 68) - 21 ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 26 août* 2018 – 13ème année                                                       

21ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

* Saint Césaire d'Arles († 542)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Seigneur, à qui irions-nous ?

            (Jean 6, 68 – Evangile)

 

            Oui, à qui irions-nous, en effet ! Dans les bouleversements du monde et de l'Eglise, le Christ qui nous unit au Père, est toujours notre seul secours et... notre seul amour.

L'apôtre Pierre est tout aussi scandalisé en son humanité que les disciples qui entendent dire de Jésus qu'il faudrait "manger son corps et boire son sang pour avoir la vie éternelle" (Jn 6, 54-56, l'Evangile de dimanche dernier). Mais il crût, il affirma courageusement sa foi. Pourquoi ? Parce qu'il croyait que Jésus était le saint de Dieu (1) (v. 69). Jésus ne retenait pas plus les apôtres que les disciples qui s'en retournèrent et cessèrent de l'accompagner (v. 66), pas plus qu'Il ne nous retient car la Foi est un acte libre et souverain. Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle !

L'extrait de la messe d'aujourd'hui ne donne pas la suite et la fin du chapitre que voici. Moment douloureux, l'un d'eux va le trahir: Jésus répondit: n'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze?

Pourtant l'un de vous est un démon ! Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote; celui-ci, en effet, allait le livrer, l'un des Douze ! (vv. 70-71)

Si Pierre croit, c'est qu'il en a reçu le don, car la Foi est une grâce, que certains refusent. Les disciples et les apôtres, dont Judas, ont reçu ce don, mais certains d'entre eux l'ont refusée. C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien (v. 63). En Matthieu 16, lorsque Jésus demandera aux apôtres: Qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre prit la parole et dit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! Et Jésus lui dira: Heureux es-tu, Simon, fils de Jean, car ce n'est pas la chair et le sang (les seules forces de la nature humaine) qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est aux cieux (vv. 15-17). Et Il lui confie la primauté: Tu es Pierre, et sur cette pierre...., mon Eglise... et le "pouvoir des clés" (18-19).

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique, citant ce n'est pas la chair..., affirme: "Le foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par Lui. Pour avoir cette foi, l'homme a besoin de la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que des secours du Saint-Esprit..." (n° 153) (2)

 

S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir... demanda Josué (qui, succédant à Moïse, fit entrer le peuple d'Israël en Terre promise). Le peuple répondit: "Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux ! (...) Nous voulons servir le Seigneur, car c'est lui notre Dieu. (Jos 24; 15, 16, 18 – Ière lecture)

Plutôt mourir... Et nous ? Qui nous domine ? A qui rendons-nous un culte ? De qui sommes-nous esclaves ? De la pensée dominante ? Des biens matériels ? Des addictions ? (portable, internet...)

 

L'esprit de famille (cellule de base de la société) peut beaucoup nous aider. Le père et la mère, les enfants. "Le foyer". Quel beau nom ! Si tout le monde est dispersé, vivant de son côté "sa propre vie", cet éclatement sera suicidaire. Que le père assure pleinement sa paternité, que la mère assure pleinement sa maternité. Qu'ils vivent vraiment à l'image du nouvel Adam, le Christ; de la nouvelle Eve, la vierge Marie. La deuxième lecture (Ephésiens 5, 21-32) leur rappellera l'équilibre, l'unité que Dieu a voulue en les créant homme et femme, l'amour et le don mutuel que le Christ a vécu et enseigné...

 

   Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie. Tu as les paroles de la Vie éternelle.

   (Verset de l'Alleluia)                                                                                       

                                      

                                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) le saint de Dieu: "Celui qui a été éminemment sanctifié, consacré entre tous pour établir dans les âmes le royaume de Dieu, c'est-à-dire le Messie (comparer Jn 10, 36; Mc 1, 24; Lc 4, 34). La Vulgate et quelques manuscrits grecs écrivent: le Christ, Fils de Dieu (Mt 16, 16)." Note de la Bible Crampon, N.T., 2004.

(2) Le Catéchisme, au n°155, cite l'admirable définition de saint Thomas d'Aquin: Croire est un acte de l'intelligence adhérant à la vérité divine sous le commandement de la volonté mue par Dieu au moyen de la grâce. (Somme théol., 2a-2ae, 2, 9). On peut lire avec fruit tout le chap. III (nn. 153-165).

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