"N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu" (Eph 4, 30) - 19ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 12 août 2018 – 13ème année                                            

19ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

       

            N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu...

            (Ephésiens 4, 30 – IIème lecture)

 

  ...qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance (pour le jour de la rédemption traduit Crampon) poursuit saint Paul dans la suite de la semaine dernière (heureux lectionnaire actuel !).

Nous avons reçu ce sceau qui nous incorpore au Christ, au moins au baptême, puis à la confirmation, et, pour les prêtres: l'ordre; trois sacrements "à caractère". C'est le Christ d'abord que Dieu a marqué de son sceau (Jn 6, 27) et c'est en Lui que le Père nous marque aussi de son sceau.

Il est l'image indélébile de l'onction de l'Esprit Saint dans ces sacrements, dit le Catéchisme (on ne peut les réitérer, on est baptisé, confirmé, prêtre à vie et pour l'éternité heureuse ou malheureuse) (1)

Si nous sommes au Christ, nous devons Lui ressembler. Chaque fois que nous nous en éloignons, nous contristons l'Esprit, nous donnons "une mauvaise image" de notre foi, certes, mais, surtout, de Dieu Lui-même en Jésus-Christ.

Saint Paul énumère ce qui nous tente souvent: amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, toute espèce de méchanceté. Tout cela doit être éliminé de votre vie (v. 31).

Et il nous donne la marche à suivre: Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse (c'est plus qu'un minimum de respect, de politesse) (2). Pardonnez-vous les uns les autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ (v. 32). Le pardon, d'ailleurs, ce n'est pas dire (se dire plutôt): "Je pardonne", mais c'est le manifester, le vivre. Ce n'est pas faire peser sur celui qui nous a offensé un opprobre permanent, une attitude fâchée durable, une froideur entretenue, qui montre clairement, qu'en réalité, on n'a pas du tout pardonné. De bouche, peut-être, mais de cœur, non.

Dieu n'agit pas ainsi envers nous. Au pécheur repentant Il ouvre ses bras et son cœur, et oublie tout, même les pires offenses (cf la parabole du fils prodigue: Lc 15, 1-32) 

Le jugement sera sans miséricorde pour qui n'aura pas fait miséricorde; elle triomphe du jugement (Jc 2,13)

Se dépouiller de soi, de ses résistances, de ses duretés, de l'orgueil caché...

 

            Se livrer, pour se donner... Je suis la pain de vie (Jn 6, 47 – Evangile). C'est ce que nous avons vu dans "Les textes de la Messe" de dimanche dernier (Jn 6, 35). Ici, Jésus, le redit, insiste et insistera (v. 48). C'est la sainte Eucharistie qu'Il instituera le Jeudi-saint au cénacle avant d'être pris. Les premières paroles du Christ cloué sur la croix est la demande de pardon qu'il fait à son Père pour ses bourreaux (Cf Lc 23, 34). On ne peut pas communier au corps et au sang du Christ dans l'hostie si on n'a pas les mêmes sentiments que Celui qui est là, présent, et qui a tout pardonné (Cf Mt 5, 23-24); de même quand on prie (Cf Mc 11, 25-26).

 

            Concluons avec saint Paul: Oui, cherchez à imiter Dieu puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l'amour (de charité), comme le Christ nous a aimés et S'est livré lui-même pour nous, S'offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d'agréable odeur (Eph 5, 2).

L'agréable parfum de l'amour offert et partagé...

"Il n'y a pas d'amour heureux" a écrit Aragon (3). Mais si...!

 

                                                                                                          Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 698 avec la note 15.

(2) Même la politesse a disparu, et chez les catholiques en particulier. Par exemple, on ne salue pas les personnes en tant ce qu'elles sont: hommes, femmes, prêtres, religieux (ses); on a quelquefois un "bonjour !" lancé à la cantonade, sans regarder ni nommer les personnes. On ne répond pas au courrier ou aux courriels; on ne s'excuse pas, on se justifie plutôt, quand on daigne parler... Ne parlons pas des vœux de fin d'année, de fête ou d'anniversaire...                                                                                                               (3) Poème d'Aragon, janvier 1943.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article