"Celui qui mange ce pain vivra éternellement." (Jn 6, 51 et 58) - 20ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C.Laffargue

Bulletin dominical du 19 août* 2018 – 13ème année                                            

20ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

*St Jean Eudes

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            Celui qui mange ce pain vivra éternellement.

            (Jean 6, 51 et 58 – Evangile)

 

            Nous méditons la suite de l'Evangile des dimanches précédents, et Jésus insiste, on pourrait dire: crûment, sur le don qu'Il fait de Lui-même avant de quitter cette terre.

Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée (livrée) pour la vie du monde (v. 51). Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. (vv. 53-56)

On comprend la répulsion des Juifs et même la nôtre, en lisant ces affirmations. Pourtant, c'est La Vérité qui parle... Dimanche prochain nous verrons que dès lors, beaucoup de ses disciples le quittèrent et ne le suivirent plus (v. 66). Car le Christ avait confirmé que ses propos n'avaient pas un sens allégorique ou métaphorique, mais étaient à prendre de façon réaliste, concrète (on parle bien, dans l'Eucharistie, de présence réelle et substantielle, inlassablement réaffirmée par l'Eglise au fil des siècles et confessée par les saints). C'est tout simplement la Foi qui est réclamée par le Christ et la Foi ce n'est pas tout comprendre, ce n'est pas sentir ou ressentir, c'est assentir à des vérités qui peuvent "physiquement" nous révolter mais que nous croyons parce que c'est le Fils de Dieu qui les proclame.

Pour entrer dans cette Foi et la faire nôtre, il est nécessaire d'entrer dans le mystère du sacrifice, dont le sacrement, répétons-le, est le fruit. Ce pain qui devient le corps du Christ, ce vin qui devient le sang du Christ après la consécration à la Messe, proviennent du corps broyé par la flagellation et du sang répandu par la crucifixion le vendredi-saint jusqu'à la dernière goutte lorsque son cœur fut percé par la lance du soldat sur la Croix (Jn 19, 34).

 

Nous ne "comprenons pas", souvent, la communion eucharistique, parce que nous la détachons du mystère de la Croix et que nous n'offrons pas généreusement les souffrances de nos vies. Ou encore, parce que les divisions et les scissions, les affronts faits à ceux qui n'ont rien affaiblissent notre charité et l'amour que nous devrions avoir pour Celui qui S'est livré pour nous (cf 1 Co 11, 18-19).

Ou encore, parce que nous mangeons ce pain et buvons au calice du Seigneur indignement, nous rendant coupables envers le corps et le sang du Seigneur, mangeant et buvant alors notre propre jugement (vv. 27, 29).

   Si nous préférons le vin de l'inconduite (du libertinage traduit la Bible de Jérusalem) au lieu d'être remplis de l'Esprit Saint, nous vivons comme des fous mais pas comme des sages (Ephésiens 5; 18, 15 – IIème lecture). En mangeons son pain (le pain de la volonté de Dieu), en buvant son vin (les souffrances offertes en union avec celles du Christ), nous quitterons alors l'étourderie et nous vivrons en marchant droit dans la voie de l'intelligence (trad. B. de J., Proverbes 9, 5-6 – Ière lecture).

 

            Par cette eucharistie, Seigneur, vous nous avez unis davantage au Christ, et nous Vous supplions encore: accordez-nous de Lui ressembler sur la terre et de partager sa gloire dans le Ciel...

               (Prière après la communion)

 

                                                                                                               Abbé Christian LAFFARGUE.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article