Se convertir (Mc 6, 12) - 15ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 15 juillet 2018 – 13ème année                                         Mois du Précieux Sang  15ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Se convertir.

            (Marc 6, 12)

 

            Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir (se repentir traduisent d'autres bibles). Telle est la finale de l'Evangile de ce dimanche qui donne la mission des Douze. Jésus les envoie et leur donne pouvoir. C'est le première mission de leurs successeurs, Pape, évêques et prêtres: sauver les âmes. Tout le reste est secondaire et soumis à cette unique mission. Sinon, les activités apostoliques seront frappées de stérilité et d'inutilité. Livrant des pans entiers de baptisés à l'ignorance, à l'impiété, au péché et à la conquête de l'islam.

   Il les envoie deux par deux (v. 7, propre à saint Marc) car la mission n'est pas personnelle, attachée à tel apôtre qui s'attacherait des disciples, même au nom du Christ. C'est toujours dangereux, même si la personnalité de chacun est précieuse quand elle est mise au service du bien commun spirituel de tous. On n'agit pas en son propre nom mais au nom du Christ.

On est envoyé. Et les pouvoirs sacerdotaux (ici, contre les esprits impurs, les démons: v. 13) sont donnés en même temps que la prescription du dépouillement: ne prenez rien pour la route... Ni pain, ni sac, ni monnaie, ni même de tunique de rechange que possédaient les juifs aisés (vv. 8-9).

Pauvreté matérielle*, mais aussi dépouillement spirituel: notre mémoire, notre intelligence et notre volonté sont soumis à la volonté de Dieu (à son enseignement transmis et enrichi fidèlement par l'Eglise) et consacrés à la mission d'évangélisation. C'est aussi celle de tous les baptisés.

Mais si une maison ou une localité refuse d'accueillir les envoyés de Dieu, de les écouter, ils ne doivent pas hésiter à partir et à secouer même la poussière qui est sous leurs pieds (vv. 10-11).

 

   Au début de son épître aux chrétiens d'Ephèse, saint Paul expose "le plan divin du salut".

Le Christ a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d'avance espéré dans le Christ (Eph 1, 12). Comment réaliser ce grand rêve du Cœur de notre Dieu ? (1) demandait sainte Elisabeth de la Trinité.  La gloire de Dieu, c’est donc se consacrer à Lui comme une petite hostie de louange qui veut le glorifier, au Ciel, ou sur la terre dans la souffrance tant qu’il voudra… (2) "La louange, c’est une vie totalement offerte, unie au Sacrifice de Jésus." La sainte carmélite se confie à Marie pour être identifiée à Jésus : Cette Mère de grâce va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, “saisissante” de son premier-né, le Fils de l’Eternel, Celui-là qui fut la parfaite louange de la gloire de son Père. (3)

  L'Amour que Dieu a pour nous est d'une grande exigence et nous presse d'y répondre.

C'est Dieu qui nous a choisis dans le Christ pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui, nous ayant, dans son amour, prédestinés à être ses fils adoptifs par Jésus, le Christ (Eph 1, 4-5).

C'est Son sacrifice qui peut nous rendre "saints et irréprochables": En Lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes (la rémission de nos péchés), selon la richesse de sa grâce que Dieu a répandue abondamment sur nous en toute sagesse et intelligence (vv. 7-8).

Par la sanctification de nos âmes nous aiderons le monde à se relever afin que soient réunies (récapitulées, restaurées, renouvelées) toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre (10).

"C'est le Christ régénérant et regroupant sous son autorité, pour le ramener à Dieu, le monde créé que le péché avait corrompu et dissocié: le monde des hommes (...) et le monde des Anges." (4)

Il ne s'agit donc pas seulement de "faire son salut personnel" dans un monde soit idéalisé, soit rejeté, mais de restaurer toutes choses dans le Christ (la devise du Pape saint Pie X), d'avoir donc un rôle social dans l'organisation de la cité (le propre du politique, souvent dévié de son objet).

 

   Le Saint Esprit nous a été donné pour cela, non pour s'agiter, mais pour construire un monde nouveau restauré dans et par le Christ en vue de la rédemption à la louange de sa gloire.

 

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

*Pauvreté matérielle: Bien que l'ouvrier mérite sa nourriture (Mt 10, 10) et l'ouvrier mérite son salaire (Lc 10, 7) dans les textes parallèles. Cf aussi 1 Co 9, 13-14.

(1) Ste Elisabeth de la Trinité, "Le ciel dans la foi", 41 – (2) Lettre 271 – (3) Dernière Retraite 2.             (4) Note de la Bible de Jérusalem.

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