Les brebis sont sans berger (cf Mc 6, 34) - 16ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 22 juillet 2018 – 13ème année                                          Mois du Précieux Sang  16ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            Les brebis sont sans berger...

            (Cf Mc 6, 34 – Evangile)

 

            C'est le thème et la préoccupation des textes de cette messe: la foule est grande, affamée de vérité, de nourriture spirituelle, et personne n'est là pour la conduire, la nourrir, la désaltérer. C'est bien ce qui se passe aujourd'hui en Occident, à cause de la trahison des clercs (des pasteurs, des bergers), et dans bien d'autres régions du globe pour diverses raisons...

L'Evangile d'aujourd'hui est le début de la relation de la première multiplication des pains (qui sera relatée en saint Jean 6, 1-15 dimanche prochain). Elle s'arrête sur la réaction de Jésus devant une foule nombreuse. Il fut saisi de compassion, parce qu'ils étaient comme des brebis sans pasteur

(Mc 6, 34).

Saint Matthieu précise que les foules étaient harassées et prostrées. C'est là qu'Il ajoute que la moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux... (Mt 9, 36-37) En ajoutant: priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson (v. 38).

Entre parenthèses, on peut "prier", organiser des marches et des processions, si l'on traite les prêtres avec indifférence et mépris, si on ne les soutient pas dans le labeur, dans les combats qu'ils mènent contre les loups rapaces, on finira par achever les bons pasteurs et à faire fuir les vocations!

Jésus commence par les enseigner longuement (Mc 6, 34). Il leur parla du Royaume de Dieu

(Lc 9, 11).

Les foules, les brebis ont besoin d'être enseignées, d'être instruites, d'être formées. Pas de façon superficielle, vague, en noyant le fond par des méthodes "festives", "conviviales", toutes aussi démodées les unes que les autres. Les brebis ont besoin de nourriture solide et d'exigences.

A l'image du bon Pasteur, du seul vrai pasteur qui est le Christ. Je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance (Jn 10, 10). En abondance. Les âmes ont soif de la vraie vie et on leur donne des nourritures frelatées, sans consistance... On les laisse dans la chair, sans espérance et sans Dieu. Il a voulu créer en Lui un Homme nouveau (...) par la Croix

(Eph 2; 11, 12, 15, 16 – IIème lecture).

Pas de croix, pas de sacrifice: pas de salut.

 

Même les âmes qui sont loin de Dieu par l'ignorance et le péché, reconnaissent les pasteurs exigeants et les pasteurs complaisants. Ceux qui marchent devant elles et non ceux qui tournent en rond ou qui n'osent pas montrer le chemin de la Vie par crainte mondaine. Les brebis suivent les pasteurs dont elles reconnaissent la voix (Jn 10, 4 et verset de l'Alleluia) parce que, même sans Le connaître encore, elles reconnaissent la voix du Christ, du bon pasteur.

C'est là que se fait l'unité, dans la Foi, dans l'enseignement du Christ et de l'Eglise (à ne pas réduire à la Parole, entendue comme "la bible"), dans le Culte divin car lex orandi, lex credendi (la prière doit exprimer très exactement la foi). Le Christ a voulu réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix (Eph 2, 16).

 

            Le bon pasteur, notre guide et notre sauveur, frappe à notre porte, pour que nous L'écoutions, pour que nous Le suivions, pour que nous nous détournions des mauvais chemins.

Voici que je me tiens à la porte et je frappe, dit le Seigneur, si quelqu'un entend ma voix, s'il m'ouvre, j'entrerai chez lui, je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi

(Ap. 3, 20 – Prière avant la communion).

Entendons-nous sa voix ? Lui ouvrons-nous la porte de notre cœur ? L'accueillons-nous chez nous (où Il est chez lui !) ou Le laissons-nous à la porte ?

Le verset précédent (19) peu cité, dit ceci: Ceux que j'aime, je les semonce et les corrige (Pv 3, 12).

Allons ! Un peu d'ardeur, et repens-toi ! (Cf. 1 Co 11, 32 et le redoutable Hebreux 12, 4, jusqu'au v. 11).

 

            Sois favorable à tes fidèles, Seigneur, et multiplie les dons de ta grâce: entretiens en eux la foi, l'espérance et la charité, pour qu'ils soient attentifs à garder tes commandements. Par Jésus-Christ...

            (Collecte)

                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

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