"L'unité dans l'Esprit par le lien de la paix" (Eph 4, 3) - 17ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 29 juillet 2018 – 13ème année                                          Mois du Précieux Sang  17ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            L'unité dans l'Esprit par le lien de la paix.

            (Ephésiens 4, 3 – IIème lecture)

 

 

            Avec le très bel extrait de la lettre de saint Paul aux chrétiens d'Ephèse durant sa captivité à Rome vers l'an 62 (Cf le film "Paul, apôtre du Christ" d'A. Hyatt, mars 2018) débute la partie morale de l'épître, après sa partie dogmatique. Il exhorte ses destinataires à rester unis dans la foi, à avoir une conduite digne de la vocation à laquelle ils ont été appelés* (v. 1). Chacun des croyants, chacun des baptisés, a une vocation (a reçu un appel personnel): celle d'être de dignes disciples du Christ qui a dit à chacun de nous (quel que soit son état de vie): viens, suis-moi ! C'est un choix de vie qui nous engage tout entiers.

Saint Paul est précis: ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour (charité) (v. 2). Et c'est la présence de l'Esprit Saint dans l'âme, après y avoir chassé le péché, qui nous donne ces vertus, dont le lien de la paix qui est un "fruit de l'Esprit" avec la joie (Cf aux Galates 5, 22). Et ce lien se répand entre les baptisés et les âmes de bonne volonté par la communion des saints. Cette charité mutuelle puisée dans l'union au Christ est mue, développée, par l'Espérance (Eph 4, 4).

L'apôtre insiste sur l'unité. Il a parlé d'unité dans l'Esprit qui donne une seule espérance dans l'unique, le seul Corps du seul Seigneur, dans une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, par tous et en tous (vv. 5-6). Si après ces paroles divines (cf "Parole de Dieu" dit après la lecture), certains n'ont pas compris et pensent encore que "toutes les religions se valent", que "tout le monde est sauvé"...!

 

            L'Evangile relate la première multiplication des pains en saint Jean (Cf aussi Mt 14, 13; Mc 6, 32 et Lc 9, 10) qui précède de peu le fameux discours du Christ sur le pain de vie (Jn 6, 25-58).

C'est "l'apôtre bien-aimé" qui précise que la Pâque, la fête des Juifs, était proche (v. 4). Jésus accomplit ce miracle de la multiplication des pains (cinq pour cinq mille personnes sans compter femmes et enfants: Mt 14, 21) comme un signe de la Pâque nouvelle. C'est la préfiguration de la sainte Eucharistie.

Jésus ne veut pas renvoyer la foule qui l'a suivi et qu'il a enseigné longuement, d'autant qu'ils étaient comme des brebis sans berger (Mc 6, 34; cf Bulletin de dimanche dernier).

Non seulement, il est soucieux de nourrir leur corps, mais il veut les préparer à la nourriture de leur âme lorsqu'Il sera mort et ressuscité (C'est moi qui suis le pain de vie dira-t-il bientôt: Jn 6,35; l'Evangile de dimanche prochain).

Les évangiles synoptiques précisent qu'avant de bénir les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, dit la bénédiction, rompit les pains... (Mt 14, 19; Mc 6, 41 et Lc 9, 16). Jésus se réfère toujours à son Père dont Il est l'envoyé; on le remarque au début de sa prière sacerdotale, le jeudi-saint (Jn 17), les mêmes gestes que feront les prêtres en nom et place du Christ à l'autel avant de consacrer le pain et le vin pour qu'ils deviennent la nourriture et la boisson des âmes affamées...

            Les foules, émerveillées par le miracle qu'Il venait de faire, voulurent l'enlever pour le faire roi, mais Lui se retira de nouveau dans la montagne, tout seul (Jn 6, 14-15). Il n'est pas venu pour régner sur la terre (Mon royaume n'est pas de ce monde dira-t-il à Pilate: Jn 18, 36), mais sur les cœurs, les familles, les sociétés par l'amour de Dieu avant tout, celui du prochain quel qu'il soit et le pardon des offenses.

Ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour (charité); ayez soin de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix (Ephésiens 4, 3).

 

                                                                                                             Abbé Christian LAFFARGUE.

 

* Verset 1: digne de votre vocation écrit simplement la traduction liturgique.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article