"Je suis le pain de vie" (Jean 6, 35) - 18ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 5 août 2018 – 13ème année                                              

18ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Je suis le pain de vie.

            (Jean 6, 35)

 

            L'Evangile de la première multiplication des pains en saint Jean (6, 1-15) que nous avons médité dimanche dernier annonçait le pain, la nourriture, de l'âme: la pain de vie. Jésus, avec bonté et insistance, conduit ses auditeurs, ses disciples et ses apôtres, à passer de la subsistance corporelle – qu'Il ne néglige pas comme on le voit – à la nourriture spirituelle, substantielle. Comme Il fera passer la Samaritaine – avec quelle délicatesse ! - de l'eau du puits à l'eau vive (Jn 4).

Avec la leçon: Celui qui vient à moi n'aura jamais faim; celui qui croit en moi n'aura jamais soif (6, 35).

Jésus insiste sur la Foi. Non pas en lui en tant que prophète et thaumaturge qui a miraculeuse- ment multiplié les pains et les poissons, en réclamant d'autres signes, d'autres miracles: Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions voir celui que Dieu a envoyé et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? (v. 30), mais en tant que Messie: Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel (v. 32).

A l'Offertoire de la messe (appelé aujourd'hui "préparation des dons"), ce n'est pas tant "le pain fruit de la terre et du travail des hommes", "le vin fruit de la vigne et du travail des hommes" qu'il faut voir, mais "le pain venu du ciel": le corps du Christ.

Nous devons avoir faim et soif (et "travailler" pour cela) d'une nourriture et d'une boisson qui demeure jusque dans la vie éternelle et que le Fils de l'homme vous donnera. Car c'est lui que Dieu, le Père, a marque de son sceau (v. 27).

Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde (v. 33). Alors, la foule fut touchée, comme toutes les âmes de bonne volonté qui se laissent éclairer et réchauffer par la grâce: Ils lui dirent alors: Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là ! C'est alors que Jésus se révèle:

Moi, je suis le pain de vie (vv. 34-35). Non qu'ils comprennent ce mystère, mais ils le croient.

 

            L'obstacle à cette foi et aux autres mystères (ou dogmes de foi), c'est le péché. C'est ce qu'explique saint Paul aux chrétiens d'Ephèse: Vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par la vanité (le néant) de leur pensée (Eph 4, 17- IIème lecture).

D'abord les péchés de l'esprit: l'orgueil qui obscurcit l'intelligence, rendent étrangers à la vie de Dieu, entraînent l'ignorance et l'endurcissement de leur cœur. Puis, les péchés de la chair: Ayant perdu tout sens moral, ils se sont livrés à la débauche au point de s'adonner sans retenue à toute sorte d'impureté (versets 18 et 19, curieusement supprimés dans l'épître de ce dimanche).

Il s'agit de rompre avec votre conduite d'autrefois, du vieil homme corrompu par les convoitises qui l'entraînent dans l'erreur, de se laisser renouveler, de revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. (vv. 22-24)

 

            On peut aussi se dégoûter des nourritures... célestes. Et être à nouveau attiré par les terrestres. Comme les juifs du peuple élu qui regrettèrent... les marmites de viande d'Egypte ! (Exode 16, 3 – Ière lecture). Ils en vinrent à préférer l'esclavage d'un pays païen et idolâtre à la terre promise, parce qu'il fallait, avant de l'atteindre, la mériter et souffrir un peu. Comme aujourd'hui et comme toujours. Nos contemporains des pays occidentaux qui furent chrétiens – et ceux qui les imitent de par le monde – préfèrent l'esclavage des plaisirs et des jouissances matérielles et impures plutôt que la liberté heureuse des enfants de Dieu (Cf Romains 8, 20-22) acquise par l'obéissance aux commandements de Dieu et de l'Eglise. Ils préfèreront demain un esclavage religieux si un nouveau pouvoir leur assure (faussement) qu'ils pourront garder certains de leurs travers (cf Soumission, le roman de Houellebecq, 2015).

A nous, souvent, de choisir.

            L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

            (Mt 4, 4 – Dt 8, 3 et Sg 16, 26 – Verset de l'Alleluia)

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

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