"L'homme intérieur se renouvelle en nous tous les jours" (2 Co 4, 16) - 10ème dimanche du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 10 juin 2018 (B) – 13ème année                                             Mois du Sacré-Coeur

10ème dimanche du Temps de l'Année liturgique. Vert.

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            L'homme intérieur se renouvelle en nous de jour en jour...

            (2ème épître aux Corinthiens 4,16; deuxième lecture)

 

            Même si en nous l'homme extérieur va à sa ruine, l'homme intérieur... C'est pourquoi, ne perdons pas courage écrit saint Paul. C'est une mort lente, inexorable, que nous devons accepter et offrir, pour ressusciter dans la grâce. Mort physique, par telle ou telle maladie ou handicap à tout âge, lente mort de la vieillesse, mais aussi mort à soi-même quand on subit l'injustice, le délaissement, l'oubli, dans une société actuelle qui va aux antipodes de tout ce à quoi nous sommes attachés.

 

            Après les grandes solennités de mai (Ascension, Pentecôte, Trinité) et de début juin (Saint-Sacrement, Sacré-Cœur de Jésus), nous voilà revenus aux dimanches dits improprement "ordinaires". C'est "après la Pentecôte" qu'il faudrait dire (comme continuent de le dire les communautés qui ont gardé les anciennes traditions).

            L'Eglise, en ce dimanche, a choisi le récit de la chute, du premier péché, de la première révolte et désobéissance à une interdiction formelle du Créateur, celle de "ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal" avec la punition encourue: la mort (Genèse 2, 16-17). C'est le péché originel, qui est une vérité essentielle de la foi (cf Catéchisme, nn. 388-389).

Eve, d'abord, puis Adam à sa suite. Le serpent m'a trompée, et j'ai mangé (Gn 3, 13 – Ière lecture).

Nous sommes nés, à la suite de nos premiers parents, avec cette propension au mal et au péché.

Alors, les hommes ont crié vers le Seigneur: Des profondeurs – où nous ont mis nos fautes – je crie vers Toi, Seigneur; Seigneur, écoute mon appel ! Que Ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! (Ps. 129: le De profundis).

 

La prise de conscience de nos péchés personnels qui nous entraînent dans les profondeurs est essentielle à notre relèvement par la miséricorde de Dieu. Et, surtout, l'acceptation des souffrances subies comme "peines dues au péché", nos péchés mais aussi ceux des autres pour les sauver. Accepter et offrir. Par la grâce de l'Agneau immolé, mort et ressuscité, pour que nous mourions et ressuscitions. Alors, la perspective change et c'est cela l'Espérance: Car notre détresse du moment présent est légère par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu'elle produit pour nous (2 Cor 4, 17). Aux chrétiens de Rome, saint Paul écrira de même: Car j'estime que les souffrances du temps présent sont sans commune mesure avec la gloire future qui va être manifestée pour nous (Rm 8, 18).

   Nous cherchons, nous attendons Dieu là où Il n'est pas: dans des signes, des preuves, des réponses à nos légitimes demandes ou prières. Il est là, présent en nous et nous pouvons Le découvrir et L'entendre lorsque nous nous serons "dépossédés de nous-mêmes", lorsque nous aurons renoncé à notre volonté propre, même aux meilleurs desseins, aux plus nobles entreprises, lorsque nous Lui laisserons la place et la possibilité de vivre et d'aimer en nous.

Ne nous attachons pas à ce qui se voit et qui est provisoire, mais à ce qui ne se voit pas et qui est éternel.

Même si notre corps, qui est notre demeure sur la terre, est détruit – et il faut déjà l'accepter – nous avons dans le ciel une demeure éternelle... (2 Cor 5, 1)

            Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors, dit le Seigneur; et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes (Jn 12, 31-32 – verset de l'Alleluia).

Dans sa croix et dans son Cœur...

Sans oublier que Celui qui fait la volonté de Dieu (de mon Père, précise St Matthieu 12, 50), celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère (Mc 3, 35 – finale de l'Evangile)

            Dieu est amour: celui qui demeure dans l'amour – et qui a pardonné et demandé pardon – demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui (1 Jn 4, 16 – prière avant la communion).

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

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