Fête du Saint-Sacrement: "Je suis le pain vivant descendu du Ciel" (Jn 6, 52)-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 3 juin 2018 (B) – 13ème année                                            Mois du Sacré-Coeur

Fête du SAINT-SACREMENT ou "Fête-Dieu"

solennité (blanc ou doré).

 

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Je suis le pain vivant descendu du Ciel

            (Jean 6, 52 – verset de l'Alleluia)

 

 

            Après la fête de la Pentecôte et celle de la Sainte Trinité, l'Eglise célèbre aujourd'hui (1) la fête du corps et du sang du Christ ou Fête-Dieu. Elle fut demandée par N.-S. Jésus-Christ en 1208, dans une vision, à Sainte Julienne du Mont-Cornillon (Belgique), moniale cistercienne, et étendue au monde entier par le Pape Urbain IV en 1264. Elle évoque le souvenir du 12ème Concile œcuménique du Latran, à Rome, où fut précisée la foi de l'Eglise dans la présence réelle et substantielle du Christ (corps, sang, âme et divinité) sous les espèces ou apparences du pain et du vin (Cf. C.E.C. nn. 1373-1381).

Cette Messe a été composée par saint Thomas d'Aquin à la demande du même Pape, dont l'admirable Séquence Lauda Sion, est d'une grande richesse théologique. En particulier sur la réalité de la présence du Christ dans chaque parcelle de l'hostie - que le préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Sarah, a récemment rappelé avec force et douleur à propos de la néfaste communion dans la main (Cf. Bulletins des 22 et 29 avril 2018):

Le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces; souviens-toi qu'il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout - et sur les conditions pour recevoir l'hostie consacrée: Bons et mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort. Mort des pécheurs, vie pour les justes; vois: ils prennent pareillement; quel résultat différent !

On se rappelle l'avertissement de l'apôtre saint Paul: Celui qui aura mangé le pain ou bu à la coupe du Seigneur d'une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur... Il mangera et boira alors son propre jugement (1Co 11, 27-29 après avoir relaté l'institution de l'Eucharistie et du sacerdoce par J.-C.)

C'est un devoir grave pour les prêtres et les catéchistes de rappeler ces vérités, surtout aujourd'hui.

   L'Eglise avait insisté, au seuil du troisième millénaire, pour que la nouvelle évangélisation implique de retrouver et de renforcer certaines pratiques pastorales qui manifestent la foi en la présence réelle du Seigneur sous les espèces eucharistiques (…) Une façon simple et efficace de faire une catéchèse eucharistique est le soin matériel de tout ce qui se réfère à l'église et, en particulier, à l'autel et au tabernacle: propreté et noblesse, dignité des ornements et des vases sacrés, pratique fidèle de la génuflexion, etc… (2)

   Au sujet de la communion eucharistique, le document de la congrégation du Clergé demande aux prêtres d'insister, sans jamais se lasser et sans crainte, sur l'obligation de suivre le précepte dominical (3) et sur le grave devoir de recevoir le Corps du Christ selon les conditions spirituelles et corporelles requises, et donc de commencer par la confession sacramentelle individuelle… (Cf. CEC, 1385)

            A ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne... (Lauda Sion). L'épître aux Hébreux (2ème lecture) le précisait: Le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir (...) Il est entré dans le sanctuaire en répandant, non pas le sang de boucs et de taureaux (la Pâque ancienne, les sacrifices de la Loi de Moïse, cf Ex 24 de la première lecture), mais son propre sang... qui fait bien davantage, car le Christ, poussé par l'Esprit éternel, s'est offert Lui-même à Dieu comme une victime sans tache; son sang purifiera notre conscience des actes qui mènent à la mort... (He 9; 11-12, 14)

 

            Avec la dévotion de la sainte Eucharistie dont saint Marc relate l'institution, le Jeudi-saint, dans l'Evangile d'aujourd'hui (14, 22-24), il faut joindre celle du souverain et éternel Prêtre qui se continue dans ses prêtres: C'est Lui, le prêtre éternel et vrai, qui apprit à ses disciples comment perpétuer son sacrifice; Il s'est offert à Toi (Dieu le Père) en victime pour notre salut; Il nous a prescrit d'accomplir après Lui cette offrande pour célébrer son mémorial...(2ème Préface)

 

 

Laissons au Pape saint JEAN-PAUL II le soin de conclure :

     "La Très sainte Vierge Marie, associée au Rédempteur, nous aide à pénétrer ce mystère, tant il est vrai que lorsque nous célébrons la Sainte Messe, la Mère du Fils de Dieu se tient au milieu de nous et elle nous introduit dans le mystère de son offrande de rédemption. De cette manière, elle devient médiatrice des grâces qui découlent de cette offrande en faveur de l'Eglise et de tous les fidèles. En effet, Marie a été associée d'une manière unique au sacrifice sacerdotal du Christ, partageant sa volonté de sauver le monde par la Croix. Elle a été la première et la plus parfaite participante spirituelle de son oblation de sacerdos et hostia..." (3)

 

                       Toi qui sais tout et qui peut tout, Toi qui sur terre nous nourris,

Conduis-nous au banquet du Ciel et donne-nous ton héritage,

En compagnie des saints.

                          Amen, alleluia.

                       (Lauda Sion, dernière strophe)

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

 

 

(1) Le jeudi qui suit la fête de la Sainte Trinité (reporté au dimanche suivant dans les pays où le jour n'est pas chômé), comme pour la fête de l'Epiphanie, le 6 janvier.

(2) "Le prêtre maître de la Parole, ministre des sacrements", Congrégation pour le Clergé, 19 mars 1999, n°2.

(3) Saint Jean-Paul II, Lettre apostolique Dies Domini du 31 mai 1998, n°46, sur l'obligation grave de l'assistance à la Messe dominicale (et des fêtes d'obligation: Nativité, Ascension, Assomption, Toussaint...)

(4) "Le prêtre, pasteur et guide de la communauté paroissiale", Congrég. pour le Clergé, 4 août 2002, n°13.

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