Dimanche 1er juillet: 13ème du T.A.-B et fête du Précieux Sang (forme extraordinaire)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 1er juillet* 2018 – 13ème année                                                      

13ème dimanche du temps de l'Année liturgique (B)

* Fête du Précieux sang (cf note)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Devenir des fils de lumière.

            (Cf Collecte)

 

            Le texte intégral de la belle collecte (1) de la messe de ce dimanche est le suivant: Tu as voulu, Seigneur, qu'en recevant ta grâce nous devenions des fils de lumière; ne permets pas que l'erreur nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d'être toujours rayonnants de ta vérité. Par J.-C....

            La mort, qui est un mal, n'était pas voulu par le Créateur – comme la souffrance –, est entrée dans le monde par la désobéissance de nos premiers parents et nous plonge dans la nuit. Le péché est – alors - entré dans le monde, et par le péché, la mort (Romains 5, 12). Mais Dieu ne nous a pas abandonné au pouvoir de la mort (2) en envoyant son Fils qui a vaincu la mort en S'offrant en sacrifice sur la Croix, pour qu'en union avec Lui, nous entrions dans la Vie éternelle.

Dieu n'a pas fait la mort et ne se réjouit pas de voir mourir les vivants... Ce qui naît dans le monde est porteur de vie écrit le Livre de la Sagesse à l'approche de la venue du Christ (1, 13-14Ière lect.).

Ce sont les hommes qui s'y précipitent (cf. "les comportements à risques" admirés par les médias):

Les impies ont invité la Mort, du geste et de la voix; la tenant pour amie, pour elle ils se consument; ils ont fait un pacte avec elle: ils méritent bien de lui appartenir (v. 16, occulté dans l'extrait de cette lecture).

Or, Dieu a créé l'homme pour l'incorruptibilité, Il a fait de lui une image de sa propre éternité. C'est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde; ils en font l'expérience, ceux qui prennent parti pour lui (vv. 23-24 – Cf "la culture de mort", St Jean-Paul II, Evangelium vitae, n°64 sur l'euthanasie)

 

            Le Christ manifeste qu'Il a pouvoir sur la mort en ressuscitant les morts, dont la fille du chef de synagogue Jaïre (Evangile en S. Marc 5): Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive (v. 23). Jésus réclame toujours la foi: foi en sa divinité de messie, de fils de Dieu. Comme elle était morte avant l'arrivée de Jésus, il dit à Jaïre

Ne crains pas, crois seulement (v. 36). Après avoir mis tout le monde dehors, ne restant qu'avec ses parents et Pierre, Jacques et Jean qu'Il avait autorisés à l'accompagner (v. 40), Il saisit la main de l'enfant et lui dit: Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! Aussitôt, elle se leva et se mit à marcher (vv. 41-42).

Quant à la femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans (v. 25) et qui s'était ruinée en médecins sans avoir la moindre amélioration, au contraire...(v. 26), elle ne réclama pas d'entrevue, de dialogue, "d'échanges", mais avait seulement l'ambition de toucher son vêtement pour être sauvée.

Cela suffit pour la guérir lorsqu'elle l'eût fait (vv. 28-29). Ma fille, ta foi t'a sauvée; va en paix et sois guérie... (v. 34). Son attitude montre qu'elle a beaucoup d'humilité, sans laquelle la foi ne compte pas beaucoup...

 

            Cette foi, nous l'avons reçue en abondance, avec la Parole (de Dieu ? Les Bibles de Jérusalem et de Crampon traduisent par l'éloquence, qui est la faculté de bien exprimer ses convictions, ici: la foi), la connaissance de Dieu, la charité... Notre-Seigneur Jésus-Christ étant généreux dans ses dons (2 Cor 8; 7, 9 – IIème lecture). Foi et charité qui nous rendront à notre tour généreux pour nos frères (il s'agit ici d'une quête que saint Paul fait pour les chrétiens pauvres de Jérusalem. Cf Rm 15, 26 et 1 Co 16, 1). La Foi donne la lumière non seulement sur Dieu qui est son objet, mais par la grâce, sur ce que nous devons penser et faire, afin que l'erreur – de jugement en particulier – ne nous plonge pas dans la nuit (cf Collecte).

            Que le corps et le sang de Jésus-Christ, offert en sacrifice et reçu en communion, nous donne la vie, Seigneur; reliés à Vous par une charité qui ne passera jamais, nous porterons des fruits qui demeurent...

            (Prière après la communion)        

                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) Collecte: "Du latin colligere: recueillir, réunir, parce que les supplications de l'Eglise et des fidèles sont, pour ainsi dire, réunies par le prêtre et présentées toutes ensemble à Dieu."

     P. de Cochem, frère mineur capucin, Explication du saint Sacrifice de la Messe, chap. 31, § 1.

(2) Cf Catéchisme de l'Eglise Catholique (C.E.C.), nn. 402-412.

 

* 1er juillet: fête du "Précieux sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ" pour ceux qui suivent le calendrier liturgique attaché à la forme extraordinaire du rite romain. Elle supplante le dimanche (6ème après la Pentecôte) et c'est une fête "de 1ère classe". Ornements rouges.

Voilà ce qu'écrit le missel quotidien et vespéral de Dom Gaspar Lefebvre (édition de 1942):

   "La liturgie, ce résumé admirable de l'histoire de l'Eglise, nous rappelle chaque année la victoire des armées françaises (envoyées par Napoléon III. Ndlr) et pontificales sur la Révolution de 1849 qui avait chassé le pape (Pie IX) de Rome. Pour perpétuer le souvenir de son retour dans la Ville éternelle et pour affirmer sa conviction qu'il le devait aux mérites du Sauveur, Pie IX, jusque-là réfugié à Gaëte, institua en 1849 la fête du Précieux Sang. En 1934, le pape Pie XI, pour commémorer le 1900ème anniversaire de la mort du Sauveur, éleva cette fête au rang de double de 1ère classe. La liturgie rappelle toutes les circonstances où Jésus versa son Sang (l'Office des matines parle du sang que Jésus répandit à la circoncision, au jardin des oliviers, à la flagellation, au couronnement d'épines et sur la croix). C'est le Cœur de Jésus qui a fait circuler ce sang adorable dans les membres du Sauveur. Comme en la fête du Sacré-Cœur, l'Evangile nous fait assister au coup de lance qui transperça le côté du divin crucifié et en fit couler du sang et de l'eau; c'est l'union des deux témoignages que l'Esprit-Saint rendit au Messie, lors de son baptême dans l'eau du Jourdain et lors de son baptême dans le sang sur la croix (Graduel).

Entourons de nos hommages le Sang précieux de notre Rédempteur, que le prêtre offre à Dieu à l'autel."

Cf aussi la présentation de la fête dans le Missel quotidien "du Barroux" (2013) au 1er juillet.

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