Demeurer dans l'amour de Dieu (1 Jn 4, 16) - 7ème dimanche de Pâques (B)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 13 mai* 2018 (B) – 13ème année                                            Mois de Marie

7ème dimanche de Pâques.  

Temps pascal (blanc)

* Notre-Dame de Fatima

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            Demeurer dans l'amour de Dieu.

            (1 Jean 4, 16 – IIème lecture)

 

            Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en Lui et Lui en nous: Il nous a donné part à son Esprit (v. 13). Cet Esprit qu'Il a promis à ses apôtres (cf la première lecture de la Messe de l'Ascension) et que nous nous préparons à renouveler dans nos âmes à la Pentecôte dimanche prochain. L'apôtre bien-aimé avait "tout dit" dans son Evangile: Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés: demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour... (Jn 15, 9-10) Et le commandement nouveau, c'est l'amour du prochain: comme je vous ai aimés (v. 12 et 13, 34 après l'annonce de la trahison de Judas). Mais comme personne n'a jamais vu Dieu, c'est dans l'amour du prochain que nous Le retrouvons, et alors, son amour atteint la perfection. Nous ne pouvons pas y couper, trouver un subterfuge, prétendre aimer Dieu, qu'on ne voit pas (et qu'on fera facilement à son image, dont on arrangera la présence et ses exigences à sa manière), et repousser son prochain qui ne nous convient pas. A la fin du chapitre, saint Jean insiste: Si quelqu'un dit: "J'aime Dieu" et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur...       (vv. 20-21).

   La Foi, bien-sûr, est le fondement de l'amour de charité: Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde (v. 14). Cette foi s'accompagne du témoignage (si nous aimons, nous l'exprimons): Celui qui proclame (qui confesse) que Jésus est le Fils de Dieu, alors, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu (v. 15).En témoigner, à temps et à contretemps (2Tm 4,2)

   On rencontre beaucoup de fidèles (et de prêtres) qui ont cette foi et qui sont fidèles aux commandements de Dieu (ce qui est très méritoire aujourd'hui), à la Loi, mais qui n'aiment pas ou qui aiment peu, d'autant qu'ils se protègent de tout ce qui pourrait troubler un certain équilibre de vie (quelquefois un confort) venant du prochain. Ne prenons pas le risque d'aimer.

   Alors que c'est dans l'amour du prochain, qui inclut d'aimer ceux qui nous font ou nous ont fait du mal (cf. Mt 5, 43-48...), que nous saurons que notre cœur est envahi, inondé d'amour.

C'est alors la preuve irréfutable que cet amour est celui de Dieu car nous sommes bien incapables, par nous-mêmes, d'aimer de cette façon !

   Dieu est amour; et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui (1 Jn 4, 16).

 

            Judas, l'apôtre, n'a pas aimé. Il y a longtemps qu'il s'était détourné de l'amour du Christ qui l'avait pourtant appelé, dans l'intimité duquel il avait vécu pendant les trois ans de la vie publique de Jésus en Palestine, avec Marie sa mère, avec les autres apôtres dont le bien-aimé saint Jean. Que d'amour ! Quel amour ! Pourtant, il volait. Il volait dans la bourse commune (Jn 12, 6). Et il trahit, pour de l'argent (Mt 26, 14-16), celui qui lui avait tout donné et qui allait jusqu'à livrer sa vie en sacrifice pour le sauver. L'argent, les biens matériels, durcissent le cœur. Judas a déserté la place qui était la sienne pour aller à celle qui maintenant lui revient (Actes 1, 25 – Ière lecture). Lui qui n'aimait plus a refusé le pardon de celui qu'il avait livré, il a refusé d'aimer, de pleurer son péché (comme Pierre l'a fait: Jn 18, 75), et il alla se pendre (Mt 27, 5).*

 

            Nous sommes envoyés dans le monde, bien que nous n'appartenons pas au monde, comme Jésus, qui prie son Père de nous garder du Mauvais, afin de vivre et de témoigner de la plénitude de la joie du Christ dont nous sommes comblés ! (Jean 17, 13-14 – Evangile)

 

                                                                                                             Abbé Christian LAFFARGUE.

* Judas: Malheur à cet homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux aurait valu pour lui qu'il ne fut jamais né ! (Mt 26, 24 – Jésus, le Jeudi-saint, lorsqu'il annonce la trahison de Judas, avant l'institution de la sainte Eucharistie) Aucun ne s'est perdu, sauf le fils de perdition (sauf celui qui s'en va à sa perte dans la traduction liturgique): Jn 17, 12 – Evangile.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article