L'amour vient de Dieu (1 Jn 4, 7) - 6ème dimanche de Pâques-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 6 mai 2018 (B) – 13ème année                                    Mois de Marie

6ème dimanche de Pâques.  Temps pascal (blanc)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            L'amour vient de Dieu.

            (1 Jean 4, 7 – IIème lecture)

 

            Le commandement aimons-nous les uns les autres (le commandement nouveau de Jean 13, 34) n'est possible que si cet amour est authentique, reçu de Dieu (la vertu théologale de charité donnée au baptême), surtout quand il s'agit d'aimer ses ennemis, de faire du bien à ceux qui nous haïssent, de prier pour ceux qui nous font du mal et qui nous persécutent (Mt 5, 44 et //). Ainsi, dans l'âme "en état de grâce" (explique-t-on encore aux enfants ce qu'est l'état de grâce ?), lorsque le sarment n'est pas coupé du cep qui lui donne la sève (Cf l'évangile de dimanche dernier: Jn 15), c'est Dieu qui aime, qui pardonne, qui bénit en nous. Car, par nos propres forces nous en sommes bien incapables !

   Nous sommes nés de et dans l'amour de Dieu. Cet amour qui nous donne la connaissance de Dieu, des autres et du monde car il illumine notre intelligence (Cf 1 Jn 4, 7-8) et nous donne la sagesse.

Saint Jean peut ainsi écrire que ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés. Et Il l'a prouvé: Il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés (v. 10). Avec le verset suivant (non donné dans l'extrait): Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres (v. 11). Il n'y a pas d'amour sans sacrifice qui, ainsi, l'authentifie: Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime (Jn 15, 13 – Evangile). L'amour des époux, l'amour de ses enfants, l'amour de l'Eglise, l'amour de la patrie. (Cf le sacrifice du colonel Beltrame, le 23 mars 2018, assassiné par un islamiste pour s'être substitué à une otage).

 

   Jésus Lui-même insiste: Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements (Il insiste toujours sur l'observance des commandements comme nous l'avons vu ces derniers dimanches), vous demeurerez dans mon amour. Il est Lui-même dans cette obéissance: comme moi, j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour (Jn 15, 9-10, Evangile: la parabole de la vigne, suite de l'Evangile de dimanche dernier). Il faut choisir de quel amour nous voulons vivre. Dans la suite de l'extrait de l'évangile de ce dernier dimanche avant l'Ascension, le Christ dit: Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait (il aimerait ce qui est à lui), mais parce que vous n'êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait (v. 19).

Oui, il faut choisir entre deux amours: "Deux amours ont fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu a fait la cité terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi a fait la cité de Dieu" (Saint Augustin) (Cf aussi les deux étendards dans les Exercices spirituels de St Ignace, II ème semaine).

 

Il y a un signe qui ne trompe pas et qui est un fruit de l'Esprit (cf Galates 5, 22), c'est la joie (cf Bulletin de Pâques: "La joie pascale"): Je vous ai dit cela pour que ma joie – la joie de la présence de Dieu en nous et non celle du monde: fragile, souvent factice, "impure" – soit en vous et que votre joie soit parfaite (Jn 15, 11). L'Introït introduisait cette messe: Avec des cris de joie, répandez la nouvelle, portez-la jusqu'au bout du monde: le Seigneur a libéré son peuple, alleluia (Isaïe 48, 20).

Cet Esprit c'est l'amour de Dieu, de la sainte Trinité, dont nous nous signons à chaque "signe de croix" (et les orientaux embrassent les trois doigts joints). Ce don de l'Esprit est aussi donné au baptême à celui qui craint Dieu et qui pratique la justice (Actes 10, 35 – Ière lecture), quel qu'il soit, car Dieu est impartial (ne fait acception de personne*).

 

            Dieu tout-puissant, dans la résurrection du Christ, vous nous recréez pour la vie éternelle; multipliez en nous les fruits du sacrement pascal: faites-nous prendre des forces neuves à cette nourriture qui apporte le salut; par Jésus, le Christ, notre Seigneur. (Prière après la Communion)

 

                                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

 

* Dieu ne fait acception de personne: cf note du Nouveau Testament de Crampon, rév. 2004.

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