Guérison d'un lépreux (Mc 1, 40-45) - 6ème dimanche du T. A.-B)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 11 février 2018, 13ème année.                                            

6ème dimanche du Temps liturgique (B). Notre-Dame de Lourdes.

- Mercredi prochain: Mercredi des cendres: début du Carême (Jeûne et abstinence. Cf rubrique liturgie)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            Guérison d'un lépreux.

            (Mc 1, 40-45 – Evangile)                   

 

 

            La guérison d'un lépreux est rapportée par les évangiles synoptiques (qu'on peut lire en parallèle: Mt 8, 2-4 et Lc 5, 12-16) qui, en Saint Matthieu, est le premier des dix miracles que Jésus fera au début de sa vie publique comme faisant partie de "la prédication du Royaume des cieux" (cf. le 3ème mystère lumineux du Rosaire).

Dans les trois récits, le lépreux se prosterne devant Jésus: Tombant à genoux, il lui dit: Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir (Mt 8, 2). Il reconnaît que Jésus a ce pouvoir. C'est une manifestation de foi. Saisi de compassion précise Saint Marc, Jésus étendit la main et le toucha (1, 41). Les trois évangélistes relèvent ce détail concret. Le Christ ne reste pas en retrait, loin des pauvres, des malades, des pécheurs, Il vient à eux et les touche physiquement, sans avoir peur, ici, de la contagion, de l'état purulent des plaies… Je le veux, sois guéri.

La Bible de Jérusalem (éd. de 1956, note d de Mt 8, 3; p. 1298) écrit: "Par ses miracles, Jésus manifeste son pouvoir sur la nature (8, 23-27; 14, 22-33), particulièrement sur la maladie (8; 1-4, 5 – 13, 14-15 – 9, 1-8; etc.), sur la mort (Mt 9, 23-26…) et sur les démons (Mt 8, 29). Différents, par leur simplicité, des prodiges merveilleux de l'hellénisme et du judaïsme rabbinique, les miracles de Jésus s'en distinguent surtout par leur signification spirituelle et symbolique: ils annoncent les châtiments (Mt 21, 18-22) et les dons de l'ère messianique (Mt 11, 5; 14, 13-21; etc.). Ils inaugurent le triomphe de l'Esprit sur l'empire de Satan (8, 29) et les forces du Mal: péchés (9, 2) et maladies (8, 17). Accomplis parfois par pitié (20, 34; etc.), ils sont destinés surtout à confirmer la foi (8, 10; etc.). Aussi, Jésus ne les opère-t-il qu'à bon escient, réclamant le secret pour ceux qu'il guérit (Mc 1, 34; etc.) et se réservant de fournir plus tard le miracle décisif de sa propre résurrection (12, 39-40). Ce pouvoir de guérison, Jésus l'a communiqué à ses apôtres en les envoyant prêcher le Royaume (10,1-8) (...)"

 

Et, aussitôt, la lèpre la quitta et il fut guéri (Mc 1, 42). Mais Jésus exige fermement que le miraculé n'en dise rien à personne: Garde-toi d'en parler à personne (Mt 8,4). Le rudoyant, Jésus le chassa aussitôt en lui disant… (Mc 1, 43-44). Mais il lui enjoignit de n'en parler à personne (Lc 5, 14) (Traduction: B. de J.).

Ce à quoi, le lépreux guéri, s'empressera de désobéir, ce qui obligea Jésus à éviter les villes et les lieux habités pour éviter les foules qui se précipitaient vers lui (v. 45).

Jésus l'envoie au prêtre et lui demande de suivre ce que la Loi de Moïse prescrivait pour la purification des lépreux (Lévitique 14, 1-32), ce qui était long et compliqué par ailleurs. On voit là le respect du Messie pour l'Ancien Testament qu'il va accomplir : Je ne suis pas venu abroger la Loi, mais l'accomplir (Mt 5, 17). Joseph et Marie observeront cette Loi (cf. Lv 12, 3) en présentant Jésus au Temple (Lc 2, 22-28), ce que nous avons fêté le 2 février. Mais c'est la charité – dont Jésus fait preuve ici avec le lépreux – qui est le plein accomplissement de la loi écrira Saint Paul aux chrétiens de Rome (13, 10).

 

            La pire des lèpres, c'est le péché et Jésus est venu pour nous en guérir. A nous de reconnaître, par la foi, qu'Il a le pouvoir de nous en délivrer en allant voir les prêtres qui, en Son nom, purifieront notre âme.

 

            Un grand prophète s'est levé parmi nous: Dieu a visité son peuple.

            (Luc 7, 16 - Verset de l'Alleluia)

 

                                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

 

Note sur le miracle de la guérison de la lèpre par Jésus: Bien que dans la Bible et dans la Loi, la lèpre désignait toutes les affections de la peau, tenues pour des impuretés dont il fallait être purifié, il est anormal que la traduction liturgique – dont nous avons souvent signalé les anomalies tendancieuses – évite la traduction habituelle de guérir pour purifier comme pour amoindrir l'action de Jésus qui est un vrai miracle. Quand on va chez le médecin, on ne lui dit pas: "Docteur purifiez-moi", mais "guérissez-moi" ! Ab. L.

 

La lèpre physique signifie aussi la lèpre de l'âme, c'est-à-dire le péché.

A Joinville, son compagnon, le roi Saint Louis demanda un jour: Qu'aimeriez-vous mieux, ou être lépreux ou avoir fait un péché mortel ? Et le sénéchal de Champagne de répondre vivement: J'aimerais mieux en avoir fait trente qu'être lépreux ! Alors, le prenant à part (et le faisant asseoir avec bonté à ses pieds, raconte le chroniqueur), Louis IX lui dit: Il n'y a pas de si laide lèpre que d'être en état de péché mortel, car l'âme qui est en état de péché mortel est semblable au diable et s'il meurt sans s'être repenti il doit avoir grand peur que telle lèpre lui dure autant que Dieu sera en paradis…                          ("Petite vie de Saint Louis", Paul Guth, éd. Desclée de Brouwer, 1993, p. 62)

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