18 février : 1er dimanche de Carême (B)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 18 février* 2018 (13ème année)             *Sainte Bernadette Soubirous (1844-1879)                                         

1er dimanche de Carême (B).

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Le Seigneur montre le chemin aux pécheurs.

            (Psaume 24, 8 – Psaume de la messe)

 

            En ces quarante jours, le Dieu nous montre le chemin. A chacun de nous de Lui demander la route à prendre... Quand mon serviteur m'appelle, dit le Seigneur, je lui réponds, je reste près de lui dans son épreuve. Je vais le délivrer, le glorifier, de longs jours je vais le rassasier.

(Ps 90, 15-16 – Introït)

Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi car tu es le Dieu qui me sauve (Ps 24, 4-5).

Pour cela il faut Lui parler, puis faire silence pour L'entendre nous répondre (sur le silencieux amour, cf St Jean de la Croix, cité dans le Bulletin du 4 février), Lui qui parle au-dedans de nous sans aucun bruit de parole (Imitation de Jésus-Christ, Livre III: De la vie intérieure, n°2).

Mais le Seigneur ne dirige et n'enseigne qu'aux humbles son chemin (Ps 24, 9). C'est en se reconnaissant pécheurs (Priez-pour nous, pauvres pécheurs disons-nous à la Sainte Vierge Marie dans le Je vous salue Marie), que nous pouvons prier celui qui peut nous purifier; c'est en nous reconnaissant malades, que nous pouvons aller voir le médecin de nos âmes...

L'orgueil nous fait croire que "nous pouvons nous en sortir nous-mêmes" dans cette société suffisante et individualiste, l'orgueil nous fait négliger la confession qui peut revitaliser nos âmes, et pire, nous pousse à sortir du marasme par des consolations sensibles: des yeux (notamment internet), de la bouche, comme la gourmandise (pour le moins grave !).

 

Jésus a jeûné quarante jours, au désert, près de Jéricho, non pas pour manifester une performance physique (ce qui l'était !), mais conduit par l'Esprit (Mt 4, 1 et Mc 1, 12: l'Evangile de la messe),  c'est-à-dire par amour pour son Père et pour nous, pour nous montrer l'exemple, pour nous gagner à l'avance le combat contre Satan, si nous Le suivons. En suivant leur Maître et Seigneur, les chrétiens eux aussi entrent spirituellement dans le désert du Carême pour affronter avec lui "la lutte contre l'esprit du mal"(...). Pour réaliser pleinement sa vie dans la liberté, il faut surmonter l'épreuve que la liberté elle-même comporte, c'est-à-dire la tentation. (...) C'est précisément pour cela que le Carême constitue un temps favorable pour un examen attentif de sa vie dans le recueillement, la prière et la pénitence. (Benoît XVI, cité dans le missel mensuel "Magnificat", février 2018, p. 270)

 

   En jeûnant quarante jours au désert, Il consacrait le temps du Carême; lorsqu'il déjouait les pièges du tentateur, il nous apprenait à résister au péché, pour célébrer d'un cœur pur le mystère pascal, et parvenir enfin à la Pâque éternelle. (Préface propre de la messe)

Saint Augustin fait ce commentaire: Le Christ était tenté par le diable ! Parfaitement ! Dans le Christ, c'est toi qui étais tenté, parce que le Christ tenait de toi sa chair, pour te donner le salut; tenait de toi la mort, pour te donner la vie; tenait de toi les outrages, pour te donner les honneurs; donc il tenait de toi la tentation, pour te donner la victoire. Si c'est en lui que nous sommes tentés, c'est en lui que nous dominons le diable. Tu remarques que le Christ a été tenté, et tu ne remarques pas qu'il a vaincu ?

(Liturgie des Heures, office des lectures du 1er dimanche de carême)

 

            Nous devons retrouver la grâce, la dignité de notre baptême. Le baptême ne purifie pas des souillures extérieures, mais il est l'engagement envers Dieu d'une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus-Christ, lui qui est à la droite de Dieu... (1 Pierre 3, 21-22)

            Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mt 4, 4 – prière avant la communion et Acclamation avant l'Evangile) répond Jésus à Satan dans la première tentation.

            Ayons faim de ce pain substantiel, préférons-le à toutes les tentations des nourritures terrestres, périssables et souvent empoisonnées... 

                                                                                                             Abbé Christian LAFFARGUE.

Publié dans Bulletin dominical

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