"Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 14) - Dimanche 24 décembre.

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 24 décembre 2017, 13ème année.                                            

4ème dimanche de l'AVENT (B)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            Et le Verbe s'est fait chair...

            (Jean 1, 14)

           

Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du Ciel. Par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme (Le Credo, profession de foi de Nicée-Constantinople).

La voix, c'est Jean, tandis que le Seigneur est la Parole (Saint Augustin). La voix, saint Jean-Baptiste, fut "envoyé par Dieu pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui." "Le Verbe – la Parole de Dieu – était la vraie Lumière qui éclaire tout homme." "A tous ceux qui l'ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu" (Jn 1; 6-7, 9, 12).

            Ce mystère de notre salut n'aura été possible que par la libre acceptation de celle qui avait été choisie et préparée par Dieu le Père, "l'Immaculée conception", la très sainte Vierge Marie.

L'Evangile de ce IVème et dernier dimanche de l'Avent nous donne l'admirable scène de l'Annonciation, aussi admirablement commentée par le cardinal Pierre de Bérulle dans sa Vie de Jésus (1629):

   Les premières paroles de ce grand ange à la Vierge lui parlent de ses grandeurs. Et le premier usage de cette âme rare, écoutant ces paroles, est dans le mouvement de son humilité. C'est cette humilité qui la met en silence au regard de l'ange, en considération au regard de ses paroles, en élévation au regard de Dieu qui est sa conduite, sa retraite et sa lumière. (…) Il me semble que je vois un sacré combat entre l'esprit de l'ange et l'esprit de la Vierge, mais combat qui se passe en silence, en grâce et en lumière. (…)

C'est un combat entre deux anges et deux vierges, car les anges sont des vierges sans corps (dit un Ancien) et les vierges sont des anges en un corps. Et ceci se passe entre l'ange Gabriel et la Vierge Marie. (…)

L'ange veut élever la Vierge, et la Vierge veut s'abaisser dans son néant, et tient si ferme en son abaissement que plus il l'élève, plus elle s'abaisse; plus il parle, plus elle est en silence; plus il poursuit, plus elle est en étonnement (…). La Vierge ne doute pas de cet ange qui lui parle (…), elle ne peut désavouer cet ange et sa parole, car il est du Ciel. Elle ne veut pas aussi l'accepter, car c'est une parole qui regarde ses grandeurs et ses louanges.

Que fera donc cette âme pressée en ce combat, entre l'humilité de son cœur et la vérité de cet ange ? Elle se retirera dans son silence, dans son néant et dans son Dieu même. (1)

 

                  Par son fiat la fille du Père épousera la volonté de Dieu – qu'elle savait passer par la Croix – Volonté d'Amour (l'Esprit saint), pour devenir la mère du Fils (Cf Saint L.-M. Grignion de Montfort)

Le saint docteur marial écrira dans son "Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge":

Dieu le Père n'a donné son Unique au monde que par Marie (...). Le Fils de Dieu s'est fait homme pour notre salut, mais en Marie et par Marie. Dieu le Saint-Esprit a formé Jésus-Christ en Marie mais après lui avoir demandé son consentement (n°16). Dieu le Fils est descendu dans son sein virginal, comme le nouvel Adam dans son paradis terrestre... (n°18) (2)

 

            C'est le même Esprit dont la puissance a fécondé le sein de la Vierge Marie qui consacre les offrandes déposées sur l'autel de la Messe (Offertoire), et si nous communions – au moins de désir – nous recevons le gage de la rédemption éternelle et nous demandons à Dieu de nous accorder une ferveur qui grandisse à l'approche de Noël, pour bien fêter la naissance de Son Fils (Prière après le communion).

Minuit, chrétiens ! c’est l’heure solennelle, Où l’homme Dieu descendit jusqu’à nous
Pour effacer la tache originelle, Et de son Père arrêter le courroux.
Le monde entier tressaille d’espérance, À cette nuit qui lui donne un Sauveur.
Peuple à genoux, attends ta délivrance, Noël, Noël, voici le Rédempteur,
Noël, Noël, voici le Rédempteur.
(Minuit, chrétiens, chant populaire traditionnel, str. 1)

 

                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) Pierre de Bérulle, Œuvres complètes, vol. 8, éd. du Cerf-Oratoire de France, 1996, pp. 237-238.

Le cardinal de Bérulle (1575-1629), fondateur de l'Oratoire de saint Philippe Néri (Rome, 1575) en France, membre éminent de "l'Ecole française de spiritualité", introduisit en 1604 les carmélites réformées de sainte Thérèse d'Avila. En dix-huit ans, il fonda 60 maisons de l'Oratoire et 40 carmels. Il mourût subitement à 54 ans en célébrant la Messe. Le Pape Urbain VIII verra en lui "l'Apôtre du Verbe incarné". (2) Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), fondateur de la Compagnie de Marie (ou "Montfortains") et des "Filles de la Sagesse".

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