8 décembre à Lyon. Non le spectacle des lumières fugitives, mais la Lumière de la grâce en Marie.

Publié le par Abbé C. Laffargue

Les illuminations du 8 décembre à Lyon et dans sa région

(d'où découle la tradition d'illuminer les fenêtres avec des lumignons en l'honneur de la Sainte Vierge Marie. Bref historique):

 

 En 1850, l'afflux des pèlerins à la chapelle de Fourvière (la basilique n'est pas encore construite) nécessite son agrandissement et le clocher, qui a reçu un boulet de canon en 1848, est à consolider. Les laïcs de la confrérie de Fourvière souhaitent qu'il soit surmonté d'une statue de la Sainte Vierge pour que "son éclat rayonne aux quatre points cardinaux et témoigne des merveilles qui se produisent dans ce lieu vénéré."

Le Cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, autorise cette réalisation. C'est le projet de Victor Fabisch, professeur de sculpture à l'école des Beaux-Arts de Lyon, qui l'emporte, par concours, sur trente-deux autres. La statue fait 5,60 mètres. Le 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge) 1852 est choisi. La Providence ne le permettra pas.

Des pluies diluviennes tombent en juillet et août. Le Rhône a emporté les digues, des maisons s'écroulent, Charpennes est sous l'eau avec une partie de la place Bellecour. L'atelier du fondeur, quai de Saône, est inondé. Le 8 décembre, fête de l'Immaculée conception*, est finalement choisi. A 11 heures, Messe solennelle d'inauguration par le Cardinal entouré de 400 prêtres et diacres. Mgr Chalandon, évêque de Belley, est venu en voisin. Mais, l'après-midi, l'orage se déclare. Le vicaire général prévient par les journaux du soir et les églises que l'illumination de la statue risque d'être reportée au dimanche suivant. La tempête s'arrête à la tombée de la nuit. C'est alors que, spontanément, les lyonnais, frustrés de l'absence des illuminations de la nouvelle statue de la Vierge, vont illuminer eux-mêmes leurs fenêtres "du rez-de-chaussée jusqu'aux mansardes, de toutes les rues, de la plus grande à la plus petite", à partir de 18 heures. A 20 heures, toute la Ville est embrasée ! Les gens faisaient la chaîne aux portes des magasins pour avoir de l'huile, des bougies… Tout fut dévalisé en quelques minutes !

La banlieue ne fut pas en reste: les Charpennes, Villeurbanne, les Brotteaux, la Guillotière… La colline de Fourvière ne s'illuminera que le 12, lors des illuminations officielles avec celles des bâtiments publics: l'Hôtel-de-Ville, la Préfecture, les places, les quais, etc.  Les communes de Brignais, Oullins, Sainte-Foy, Neuville, Saint-Cyr; le Beaujolais et l'Ain ont suivi l'exemple et se sont couverts d'illuminations en l'honneur de la Vierge Marie protectrice de la Ville de Lyon.

Rappelons les dates et les faits historiques: en 1643: la peste. Le choléra-morbus en 1832, 1835 et 1850. Plus tard, en 1870: les Prussiens…. C'est en effet le 8 octobre 1870 que 8 à 10.000 femmes montent à la chapelle de Fourvière, chapelet en mains, sous une pluie glacée, pour demander à l'Eglise de prononcer un vœu pour la construction d'une basilique si les Prussiens ne parvenaient pas jusqu'à Lyon.

 

Ranimons notre Foi! Invoquons la Vierge Marie! Mettons nos familles, nos paroisses, nos églises, notre pays sous Sa protection et illuminons nos maisons pour manifester au monde que la vraie lumière n'est pas celle "des lumières" mais de Celui qui a dit:

"Je suis la Lumière du monde, qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie" (Jean 8,12).

 

* On parle de la fête de l'Immaculée conception en 1852, mais ce dogme n'a été défini par le Pape PIE IX que quatre ans plus tard. C'est que les Papes, dans leur magistère extraordinaire infaillible (cf Concile Vatican I) ne définissent que ce qui est déjà dans la Tradition, dans la foi et la pratique de l'Eglise. Ainsi et par exemple, au XIème siècle, l'abbaye d'Ainay, à Lyon, élève un autel dédié à la Conception immaculée de Marie, qui sera consacré par le Pape Pascal II en 1107 lorsqu'il fera la dédicace de l'église…

 

(L'historique de l'illumination de Lyon est tiré du "8 décembre à Lyon" de Gérald Gambier, éd. La Taillanderie, 01400 Châtillon-sur-Chalaronne, 2006, 64 pages, 8 €, avec de très belles photos et des documents d'époque).

                                                                                                             

                                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

(Bulletin dominical du 10 décembre 2017, envoyé le 8)

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