"Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure." (Mt 25, 13 - Evangile)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 12 novembre 2017, 13ème année.                                Mois des âmes du Purgatoire

32ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.

            (Matthieu 25, 13 – Evangile)

         

            Peu avant, le Seigneur avait averti: Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur va venir. Tenez-vous prêts, vous aussi, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas. (Mt 24; 42, 44 + 50 et Mc 13, 35; Lc 12, 46). Dans une époque aussi universellement instable et menaçante, ces paroles résonnent avec une particulière gravité. Et l'Evangile de la messe de ce dimanche nous impressionne doublement ! La parabole "des dix vierges" (ou "des vierges sages et des vierges folles", ayant perdu leur virginité dans la nouvelle traduction liturgique: "jeunes filles") est saisissante. Cinq d'entre elles étaient "seulement" insouciantes. Elles n'avaient "ni tué ni volé" (auraient dit ceux qui se disculpent ainsi de ne jamais se confesser ou si rarement, pour ne rien dire d'ailleurs).

Seulement, elles n'avaient pas fait provision d'huile. Or, on peut penser qu'il s'agit du combustible nécessaire à l'âme: la grâce, le vie divine. Elles avaient pris le risque que leur âme ne soit pas prête pour la rencontre avec l'époux, la béatitude, le ciel, le paradis, mais, avant: le jugement. Quand la mort, l'heure de la rencontre, est survenue, elles ont bien tenté d'aller s'approvisionner, mais il était trop tard. Quand elles revinrent, la porte était fermée. Elles frappèrent: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Mais Il leur répondit ces paroles terribles: En vérité (mot occulté et remplacé par l'imprécis amen), je vous le dis: je ne vous connais pas. (Mt 25, 11-12)

Elles auraient pu dire, aujourd'hui: "Mais nous avons été à la messe, nous nous sommes dévouées pour la paroisse, les œuvres humanitaires, etc."

Saint Grégoire de Nysse (IVème s.) commente ainsi: "Elles n'avaient pas dans leur âme la lumière qui est le fruit de la vertu, ni dans leur pensée la lampe de l'Esprit. C'est pourquoi l'Ecriture les appelle folles, et avec raison, car leur vertu s'est éteinte avant l'arrivée de l'Epoux. Parce qu'elles n'avaient pas la force de l'Esprit, il ne leur a pas compté le zèle de leur virginité. Car à quoi bon travailler une vigne, si elle ne porte pas de fruits ? (...) Et à quoi bon le jeûne, la prière et les veilles, s'il n'y a ni paix, ni joie, ni charité, ni les autres fruits de la grâce de l'Esprit ?" (1)

Elles avaient donc l'huile de la grâce, mais une grâce infertile, "inutile"... La parabole des talents qui suit en saint Matthieu, en est l'illustration: celui qui avait reçu un talent et qui ne l'avait pas fait fructifier s'est entendu dire: Quant à ce serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors: là où sont les pleurs et les grincements de dents (Mt 25, 30).

   Mais ceux qui se sont endormis dans la mort, ayant été fidèles, munis de l'huile de la grâce, éclairés à la fin de leur vie par la lampe de l'Esprit qui a donné ses fruits (cf Galates 5, 22-24), Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui (cf 1 Th 4, 13-14 – IIème lecture) (2)

   C'est cette Sagesse-là que nous devons demander de toutes nos forces, exigeante, mais tellement attirante, qui se laisse aisément trouver par ceux qui la cherchent et aisément contempler par ceux qui l'aiment (Sg 6, 12 – Très belle première lecture à relire et à méditer en son entier)

 

            Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube: mon âme a soif de toi...

Dans la nuit, je me souviens de toi... Tu es venu à mon secours: je crie de joie à l'ombre de tes ailes.

            (Psaume 62; 2, 7, 8)

 

                                                                                                   Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) St Grégoire de Nysse: in Bible chrétienne II, 3ème éd. Anne Sigier, Canada, 1990, p. 605.                                (2) 1 Th 4, 13-18 (pour ceux qui ne se seront pas arrêtés aux deux versets de la "lecture brève"): Il s'agit du Jugement dernier (cf Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 1038 à 1041. 1 Th 4, 13-14 est cité au n°1012)

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