"Serviteur mauvais et paresseux... "  (Mt 25, 26) - 33ème dimanche du T.A.-A

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 19 novembre 2017, 13ème année.                                Mois des âmes du Purgatoire

33ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

 

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Serviteur mauvais et paresseux...

            (Mt 25, 26 – Evangile)

 

            Ces paroles peu amènes, c'est Jésus Lui-même qui les prononce en donnant la parabole des talents, qui suit celle des vierges sages et des vierges folles que nous avons commentée dimanche dernier. Et Il conclut: Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents (v. 30). Les serviteurs qui avaient reçu respectivement cinq et deux talents (une somme énorme: 5.800 francs-or précise Osty) les ont fait fructifier du double. Le maître les en félicite à son retour de voyage (Entre dans la joie de ton maître) et promet de leur en confier plus encore. Mais celui qui n'en avait reçu qu'un seul, l'a enterré, caché dans la terre. Parce qu'il a eu peur. Peur de son maître et Seigneur dont il ne comprend pas les exigences de... rentabilité (v. 25).  Evidemment, la parabole n'entend pas pousser à investir et à faire prospérer ses biens dans la finance, dans les biens matériels, mais c'est pour frapper ses auditeurs que le Seigneur les emploie. Car ces "talents", et la langue française le permet facilement, ce sont les biens spirituels, et même d'abord humains, que nous avons reçus de la Providence divine. Non pour en être les propriétaires craintifs ou, au contraire, dispendieux, mais les dépositaires en vue de réaliser l'intention du donateur. Et son intention est qu'ils fructifient pour notre âme et pour ceux qui ont faim et soif de la Vérité.

Si nous nous contentons de "garder la foi", sans aimer, sans évangéliser, sans donner le meilleur de ce que nous avons reçu et augmenté, si nous gardons les dons de Dieu dans la terre, cachés et "sécurisés", le Seigneur nous enlèvera même ce que nous avons (v. 29). S'il n'y a pas de renouvellement, d'enrichissement spirituel, tout se fige, se dessèche et meurt.

Et c'est si grave que le Seigneur qui a donné Sa vie pour nous et la donne tous les jours, se détournera de nous et nous enverra "au diable" ! Prenons garde et entendons aujourd'hui ses avertissements...

   Le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. On se rassure à bon compte: Quelle paix, quelle tranquillité ! (1ère épître aux Thessaloniciens 5, 2-3 – IIème lecture). Quoiqu'aujourd'hui on peut difficilement être rassuré, vu les évènements qui menacent notre existence, nos familles, l'Eglise, notre identité chrétienne et notre culture. Sans compter les menaces atomiques. Et pourtant ! Beaucoup, sourds aux appels de Dieu, font comme si de rien n'était et vaquent à leurs occupations habituelles en se bouchant les yeux et les oreilles. Ou bien, se grisent et s'illusionnent dans l'activisme dévoué (et dévoyé). Quant aux jeunes, le charme est trompeur et la beauté s'évanouit; seul celui qui craint le Seigneur mérite la louange (Proverbes 31, 30 – Ière lecture) 

Heureux qui craint le Seigneur et marche selon Ses voies ! (Psaume 127).

 

            Sortons des ténèbres afin de ne pas nous laisser surprendre par la venue du Seigneur qui viendra comme un voleur (Th 5, 2 et 1 Pierre 3, 10). Soyons tous des fils de la lumière, des fils du jour; nous n'appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres (Th 5, 6; fin de la IIème lecture). Sans oublier le verset suivant que les réformateurs de la liturgie (souvent manipulateurs et "saucissonneurs": l'Evangile !) n'ont pas gardé :

Mettons la cuirasse de la foi et de la charité, et pour casque l'espérance du salut (v. 8).

Car le but du Seigneur, poursuit saint Paul ne nous a pas destinés à subir la colère, mais à entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ mort pour nous afin de nous faire vivre avec Lui (9-10).

             C'est cette Espérance qui nous attire et nous meut !

                                                                                              

                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

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