"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur" (Mt 22, 37) - 30ème dimanche du T.A.-A

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 29 octobre 2017, 13ème année.                                             Mois du Rosaire

30ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

             Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur...

            (Mt 22, 37 – Evangile)

 

        

            ... de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement (v. 38). C'est la réponse de Jésus au docteur de la Loi dépêché par les Pharisiens et les Saduccéens démontés et humiliés par les réponses et les arguments du Christ pour le mettre à l'épreuve (vv. 34-35). Cette scène se passe dans les jours qui précédent la Passion de Jésus avec les controverses dans le temple de Jérusalem... Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? Jésus lui répond: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit (ou de toute ta force Deut. 6, 5) (vv. 36-37). Mais Il ajoute aussitôt: Et le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même (1) (Lv 19, 18). De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les prophètes (vv. 39-40). En Saint Marc (Mc 12, 29), le Seigneur donne d'abord le début de la plus importante prière juive, la shema: Ecoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur (Deut 6, 4); suit la réaction répétitive mais touchante du scribe, touché par la grâce. Et effet, celui-ci – toujours en saint Marc - non seulement entend la leçon, mais la comprend et l'explicite: ("Aimer le Dieu unique de tout son cœur, son intelligence et sa force et aimer le prochain comme soi-même") vaut mieux que tous les holocaustes et les sacrifices (v.33) (2)

Jésus rendra hommage au docteur de la Loi, honnête et de bonne volonté: Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu (v. 34).

Aimer Dieu et son prochain est vraiment l'aboutissement de la Loi de Moïse et de l'enseignement des prophètes. Et tout le reste: la fidélité aux commandements de Dieu, à l'enseignement de l'Eglise, bien que très méritoire, surtout aujourd'hui dans le paganisme et l'immoralité ambiantes, risque de ne pas être agréé par Dieu si notre cœur reste dur et, finalement, orgueilleux.

Pensons à la parabole du publicain et du pharisien (Luc 18, 9-14): la vie vertueuse de ce dernier n'a pas été agréable à Dieu car il était plein de mépris et d'orgueil envers le publicain qui, lui, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine en disant: Ô Dieu, aie pitié de moi qui suis un pécheur. L'humble pécheur repentant a été justifié, pardonné; le juste orgueilleux et méprisant ne l'a pas été.

Et nous connaissons tous "l'hymne à la charité" de saint Paul: Quand je parlerais les langues des hommes et des anges..., quand j'aurais le don de prophétie, la connaissance de tous les mystères, de toute la science...; quand j'aurais la foi à transporter les montagnes..., quand je distribuerais mes biens aux pauvres,

quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, tout cela ne me sert de rien (1 Cor 13).

De rien ! Et la charité, c'est l'union à Dieu par la grâce – l'amour de Dieu avant tout autre – qui n'est authentique que si elle englobe en même temps l'amour du prochain (et de tous) et le pardon des offenses.

La première idole dont nous devons nous détourner dans ce monde individualiste, dur et suffisant, c'est nous-mêmes. Se convertir, c'est "se tourner vers". Aux chrétiens de Thessalonique que saint Paul félicite d'avoir accueilli la Parole (avant "d'accueillir les immigrés") au milieu de bien des épreuves avec la joie de l'Esprit Saint (1 Th 1, 6 – IIème lecture), il constate qu'ils se sont convertis à Dieu en se détournant des idoles afin de servir le Dieu vivant et véritable, et d'attendre ainsi son Fils qu'il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient (vv. 9-10).

"De la colère qui vient..." et dont, seul, Jésus, pourra nous délivrer si nous L'aimons de tout notre cœur.

   Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur; mon Père l'aimera, et nous viendrons vers lui

   (Verset de l'Alleluia)

                                                                                                          Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Saint Paul écrira aux chrétiens de Rome: N'ayez de dette envers personne, sauf celle de l'amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. Etc. (Rm 13, 8-10)

(2) ... vaut mieux que tous les holocaustes... (Mc 12, 33;  Cf 1 Sm 15, 22; Ps 40, 7-9; Amos 5, 21-25)

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