Rendez au Seigneur la gloire et la puissance (Ps. 95, 7-refr.) - 29ème dimanche du T.A.-A

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 22 octobre* 2017, 13ème année.                                             Mois du Rosaire

29ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

* Saint Jean-Paul II, Pape de 1978 à 2005.

 

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

            Rendez au Seigneur la gloire et la puissance

            (Psaume 95, 7; refrain)

 

 

            Dans une société qui s'est séparée de Dieu, qui est même en révolte contre Lui, dans l'ordre naturel et dans l'ordre surnaturel, il est temps de rendre à Dieu le culte qui lui est dû (la prière personnelle et la prière publique: la liturgie) et de se rappeler qu'on ne se moque pas de Dieu (Galates 6, 7). Dieu est d'abord le Créateur. Nous le proclamons dans le Credo: "Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre...". Lui, le Seigneur, a fait les cieux... Rendez au Seigneur la gloire et la puissance.... Adorez le Seigneur éblouissant de sainteté... Allez dire aux nations: "Le Seigneur est roi !"(Ps 95; 5, 9, 10).

Je suis le Seigneur, il n'en est pas d'autre: en dehors de moi, il n'y a pas de Dieu (Is 45, 5 et 6 – Ière lecture)

Au procurateur Pilate, le Vendredi-saint, qui déclarait au prisonnier Jésus de Nazareth qu'il avait le pouvoir de le relâcher et le pouvoir de le crucifier, Jésus répondra: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut (Jean 19, 10-11). Il lui avait déjà dit: Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs; mais non, mon royaume n'est pas d'ici (18, 36).

Dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus affirmera clairement la séparation des pouvoirs entre l'autorité civile et l'autorité religieuse: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 21). Chacune est libre dans son domaine. Mais la liberté du pouvoir civil est limitée par l'autorité de Dieu. C'est ce que dit le Catéchisme en justifiant la résistance des peuples à une autorité civile qui outrepasse son pouvoir: "Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ses préceptes sont contraires aux exigences de l'ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l'Evangile. Le refus d'obéissance (en italiques dans le texte. Ndlr) aux autorités civiles, lorsque leurs exigences sont contraires à celles de la conscience droite, trouve sa justification dans la distinction entre le service de Dieu et le service de la communauté politique. Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu (Mt 22, 21). Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Actes 5, 29)" (CEC, n°2242)

Le catéchisme cite le Concile Vatican II (Gaudium et spes 74, §5) et donne les cinq conditions requises pour que cette résistance se traduise par les armes (n° 2243).

Le pouvoir politique outrepasse son pouvoir lorsqu'il porte gravement atteinte au droit naturel, au respect de la vie de la conception à la mort naturelle (avortement, euthanasie), au mariage d'un homme et d'une femme en vue de la fondation d'une famille ("mariage" homosexuel) par exemple

Et nul vote "démocratique" ne peut renverser cet ordre. N'est pas moral ce qui est légal.

Puisque nous fêtons aujourd'hui saint Jean-Paul II, il est bon de relire son encyclique L'Evangile de la vie (n°70 notamment)*

Alors s'éclaire pour notre conscience ce qui doit être "rendu à César" – à l'autorité civile – et ce qui doit être "rendu à Dieu"...

   Puissions-nous mériter à notre tour les éloges que faisait saint Paul aux Thessaloniciens: (Que) votre foi soit agissante, votre charité active, votre espérance patiente en notre Seigneur Jésus-Christ, en présence de Dieu notre Père. (...) (Que) notre annonce de l'Evangile ne soit pas chez vous simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, pleine certitude (1 Th 1; 3, 5 – IIème lecture).

 

            Attenter aux droits de Dieu, créateur, c'est plus encore, attenter à la souveraineté du Sauveur, car Le Fils de l'homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.

(Marc 10, 45 – Deuxième prière avant la communion)

                                                                                                    Abbé Christian LAFFARGUE.

 

* Jean-Paul II, Evangelium vitae, 1995, n° 70: "Lorqu'une majorité parlementaire ou sociale décrète la légitimité de la suppression de la vie humaine non encore née, même à certaines conditions, ne prend-elle pas une décision tyrannique envers l'être humain le plus faible et sans défense ?

La conscience universelle réagit à juste titre devant des crimes contre l'humanité dont notre siècle a fait la triste expérience. Ces crimes cesseraient-ils d'êtres des crimes si, au lieu d'être commis par des tyrans sans scrupule, ils étaient légitimés par l'assentiment populaire ?   En réalité, la démocratie ne peut être élevée au rang d'un mythe, au point de devenir un substitut de la moralité ou d'être la panacée de l'immoralité." Etc.

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