Sauver sa vie ou la perdre ? (cf Mt 16, 25) - 22ème dimanche du T.A.-A

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 3 septembre 2017, 13ème année.

22ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

 

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

                  Sauver sa vie ou la perdre ?

                  (cf. Matthieu 16, 25 – Evangile)

 

 

                  Pierre venait d'affirmer sa foi en la divinité du Christ (Mt 16, 16), de recevoir l'annonce de la fondation de l'Eglise sur cette pierre (v. 18) et le pouvoir des clefs (v. 19) – ce que nous avons médité dimanche dernier – , et voilà, qu'à la suite, Jésus annonce, pour la première fois, sa Passion. Il leur enseigne que le Fils de l'homme (cf Marc 8, 31) se rendrait à Jérusalem, qu'il souffrirait beaucoup, qu'il serait tué et que le troisième jour il ressusciterait (Mt 16, 21). Et c'est le même Pierre qui, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches, en disant: A Dieu ne plaise, Seigneur ! non, cela ne t'arrivera pas. (v. 22) L'Eglise, le Royaume de Dieu, lier et délier, oui; mais la Croix, non ! Ce qui lui vaut une réaction violente du Seigneur: Arrière de moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute: tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes (v. 23).

Si, lors de la profession de foi de Pierre, Jésus avait déclaré que ce n'était pas la chair et le sang (ses capacités naturelles) qui lui avaient révélé la divinité du Fils de l'Homme, mais son Père qui est dans les cieux (v. 17); cette fois, il accuse Satan d'avoir inspiré au pauvre Pierre sa réaction, pourtant touchante. Car lorsqu'on aime quelqu'un au plus haut point, on ne veut pas qu'il lui arrive quelque chose, on veut le protéger de tout danger, on veut le garder en vie et en bonne santé auprès de soi ! Pourtant..., pourtant... La Croix est, certes, le sort le plus terrible, le plus ignominieux, le plus révoltant ! Pour soi, pour ceux qu'on aime, pour tous ! Mais, elle est la seule voie du salut, la seule porte, le seul pont, le seul moyen de vaincre la mort même: Satan.

C'est ainsi que le Seigneur trace la route, notre route: Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même (littéralement, c'est encore plus fort: qu'il se renie lui-même), qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (v. 24)

C'est absolu, comme toujours avec le Christ. C'est le contraire de l'esprit du monde. Car celui qui veut sauver sa vie ("ni souffrir, ni mourir, et le paradis à la fin de ses jours !") la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi et de l'Evangile ajoute Marc (8, 35) -  la gardera (la retrouvera, traduit Osty) (v. 25). Et que servira à l'homme de gagner le monde entier si c'est au prix de sa vie ? (éternelle) (v. 26).

A longueur de journée, on nous parle de ces "grands hommes" ou de ces femmes célèbres (qui ont laissé de beaux restes en littérature, en politique ou en architecture pour quelques-unes d'entre elles, il est vrai), mais combien de morts et de folies pour satisfaire leurs ambitions ? Où sont leurs âmes maintenant ? Quand le Fils de l'homme viendra avec ses anges (au jugement dernier. Cf Mt 25, 31 et 2 Thess. 1,7) dans la gloire de son Père, Il rendra à chacun selon ses actes. (v. 27)

Sévérité, austérité, tristesse ? Non, joie ! Car le salaire du péché c'est la mort; mais le don de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur (Romains 6, 23). Renonçant au péché et à la mort, purifiés par la grâce divine, nous sommes rendus à nous-mêmes et, unis à Dieu, nous sommes vraiment heureux ! Il n'y a qu'à regarder autour de nous : ceux qui n'ont pas ou plus Dieu dans leur vie, sont comme morts, physiquement et moralement, dépressifs, tristes, durs, toujours critiques et mécontents... Ils ont perdu l'Amour.

Soyons fidèles à Dieu et heureux, même dans les épreuves, et ils auront envie de s'approcher et de prendre le chemin du Christ !

 

                  La deuxième lecture sera notre conclusion (Saint Paul aux chrétiens de Rome; 12, 1-2) :

Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse  (la miséricorde, traduit Crampon) de Dieu, à lui offrir vos corps en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu... Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.*

 

                                                                                                                                                     Abbé Christian LAFFARGUE.

                                                                                                                                           (Bulletin du 31 août 2014)

* Ce qu'on fait excellemment dans les Exercices spirituels de Saint Ignace.

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