Le Christ sera glorifié dans mon corps (Ph 1, 20) - 25ème dimanche du T.A.-A

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 24 septembre 2017, 13ème année.          

25ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            Le Christ sera glorifié dans mon corps.

            (Philippiens 1, 20 – IIème lecture)

 

 

            Baptisés, membres du corps du Christ, nous vivons, en nos âmes, sa mort et sa résurrection, pour peu que nous restions unis à Lui par la grâce. Et nous devons tendre à la béatitude, à la vie éternelle: c'est la vertu théologale d'Espérance. Toute notre vie alors, avec ses joies et ses peines, sera tournée vers le Ciel. Tout prend son sens. Ainsi, nous parvenons à un certain détachement, à l'indifférence ignacienne du "Principe et fondement" des Exercices (n°23 c),

au lieu de nous épuiser à nous débattre dans des considérations trop terrestres...

Si, pour nous, vivre c'est le Christ, mourir est un avantage (Ph 1, 21). Non pour être débarrassés du fardeau des peines de la vie, mais pour Le rejoindre, par amour. Mais c'est Dieu qui décide. "Pourquoi vivre si longtemps ? Je ne sers plus à rien, j'encombre" se plaignent les personnes âgées. Mais si le Seigneur nous laisse encore sur cette terre, c'est que nous ne sommes pas encore prêts à paraître devant Lui, c'est que nous avons une mission à accomplir, ne serait-ce que le ministère de la prière, de l'offrande de nos maux, pour notre salut, mais aussi pour celui de tant d'autres, ne serait-ce que les personnes de notre famille: enfants, petits-enfants... Et il y a à faire !

Je désire partir pour être avec le Christ, ce qui est bien préférable; mais, à cause de vous – écrit saint Paul –

demeurer en ce monde est encore plus nécessaire (pour l'avancement et la joie de votre foi ajoute Crampon).

 

            Dieu appelle qui Il veut, quand Il veut et Il rétribue chacun comme Il l'entend. C'est la leçon de la parabole des ouvriers de la onzième heure dans l'Evangile de ce dimanche (Mt 20, 1-16). Il peut appeler à n'importe quelle heure et qui il veut, même les désoeuvrés. Et donner le salaire qui Lui convient.

Mais il reste libre de donner autant à celui qui a été appelé plus tard: la justice n'est pas l'égalité. Chacun est traité avec justice, mais tous n'ont pas le même salaire. L'essentiel est que le plus de monde possible travaille à sa vigne, quelle que soit l'heure à laquelle il a été appelé. Il est généreux et Il donne à tous autant qu'il peut. Provoquant la jalousie de ceux qui pensaient être les premiers (vv. 11-12). En Dieu, il n'y a de hiérarchie que celle de l'amour.

Ainsi, les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers (v. 16).

Saint Jean Chrysostome (+ 404) donne ce beau commentaire: "Dieu appelle les ouvriers à la vigne du Seigneur à l'heure où Il pensait qu'ils s'y rendraient et qu'ils répondraient à son invitation. Il donne l'exemple de saint Paul. Dieu aurait pu l'appeler dès le commencement de sa vie; mais parce que Paul ne se fut pas rendu à Sa voix, Dieu a pris parti de ne l'appeler que lorsqu'Il a vu qu'il Lui répondrait. Et l'exemple du bon larron. Dieu ne l'a appelé qu'à la dernière heure, bien qu'Il eût pu le faire plus tôt, s'Il avait prévu que cet homme se fût rendu à son appel (...) Ainsi la parabole de Jésus nous fait voir, en son déroulement, que les hommes se donnent à Dieu à des âges très différents. Et Dieu veut à tout prix empêcher les premiers de mépriser les derniers." Nous voyons là que le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour (Psaume 144, 8). Ce qui indispose les vertueux qui ont répondu les premiers, mais par grâce de Dieu, ce qu'ils oublient souvent, ne voyant que leur vertu, et qui ont peu d'amour.

 

            En tout cas, ne ratons pas le train. Ne manquons pas les rendez-vous, les invitations, de Dieu tant qu'il se laisse trouver, tant qu'il est proche (Isaïe 55, 6 – Ière lecture). Quand Il appelle, c'est à la conversion et on ne peut la différer, remettre, remettre... Car, un jour il n'y aura plus de temps !

 

            Je suis le sauveur de mon peuple, dit le Seigneur, s'il crie vers moi dans les épreuves, je l'exauce; je suis son Dieu pour toujours. (Introït)

                                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

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