La seule dette: celle de l'amour mutuel (Rm 13, 8). 23ème dimanche du T.A.-A

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 10 septembre 2017, 13ème année.

23ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

 

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

            La seule dette: celle de l'amour mutuel.

            (Romains 13, 8 – IIème lecture)

 

 

            Saint Paul rappelle la Loi: Tu ne commettras pas d'adultère..., de meurtre..., de vol, tu ne convoiteras pas (le bien d'autrui) (Exode 20; 13, 15, 17). Mais cette Loi – inchangée – ne se comprend, ne se réalise, n'est possible que par le "commandement nouveau": l'amour mutuel (cf Jn 13, 34; etc).

C'est un amour tendre: Soyez unis les uns les autres par l'affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne ralentissez pas votre élan, restez dans la ferveur de l'Esprit...            (Rm 12, 10-11)

C'est un amour exigeant. Car aimer, c'est vouloir le bien de son frère. Ce n'est pas "lui faire plaisir" à tout prix (pour en retirer un profit personnel, pour s'attacher quelqu'un qu'on ne veut contrarier à aucun prix, pour en faire un ami: un amour de complaisance et non un amour de bienveillance)

Le prophète Ezéchiel (Ière lecture) est très pressant envers chacun d'entre nous. Il nous met dans la perspective du Salut éternel des méchants: Si tu ne les avertis pas de ma part qu'ils vont mourir (perdre leur âme, risquer l'enfer), si tu ne lui dis pas d'abandonner sa mauvaise conduite, lui, le méchant, mourra bien de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant d'abandonner sa conduite, et qu'il ne s'en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. (Ez 33, 8-9). Quelle exigence ! Un médecin dit clairement à quelqu'un atteint d'une maladie mortelle que s'il ne se soigne pas, s'il ne change pas de vie, de comportement, qu'il mourra. S'il ne le faisait pas, il serait condamné pour non-assistance en personne en danger selon les termes du droit commun. De même, si un prêtre, médecin des âmes et ayant pouvoir de le sauver par l'absolution sacramentelle, ne dit rien par crainte d'être impopulaire ou critiqué, ou rejeté, il portera sur lui le péché de celui qu'il n'a pas averti clairement de sa damnation possible.

 

C'est pour cela que le Seigneur, dans l'Evangile de ce dimanche, parle de l'exigence de la correction fraternelle. Et Il la conseille de façon, non pas brutale, mais graduelle et d'abord discrète: va lui faire des reproches seul à seul (Mt 18, 15). Puis, s'il n'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes qui seront des témoins. Et si celui qui a manqué à la charité refuse encore d'écouter l'Eglise (l'ekklesia en grec: l'assemblée, la communauté) considère-le comme un païen et un publicain, c'est-à-dire un excommunié. Le fait d'avoir manqué à l'essentiel: à la charité (troisième vertu théologale), même si, précisons-le, le pécheur a gardé la Foi (première vertu théologale), sépare de l'union à Dieu et, en conséquence, de l'union aux membres de la communauté, de l'Eglise.

C'est là que le Seigneur rappelle le pouvoir qu'Il a donné à Pierre, aux apôtres et à leurs successeurs: Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, tout ce que vous aurez délié..(v.18)

C'est le pouvoir des clés (cf Mt 16, 18: Evangile du 21ème dimanche et notre commentaire). C'est l'Eglise du Christ qui juge et tranche, soit au for interne par le prêtre, en confession; soit au for externe par l'autorité ecclésiastique conformément au Droit (le Code de Droit canon).

Immédiatement, Jésus, met en avant la prière. C'est à elle qu'il faut avoir recours en même temps que les efforts précisés auparavant. Si deux d'entre vous s'accordent pour demander quoique ce soit, ils l'obtiendront de mon Père... Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux (vv. 19-20). Jésus est là comme intercesseur et comme sauveur.

 

            Aujourd'hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur !

            (Refrain du psaume 94)

 

                                                                                                     Abbé Christian LAFFARGUE.

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