"Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise" (Mt 16, 18) - 21ème dim. du T.A.-A)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 27 août 2017, 12ème année.

21ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

             Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise...

            (Matthieu 16, 18 – Evangile)

 

 

            Que dites-vous que je suis ? Qui suis-je ? avait demandé Jésus à ses disciples (v. 15). C'est l'apôtre Simon-Pierre qui prit la parole pour affirmer: Tu es le Christ (1), le Fils du Dieu vivant ! (v 16)

Aussitôt, Jésus donne la cause de cette affirmation, qui n'est pas, comme la foi, seulement une certitude intellectuelle, mais une révélation surnaturelle. C'est un don de Dieu (auquel l'âme se dispose): Ce n'est pas la chair et le sang (les capacités humaines) qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux (v. 17). C'est après cette profession de foi que le Christ va confier la primauté à l'apôtre:

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de la Mort (de l'Hadès) ne prévaudront pas contre elle (v. 18) (2). Je te donnerai les clés du royaume des Cieux: tout ce que tu lieras sur la terre demeurera lié dans les Cieux; tout ce que tu délieras sur la terre demeurera lié dans les cieux (v. 19).

 

C'est "le pouvoir des clés" et l'iconographie représente toujours saint Pierre avec des clés dans les mains. C'est le pouvoir accordé aux apôtres, aux évêques leurs successeurs, et aux prêtres par délégation (d'où la juridiction: le prêtre ne peut pas, par sa seule qualité de ministre ordonné, lier et délier dans les sacrements de mariage et de pénitence/réconciliation, il faut qu'il en ait reçu le pouvoir de l'évêque). (3). Cette autorité, qui n'est ici que promise au chef des Apôtres, le Christ la confiera solennellement après sa résurrection en liant la foi à la charité: Pierre, m'aimes-tu ? Par trois fois (lui permettant ainsi de réparer son triple reniement: Jn 18, 15-27). Et Jésus, à chaque fois, réitèrera son ordre (avec les pouvoirs qui y sont associés): Pais mes brebis (Jn 21, 15-17).

Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David: s'il ouvre, personne ne la fermera; s'il ferme, personne n'ouvrira (Isaïe 22, 22 – Ière lecture).

 

            Nous recevons cet enseignement bi-millénaire dans la foi. La foi qui dépasse les capacités de notre intelligence d'êtres créés. Et c'est toujours un mystère (Il est grand le mystère de la foi ! nous exclamons-nous après la consécration, à la messe, à propos de la sainte Eucharistie).

A la fin de la première partie (dogmatique) de l'épître aux chrétiens de Rome, saint Paul élève une hymne à la Sagesse qui nous invite à l'émerveillement, à l'adoration (Rm 11; 33, 36 – IIème lecture):

Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies impénétrables ! Car tout est de Lui, et par Lui, et pour Lui. A Lui la gloire dans tous les siècles !

 

                                                                                                   Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) Nous avons le même récit en saint Marc (8, 27-29) jusqu'à Tu es le Christ.

(2) Pierre, c'est-à-dire rocher, en araméen Képhas, que le Sauveur avait promis à Simon, fils de Jean, la première fois qu'il le rencontrera (Jn 1, 42). Les portes: image de la puissance; chez les anciens Orientaux, c'est aux portes des villes que les autorités du pays rendaient la justice. L'Hadès, en grec; Shéol en hébreu; manière grecque de désigner le séjour des morts (...). Ces portes symbolisent les puissances du Mal. Il s'agit des puissances de péché et des puissances de mort. Ainsi, aucune des puissances hostiles à l'Eglise, ni le royaume de la mort, ni celui de Satan, ne prévaudra contre elle. (Notes Osty et Crampon, NT, 2004)

(3) Lier et délier. Cf le Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 1444-1445 et 1462-1463. En cas de danger de mort, tout prêtre, même "défroqué" peut donner l'absolution des péchés. Mais on ne peut pas étendre cette faculté par sa propre autorité en prétextant "la crise de l'Eglise" par exemple. Le Pape, successeur de Pierre, qui a une juridiction propre et immédiate sur toutes les brebis de troupeau, peut la concéder à ceux qui ne la possèdent pas de Droit (de jure), pour des motifs pastoraux par exemple.  Ab. L.

 

+ Pour mes adieux au Sanctuaire, après quatre années et à la fin de mon mandat, je présiderai la Messe en la basilique Notre-Dame de Montligeon le dimanche 27 août à 11 heures + Je serai de retour dans mon diocèse de Belley-Ars (Ain) début septembre pour résider à Bourg-en-Bresse. Je continuerai, pour la treizième année alors, d'assurer la publication du Bulletin dominical. Je reviendrai au Sanctuaire pour y donner les Exercices de Saint Ignace pour dames prévus du 3 au 8 décembre.

(Bulletin du 30 juillet)

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