"Et il fut transfiguré devant eux"... (Mt 17, 2) - Fête de la Transfiguration du Seigneur

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 6 août 2017 (A), 12ème année

Fête de la Transfiguration du Seigneur.

 

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

 

                  Il fut transfiguré devant eux…

                 (Matthieu 17, 2)

 

 

            Jésus annonce Sa résurrection au Mont Thabor, selon une ancienne tradition, devant Pierre, Jacques et Jean qu'Il a choisis pour les préparer à sa Passion et à sa mort, comme Il le fera pour son agonie au jardin des oliviers après les avoir fait prêtres au soir du Jeudi-saint (Mt 26 37).

Devant des témoins choisis, le Seigneur dévoile sa gloire… Ce qu'Il entendait faire par cette transfiguration, c'était de bannir du cœur des disciples le scandale de la Croix, et que l'humiliation de sa Passion volontaire ne trouble point leur foi, puisqu'Il leur révélait d'abord l'éminence de sa dignité cachée (St Léon le Grand).

Il préparait ainsi le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la croix (Préface de la messe).

Dans cette très scène, nous voyons deux hommes s'entretenir avec Lui (v. 3): Moïse (la Loi*) et Elie (les prophètes*) qui représentent l'Ancien Testament, l'Ancienne Alliance, témoins de la Révélation de Dieu sur le Sinaï, l'Horeb (Ex 34, 4-28; 1 Rois 19, 8-18).

Cette vision était si belle, que Pierre voulut la saisir, la retenir un instant, et, naïvement, il proposa à Jésus de dresser là trois tentes: une pour Lui, une pour Moïse et une pour Elie qu'il avait bien reconnus (v. 4).

Survint une nuée qui les prit sous son ombre (v. 5). C'est la nuée lumineuse de l'Exode (24, 15-18; 33, 18-23 et 40, 34-38). La tradition chrétienne y voit la manifestation de l'Esprit Saint, apparu sous la forme d'une colombe lors du baptême de Jésus dans le Jourdain, et à la Pentecôte, sous la forme de flammes de feu.

Comme au baptême, Dieu le Père se manifeste par une voix partant de la nuée. Ils entrèrent dans la nuée (précision de Luc) et, terrorisés par ce mystère, ils furent saisis de frayeur (Lc 9, 34): Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie (qui a toute ma faveur traduit Osty, et mieux: en qui je me complais traduit Crampon), écoutez-le ! (v. 5). A ces mots, les apôtres tombèrent la face contre terre, terrorisés (v. 6). Mais, plein de bonté, Jésus s'approcha, les toucha et leur dit: Relevez-vous et n'ayez pas peur ! (v. 7). Puis, tout disparut, et Jésus se trouva seul (v. 8), seul face à la croix qui approchait…

 

    A travers ces témoins, nous sommes nous-mêmes les témoins oculaires de sa grandeur (de sa majesté traduit Crampon) (2 Pierre 1, 16 qui cite la scène de la Transfiguration en Mt 17, 15– IIème lecture).

Nous voyons à travers les trois apôtres, mais aussi nous avons-nous-mêmes entendu cette voix venue du Ciel quand nous étions avec Lui sur la montagne sainte (v. 18). Quand donc étions-nous sur la sainte montagne ? Quand avons-nous entendu Sa voix ? Mais dans le silence de celui qui écoute, dans certaines rencontres, dans certains évènements bien précis de notre vie terrestre et quotidienne, heureux ou malheureux. C'est là, c'est Lui que nous voyons et entendons. C'est "faire l'expérience de Dieu". Celui qui ne l'a pas faite est passé à côté de l'essentiel, malgré sa foi.

Alors, cette Parole devenue présence est comme une lampe qui brille dans un lieu obscur et elle nous mènera jusqu'à l'aube de nos nuits, jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs (v. 19).

Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d'homme (Daniel 7, 13 – Ière lecture).

Purifiés de la lèpre du péché (Prière sur les offrandes), marchons avec joie dans l'Espérance afin de ressembler davantage à Celui dont Dieu a révélé la splendeur dans le mystère de la Transfiguration !

(Prière après la communion).

                                                                                                                                                              Abbé Christian LAFFARGUE.

* La Loi et les prophètes: Origène, sur Mt 12 (PG 13, 1084).

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