"Je suis le pain vivant descendu du ciel" - Fête du Corps et du Sang du Christ ("Fête-Dieu")

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 18 juin 2017 (12ème année) Mois du Sacré-Cœur de Jésus

Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ ou Fête Dieu (A) Solennité.

LES TEXTES DE LA MESSE

 

     Je suis le pain vivant descendu du ciel

     Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair (Jean 6, 51 – Evangile). Les apôtres et les disciples stupéfaits et scandalisés humainement se divisèrent et se querellèrent pour savoir quel sens donner à ces paroles: Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? (v. 52). C'est bien qu'ils les avaient comprises littéralement et non figurativement, symboliquement. D'ailleurs, Jésus insiste : En vérité, en vérité (pourquoi supprimer le mot "vérité" pour le "traduire" par "Amen" ?) je vous le dis: si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. Etc. (vv. 53-56). Le Christ étant ressuscité, en consommant l'hostie consacrée, nous recevons en même temps le corps, le sang, l'âme et la divinité de Jésus-Christ (cf Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 1374).

     Après la Pentecôte et la fête de la Sainte Trinité, l'Eglise célèbre aujourd'hui la fête du corps et du sang du Christ ou Fête-Dieu. Elle fut demandée par N.-S. Jésus-Christ en 1208 dans une vision à Sainte Julienne du Mont-Cornillon (Belgique) et étendue au monde entier par le Pape Urbain IV en 1264. Elle évoque le souvenir du 12ème Concile œcuménique du Latran, à Rome, où fut précisée la foi de l'Eglise dans la présence réelle et substantielle du Christ (corps, sang, âme et divinité) sous les espèces ou apparences du pain et du vin (Cf. C.E.C. nn° 1373-1381).

L'institution, par le Christ, de la sainte Eucharistie est relatée dans l'Evangile d'aujourd'hui en Saint Jean, lors du dernier repas, le Jeudi-saint. Saint Paul la reprendra dans la Ière épître aux chrétiens de Corinthe, en ajoutant l'ordre du Seigneur: Faites-le (ou: Faites-ceci) en mémoire de moi (1 Co 11, 25) (Il s'agit aussi de l'institution d'un autre sacrement, celui de l'Ordre: sacerdoce du Christ perpétué en ceux qu'Il a appelés et choisis).

     Ceci est le sang de l'Alliance écrit Saint Marc (14,24). Saint Paul dira de même: Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang (1 Co 11, 24). Meilleure est l'Alliance dont le Christ est médiateur (Hebreux 8, 6).

Le Seigneur Jésus scellera la nouvelle Alliance en remettant son âme entre les mains de son Père sur la Croix, le Vendredi-saint (Luc 23, 46 citant le psaume 31, verset 6). (Le Christ) s'est offert à Toi, comme l'Agneau sans péché, et Tu as accueilli son sacrifice de louange (Préface de l'Eucharistie). Ceci est mon sang, celui de l'Alliance, versé pour la rémission des péchés (Mt 26, 26; Mc 14, 24; Lc 22, 20).

A ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne écrira Saint Thomas d'Aquin au XIIIème siècle (à la demande du Pape Urbain IV) dans l'admirable Séquence Lauda Sion que nous lisons ou chantons aujourd'hui à la Messe.

     Faisons bien nôtre la Collecte de la messe: Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous a laissé le mémorial de Ta passion; donne-nous de vénérer d'un si grand amour le mystère de Ton corps et de Ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de Ta rédemption.

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

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